mercredi 30 décembre 2015

Autobiographie - Johnny Cash

Il faut savoir (ou pas d'ailleurs, mais je vous le dis) que Johnny Cash est littéralement un des chanteurs que j'aime le plus au monde. Sa vie me fascine, ses chansons aussi, son amour avec June Carter... Tout. J'admire tout simplement cet homme. Je me devais donc de lire son autobiographie !

Cette lecture fut pour moi assez inégale. Dans l'ensemble j'ai vraiment aimé. J'ai adoré certains passages où Cash nous raconte, avec simplicité et honnêteté, ses déboires avec la drogue, son rapport avec la religion, ses mésententes avec ses producteurs... Le chanteur se dévoile réellement, sans une once de prétention et sans jamais oublier ses racines. J'aime beaucoup les valeurs qu'il transmet, celles de liens affectifs forts avec ses amis, sa famille et sa femme. C'est là pour lui l'essentiel.

Cependant certains autres passages sont vraiment longs et assez descriptifs. Il nous parle souvent pendant plusieurs pages de personnes dont on ne sait rien (ou dont je ne savais rien, en tout cas). Par exemple, il va nommer tous les différents musiciens qui ont joué avec lui, ou alors s'attarder sur chacun des membres de sa famille. On sent chez lui une vraie envie de rendre hommage à ces personnes qui l'ont porté tout au long de sa vie, et c'est bien louable. Cependant,pour moi qui ai une connaissance assez superficielle de la musique c'est parfois un peu pénible de lire pendant des pages et des pages pourquoi X ou Y était un guitariste formidable. Mais j'imagine que pour les connaisseurs, cela peut être très intéressant.

Malgré tout, je ne regrette absolument pas ma lecture qui m'a permis de mieux comprendre et connaître cet immense chanteur qu'est Johnny Cash.

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lundi 21 décembre 2015

A ce stade de la nuit - Maylis de Kerangal

Mon second ouvrage de cette auteure, après Réparer les vivants qui avait été une énorme claque. Ici c'est une très courte oeuvre, pas vraiment facile à décrire... Le 3 octobre 2013, plusieurs centaines de migrants trouvent la mort dans un naufrage, près des côtes de Lampedusa.  Mais cette tragédie n'est qu'un prétexte. Les pensées de la narratrice défilent sans but précis, au gré des images et des souvenirs.
Je suis toujours aussi fan de du style de l'écrivaine : ce flot qui nous emporte irrémédiablement, ces longues phrases, les mots qui s'entrechoquent... Pas de souci, j'adore. Cependant je me suis sentie un peu à l'écart des divagations de l'auteure. De nombreuses références cinématographiques, ou autres, que je ne connaissais pas... Un peu de mal à suivre le récit, parfois, un peu de mal à ne pas perdre le fil. Je n'aime pas trop quand les livres me font me sentir bête ;) A mon grand regret, j'ai trouvé l'exercice un peu prétentieux, bien que cela me fasse mal de dire ça !
De très jolis moments cependant, portés par la plume de Maylis de Kerangal, des moments de fulgurance et d'intensité poétique. Mais je reste un peu déçue, même si je compte bien découvrir un autre ouvrage de l'auteure. Des conseils ?


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samedi 19 décembre 2015

Si je meurs au combat - Tim O'Brien

J'avais hâte de pouvoir lire une autre oeuvre sur la guerre du Vietnam, période historique qui me fascine à tous points de vue.
 C'est donc l'histoire d'un homme comme des milliers d'autres : il veut s'engager au nom de son pays mais ne comprend pas vraiment les enjeux de cette guerre dans la jungle, si loin. Il doute, a peur surtout et envisage la désertion, mais renonce et part au combat. Il se fait des amis, tout en sachant que ceux-ci peuvent sauter sur une mine avant que la nuit ne tombe. Il est horrifié des exactions commises sur les civils, mais pris dans la tourmente de cette guerre horrible il accepte, impuissant. Il marche les yeux rivés sur la terre vietnamienne, incapable de savoir si une mine est enterrée à deux pas. Il se demande ce qu'on ressent, quand ça nous arrive, de marcher sur une mine.
J'ai donc surtout aimé le caractère profondément humain et "normal" de cet homme. Ce n'est pas un sur-homme, qui ne ressent pas la peur. Il fait juste en sorte de survivre à cette journée et à celle d'après, histoire de rentrer aux Etats-Unis. Et c'est déjà beaucoup.
J'ai trouvé ce roman incroyablement juste dans le ton, pas trop dans le pathos, mais pas trop léger. Juste bien. En effet, les événements sont suffisants pour inspirer l'horreur et la compassion, nul besoin d'en rajouter. Et un peu d'humour là où il en faut.
L'auteur décrit également les supérieurs, ces lieutenants si différents les uns des autres. Il raconte ce qu'on ressent, la nuit, enterré dans la forêt et qu'on guette le Vietcong. Exprime ses doutes avant de partir, son incompréhension, ses sentiments contradictoires. Relate ce monde du Vietnam où chacun se raccroche au nombre de jours restant à tirer. Où chacun se démène pour obtenir un boulot tranquille à l'arrière.
La fin m'a vraiment beaucoup émue, je l'ai trouvée absolument parfaite. Ce moment où le soldat survole pour la première fois depuis un an le sol américain...
Encore une très belle découverte de la littérature de guerre !

Si je meurs au combat... Mettez- moi dans une boîte et renvoyez- moi à la maison

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samedi 5 décembre 2015

La nuit des temps - René Barjavel

En Antarctique, des chercheurs captent soudain la fréquence d'un émetteur... vieux de 900 000 ans ! En creusant, ils tombent sur une cellule protectrice renfermant un homme et une femme, tous deux nus, et tous deux semblant dormir. Ils sont entourés d'étranges objets et semblent parler une langue totalement inconnue. Ils seraient les derniers représentants d'une civilisation aujourd'hui disparue.
J'ai vraiment apprécié ma lecture. C'est le deuxième Barjavel que je lis, après "Une rose au paradis" que j'avais également bien aimé. L'idée de base est très intéressante, originale. L'auteur a vraiment inventé une société complètement différente de la nôtre. Le destin de ces personnages, particulièrement d'Eléa, est très touchant. La fin est absolument magnifique : il y a un vrai effet de surprise (du moins pour ma part), cette fin est parfaite. Tout s'accélère dans les dernières pages, les époques se confondent. Je dirais qu'au delà de la science fiction, c'est avant tout une histoire d'amour, une histoire d'humanité. Barjavel nous livre une vision pessimiste d'un monde qui, par delà les époques, ne cesse de se détruire,  d'un genre humain ne cessant de se déchirer. Cependant, l'amour est omniprésent, l'oeuvre nous livre aussi l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur : la passion, le savoir... Certaines descriptions, des corps par exemple, sont splendides.
J'ai donc vraiment aimé cette oeuvre. Mais je dois avouer avoir le même sentiment que celui j'ai eu après "Une rose au paradis" ; je ne peux que noter la très grande qualité des livres mais ce n'est pas le genre de lectures que je préfère. Si vous aimez la science-fiction (mais une SF très subtile, humaine et pleine de beauté), je ne peux que vous conseiller de découvrir ou de re-découvrir Barjavel.

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lundi 30 novembre 2015

Millénium tome 2 - Stieg Larsson

J'avais prévenu, j'avais très hâte de continuer la trilogie après le premier tome qui m'avait tant plus...
C'est maintenant chose faite !
Nous sommes ici immergés dans les eaux troubles du trafic de femmes et de la prostitution. Comme d'habitude Mikael Blomkvist sera de la partie. Sauf que cette fois-ci, Lisbeth a de sérieux ennuis : elle est accusée d'un triple meurtre et demeure introuvable.
Tous les ingrédients qui faisaient le charme du premier sont là, et c'est encore mieux. J'ai tout simplement adoré. Encore plus sombre, la fin encore plus en apothéose... Le fait que Lisbeth soit absente de toute une partie du récit crée une vraie tension, un vrai manque : tous comme les personnages on s'inquiète profondément pour elle. Les révélations finales sont tonitruantes... Il n'y a pas de longueurs dans ce livre, on ne s'ennuie jamais. Ce tome est vraiment centré sur Lisbeth, sur son passé si douloureux et noir. Ce personnage est décidément à part : tellement attachant, tellement particulier... Je l'adore. Si forte et si fragile à la fois, elle s'est construite toute seule. C'est une héroïne unique, qui n'a pas besoin des hommes, ni des autres en général, pour vivre.  J'ai trouvé très touchante la relation à distance entre Mikael et Lisbeth, également.
On sent ici qu'on a passé un cran dans la terreur : les "méchants" font vraiment peur, la tension est palpable, le rythme effréné ! Ce livre a répondu totalement à mes attentes : enfin en connaître un peu plus sur Lisbeth. Je suis impatiente de découvrir la suite, une fois de plus...

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dimanche 22 novembre 2015

Ca ira

D'accord, peut être que ça va pas. Je ne vais pas toujours bien. Peut être même que je ne vais jamais complètement bien. Toujours cette impression de suffoquer, ce poids dans mon estomac, ce noeud dans ma gorge.  Cette main géante et invisible qui me plaque à terre chaque fois que je commence à relever la tête, qui me maintient sous l'eau lorsque je commence à remonter à la surface. Donc, oui rien ne va vraiment complètement. Je suis lasse de transporter cette souffrance en moi, je suis lasse de la cacher alors que ma seule envie c'est que tout le monde la voie. Fatiguée de refouler mes larmes, fatiguée de faire comme si tout allait bien.
Mais putain je suis en colère contre moi-même de ne pouvoir écrire que ces textes si tristes. Parce que j'ai tellement de chance, et j'en suis consciente. Je suis en bonne santé, je ne manque de rien, j'ai des amis, j'ai accès à l'éducation et je réussis plutôt bien au lycée. Tous mes besoins matériels sont comblés, je ris plusieurs fois par jour, parfois jusqu'aux larmes. Je vis dans une bulle privilégiée, à l'écart des horreurs du monde. La vie est un boulevard devant moi, j'ai tant d'opportunités à saisir... J'ai voyagé, je pars en vacances. Je n'ai pas à faire des kilomètre à pied sur des chemins terreux pour me rendre à l'école. Je ne me lève pas avec la peur de n'être plus là le soir venu. Mes problèmes sont bien dérisoires, presque risibles. Je me sens encore plus mal d'être malheureuse, alors que j'ai si peu de raisons de l'être. Car oui, la vie elle est belle, pour moi du moins. Tellement de belles petites choses qui égaient chaque journée. Tant de positif, de sourires, d'amour dans mon existence. Je me dois d'être forte, d'être heureuse pour tous ceux qui ne le peuvent plus. Je n'ai pas le droit de gâcher les chances qu'une bonne fée a mis de mon côté. Putain, tu le vois pas mais le soleil brille dehors. Regarde. Lève le nez de ton petit cocon égoïste, écoute le chant des oiseaux et le bruit du vent. Voilà. C'est ça. Tu comprends maintenant ? Le monde est à toi. Trace ta route, ne te retourne pas. Ne les laisse pas te dire qui tu es, ne les laisse pas croire que tu ne vaux rien.

mercredi 11 novembre 2015

Le liseur du 06 h 27 - Jean-Paul Didierlaurent

Je l'avoue, ce qui m'a le plus étonnée lorsque j'ai découvert ce livre c'est avant tout le fait que le nom de son auteur contienne quatre prénoms ! Outre ce détail incroyable, je n'avais entendu que du positif au sujet de cet ouvrage, j'avais donc hâte de le découvrir.
Le héros de ce roman s'appelle Guylain Vignolles, nom qui lui attire de nombreux quolibets (comme l'auteur ?). Il mène une vie bien réglée. Chaque matin il prend le RER pour aller travailler dans une usine de recyclage de livre. Il croise chaque jour les mêmes visages : le chefaillon autoritaire, le collègue lèche-bottes, son ami Yvon épris d'alexandrins... Guylain vit seul avec son poisson rouge. Seule folie dans son quotidien, la lecture à voix haute de quelques passages de livres lorsqu'il se trouve à bord du RER. Cette curieuse habitude va apporter un peu de couleur et de joie dans son existence en lui permettant de rencontrer de nouvelles personnes.
J'ai vraiment apprécié ce court livre. Je l'ai trouvé très simple, dans le bon sens du terme. On entre tout de suite dans l'histoire, le style est agréable, très plaisant à lire. Les personnages sont très attachants car ils sont normaux ascendant médiocre. A commencer par Guylain : quoi de pire que de travailler à côté d'une machine qui broie les livres lorsqu'on est un amoureux des mots ? L'histoire est très tendre, elle donne de l'espoir. On voit qu'une petite chose, un détail innocent peut faire basculer la vie de n'importe qui.
Avec l'air de ne pas y toucher ce livre est une ode à l'écriture et à la lecture, qui peut changer une vie.
Je l'ai beaucoup apprécié, j'ai vraiment aimé le ton employé... Les personnages et les situations sont décalées, souvent drôles et sonnent toujours juste.
Je le recommande.

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dimanche 8 novembre 2015

Electre - Jean Giraudoux

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de pièce de théâtre. Celle-ci m'intriguait énormément car j'aime beaucoup les réécritures du XXème des pièces antiques.
J'ai vraiment adoré cette oeuvre. L'auteur a su préserver toute la magie, la profondeur et la gravité du mythe tout en le rendant très moderne et original. J'ai aimé l'absurdité de certains dialogues, les petites touches d'humour tout en légèreté. On est vraiment pris dans l'histoire, les pages se tournent d'elles-mêmes. J'ai parfois un peu de mal à accrocher aux pièces de théâtre : j'oublie les relations entre les différents personnages... Là il n'en a rien été, j'ai été irrémédiablement plongée dans la tragédie.
Le personnage d'Electre est très particulier, elle m'a fait penser à Antigone. Elle refuse le petit bonheur facile, les compromissions. Electre c'est la pureté, l'entièreté de l'être. Elle est prête à mettre en péril la cité, à accabler sa propre mère pour que la vérité éclate et que la mémoire de son père soit réhabilitée. Elle défend bec et ongles un père qu'elle a si peu connu. Il y a énormément de ressentiment et de haine dans cette famille des Atrides. La pièce est un crescendo qui finit en apothéose. Il y a aussi cette mère détestable mais qui cache sa vérité à elle depuis si longtemps...
Les personnages s'attachent quelques fois à de petits détails qui semblent sans importance, comme la barbe d'Agamemnon pour Clytemnestre. Cela illustre le caractère très fin et subtil de cette tragédie.
Certains personnages apportent vraiment un plus à l'histoire, un côté décalé et plus métaphysique qui m'a bien plus : le Mendiant, les Petites Euménides... Ils offrent à la pièce une perspective plus large, un aspect un peu absurde, voire comique.
Je ne peux que vous conseiller cette oeuvre qui est un véritable coup de coeur pour moi. Je pense que c'est l'une des meilleures réécritures qu'il m'ait été donné de lire (avec Antigone, bien évidemment)
Je vais sans doute me pencher plus avant sur les réécritures du XXème car ce sont des pièces qui me plaisent énormément. Auriez vous des recommandations ?

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samedi 7 novembre 2015

Le cheminot - Jirô Asada

Je ne vais pas vous faire un résumé de l'histoire car je sens que cela serait compliqué (j'ai un peu de mal avec les noms japonais). Ce livre comporte en fait deux nouvelles : "le cheminot" et une "Lettre d'amour".
Les rares fois où j'ai eu l'occasion de découvrir des romans japonais j'ai ressenti la même impression. Il y a une forme de pudeur, de retenu dans l'écriture qui peut paraître un peu déroutante (pour moi en tout cas). Dans ce roman j'avais quelques fois le sentiment que les dialogues ne sonnaient pas très juste, qu'ils étaient un peu ampoulés et trop guindés pour être naturels. Peut être est-ce réellement comme cela que les japonais parlent, peut être la traduction rend t-elle le tout un peu"bizarre". En tout cas je trouve que la littérature japonaise (du peu que j'en ai lu, je le répète) est totalement différente de tout ce qu'on pu lire habituellement. Les deux histoires sont très touchantes chacune à leur manière, elles transmettent parfaitement la solitude de l'être humain. La manière d'aborder la mort, le vide, le quotidien est très délicate et très fine tout en restant émouvante. Il n'y a rien de superflu dans cette oeuvre, c'est ce que j'ai préféré. Je l'ai lue très vite, on s'imprègne des mots. En peu de phrases on est tout de suite plongé dans l'ambiance (une ambiance froide et hivernale pour "le cheminot"), nul besoin de longues descriptions. Les personnages sont très dignes dans leur mal-être, ce que j'ai beaucoup aimé. Ils font face aux difficultés de la vie avec courage.
J'ai réellement aimé ce court livre, bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection. J'aime sortir de ma zone de confort pour découvrir de nouvelles choses, des choses différentes.

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dimanche 1 novembre 2015

La Curée - Emile Zola

Encore un autre Zola, quand on aime on ne compte pas. C'est donc du second tome des Rougon-Macquart dont je vais vous parler aujourd'hui. Nous sommes dans le Paris du Second Empire, celui des grands travaux haussmanniens et des grands bouleversements. Des spéculateurs malhonnêtes érigent d'immenses fortunes grâce à la démolition des anciens logements. Les toilettes des femmes sont toujours plus élaborées, les fêtes toujours plus grandioses, et l'adultère plus que jamais présent.
Aristide Saccard arrive à Paris avec sa femme Angèle. L'homme rêve de fortune rapide et d'ascension fulgurante, il est aidé par son frère Eugène Rougon qui occupe un haut poste d'Etat aux côtés de l'Empereur. A la mort d'Angèle, Mme Sidonie qui est la soeur de Saccard, lui fait aussitôt conclure un nouveau mariage. Une jeune femme du nom de Renée a été violée et est désormais enceinte, et Saccard accepte de l'épouser et donc de se faire passer pour le père de l'enfant (qui ne verra pas le jour). Renée est fortunée, elle et son mari vont rapidement mener grand train chacun de leur côté. Lorsque le fils d'Angèle et d'Aristide, Maxime, arrive de province une relation fusionnelle va se nouer entre le garçon de 13 ans et Renée. 
Toujours la même rengaine mais que voulez-vous, j'ai adoré ce roman ! J'y ai trouvé une critique violente de cette époque et de ces grandes fortunes qui naissent en même temps que les grands boulevards. Le ton est particulièrement cynique et acerbe. Certaines descriptions ont comme à l'habitude retenu mon attention : celles des premières et des dernières pages, notamment. On découvre un monde impitoyable, où les relations servent les intérêts particuliers. Tout au long du roman on assiste à l'inexorable décadence de Renée et à sa fin. J'ai pensé à ces quelques vers de Baudelaire, mon poète préféré : "II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;
C'est l'Ennui!" 
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris"
En effet c'est l'Ennui qui pousse Renée toujours plus loin dans le vice. Quel couple effroyable tout de même, qui ne se parle que d'argent. Aristide Saccard est détestable, accumulant les magouilles financières, vendant, achetant dans sa folie d'or. Son imagination est débordante pour extorquer de l'argent à l'Etat. Il n'y a pas un personnage pour rattraper l'autre, Maxime qui utilise sa belle-mère par ennui là encore, sans jamais s'attacher à elle... C'est un petit parvenu qui dilapide l'argent de ses parents avec les femmes. L'affreuse Mme Sidonie qui se complaît dans les malheurs des autres et qui en fait son beurre, les spéculateurs véreux... Le seul personnage réellement bon, Angèle, meurt dès le début. Dès lors ce n'est que frénésie, débauche, vénalité la plus extrême.
Encore un très très bon roman, bien évidemment je vais continuer ma petite route parmi les tomes de ce fabuleux cycle. 

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samedi 17 octobre 2015

Automate amer

Sentir que cette vie là n'est pas tenable. Sentir que cette vie là n'est pas une vie. Je sais que tout cela s'effondrera un jour ou l'autre mais laissez-moi préserver cette façade branlante. Un jour ou l' autre je balancerai tout cela, je jetterai tout ça, je tuerai tout ça tout ça tout ça. Voilà. Je sais que je suis là pour le moment mais je ne serai pas toujours là car ça me fait souffrir. Jamais je ne pourrai rester comme ça plus longtemps que ça ça ça. Je sais que j'ai l'air heureuse je ne le suis pas. Cette vie ne me suffit pas elle ne me suffira jamais entendez-vous ça. Ce sera toujours un de ces châteaux de carte désespérément fragiles et instables. Je veux vivre vivre vivre pas comme ça. Mais peut être que c'est que ça, peut être que j'ai surestimé tout ça, peut être bien qu'au final la vie c'est pas comme au cinéma. Je voudrais être celle que je ne suis pas pas pas. Tout ce que je fais ne vaut rien, ne vaut pas mon imagination, ne vaut pas ce qui vaut le coup, ça je le sais. Je veux danser je veux tourner je veux bouger. Je veux pleurer mais je ne peux pas pas pas. Parce que j'en ai pas le droit d'autres sont tellement plus malheureux que moi. Il y a pire qu'être malheureux c'est être malheureux sans raison apparente, sans légitimité au malheur. N'avoir le droit ni au malheur ni au bonheur. Si la vie c'est que ça je ne signerai pas. Trop tard. Comment font-ils tous ces gens avec leurs sourires tellement grands leurs rires tellement gros leur bonheur factice. Je les hais tous autant qu'ils sont. Ne voyez-vous pas que je souffre j'ai ça en moi je crève que vous ne le sachiez pas. Je suis là là là dans ce trou si sombre aidez moi j'ai peur peur peur. Je suis dans le noir et je meurs meurs meurs. J'attends que vous me sortiez de là pourtant si vous approchiez je vous tuerais ça je le sais. Que vais-je devenir ma vie sera t-elle aussi sale que je le voudrais, aussi vraie, aussi poussiéreuse ou restera t-elle cet univers clinique et aseptisé où il fait si froid. Je ne sais pas pas pas. Commet faire pour leur montrer qui je suis comment tuer cette autre qu'ils pensent être moi. Je suis lasse de tout ça ça ça, je veux courir sur les chemins jusqu'à demain matin, je veux passer la nuit sur leurs immeubles sous les immeubles dans les immeubles. Je veux crier et les entendre crier en retour. Je veux pleurer jusqu'à ce que mes pleurs soient de sang. Je me roulerai sur le bitume en hurlant mon désespoir de rat de chien. Je ne mérite rien je ne fais rien pour moi pourquoi feraient-ils rien pour moi. Je ne sais pas pas pas je ne les aime pas pas pas. Qui m'aime qui s'aime qui sème ici-bas bas bas. Un jour je partirai sans me retourner vous découvrirez qui j'étais mais ce sera trop tard. Cette personne là sera déjà morte en moi hors de moi partout tout l'égoût du dégoût. Ces lampadaires amères seront les seules phares dans ma vie de débauche dans mon long gémissement insoluble intangible.
J'existe je crois j'existe je le crains j'existe vous verrez.
J'allumerai tous les briquets du monde et je brûlerai en eux comme mon essence se répand sur les trottoirs de ces bidonvilles-dortoirs.
Comment vivre avec ça en soi soi soi soi.

mercredi 14 octobre 2015

American Sniper - Chris Kyle

La littérature de guerre est l'un de mes genres littéraires favoris. Après avoir vu le film de Clint Eastwood du même nom, j'ai eu envie de découvrir cette autobiographie du "sniper le plus redoutable de l'histoire américaine". En effet Chris Kyle, membre des SEALs, est connu pour avoir exécuté 255 ennemis notamment en Irak. Il est surnommé la "Légende" par ses frères d'arme et le "Diable" par les insurgés. Il a été déployé à quatre reprises en Irak sur les théâtres d'opération les plus dangereux (Fallouja, Ramadi...)
J'ai trouvé ce témoignage des plus intéressants. A mon sens, personne ne peut mieux parler des guerres que ceux qui les ont fait. Qu'on le veuille ou non la carrière militaire de Kyle est assez impressionnante. Néanmoins le récit est empreint d'une grande modestie, le soldat ne cessant de rappeler le rôle de ses camarades ou d'accorder la réussite de ses tirs au hasard.
Au début je regrettais l'aspect très "froid", purement descriptif du livre. Le soldat nous explique par le menu quelles sont les différentes caractéristiques des armes par exemple. J'avoue ne pas avoir été attentive aux explications souvent très précises et poussées sur le matériel, la hiérarchie de l'armée... Mais au fil des pages cette impression s'est dissipée. J'ai bien aimé les passages écrits par Taya, la femme de Chris, ils apportent un autre éclairage sur le soldat et surtout sur l'homme. Elle explique par exemple la difficulté d'élever seule ses enfants, l'angoisse permanente...
Je pense que c'est le genre de livre qu'il faut parcourir en gardant en tête que c'est là une vision très personnelle de la guerre. J'ai énormément apprécié la franchise de Kyle, qui ne n'hésite pas à appeler les insurgés des "salopards", à employer un vocabulaire familier, à dire qu'il s'éclate à la guerre... Un ton plus guindé et ampoulé aurait desservit le récit alors que là, on a vraiment l'impression que Kyle nous parle directement. Les valeurs de cette homme m'ont paru honorables, sa volonté de défendre son pays, son courage. Evidemment c'est un américain issu du Texas, un homme qui aime la bière et les bagarres : son opinion est très tranchée. Mais sa sincérité m'a touchée, son humour aussi... Kyle dit clairement les choses, et sait que ses positions ne sont pas celles de tout le monde. Il ne prend pas plaisir à tuer mais est prêt à tout pour défendre son pays. Le témoignage n'est jamais dans l'excès de sentimentalité, l'homme ne devait pas être coutumier des grandes déclarations. Mais il raconte la guerre comme il l'a vécue, expose son patriotisme et son attachement à son pays qui reste son moteur premier.
Je ne peux que vous conseiller ce livre si vous vous intéressez de près ou de loin à la guerre d'Irak, ou aux guerres en général.

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L'affiche du film

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lundi 12 octobre 2015

Le songe d'une nuit d'été - William Shakespeare

Il était temps que je lise ma première pièce de théâtre de l'illustre auteur britannique ! J'ai choisi le Songe d'une Nuit d'été pour découvrir le dramaturge.
Ce livre a été trimbalé dans mon sac et lu dans le bus quand l'occasion s'en présentait. Je crains donc de ne pas avoir saisi toute la beauté de la pièce. Néanmoins je suis en mesure de vous en parler et de vous donner mon avis sur celle-ci.
J'ai été surprise par le style tout d'abord. C'est léger, moderne, frais. C'est surtout très drôle par moments, j'ai franchement souri devant ces situations pour le moins cocasses. J'ai beaucoup aimé l'aspect vif, très plaisant de l'oeuvre : il y a une mise en abîme du théâtre, des intermèdes musicaux... Tout cela confère à la pièce un caractère très plaisant, c'est facile à lire. L'histoire est très poétique, mêlant le monde des humains et celui plutôt délirant des elfes et des fées. Les sentiments sont contrariés, entremêlés. Cette pièce est un petit bijou, une bulle d'imaginaire et de gaieté dans ce monde froid. A la fin on a vraiment l'impression de se réveiller d'un joli somme à l'ombre d'un grand arbre. Cette pièce est très différente de tout ce que j'avais pu lire auparavant, on vit un moment hors du temps, comme suspendu ou perdu dans une nature charmante.
J'espère pouvoir lire très vite d'autres oeuvres du même auteur. N'hésitez pas à me suggérer des titres !

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samedi 3 octobre 2015

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

Je me suis ENFIN mise à cette fameuse trilogie Millénium. Et comme je ne suis pas, à mon grand regret, quelqu'un qui bouscule les codes, j'ai commencé par le tome 1.
Je vous laisse aller voir le résumé si jamais cela vous intéresse, de plus cela m'étonnerait fort que vous n'ayez pas au moins entendu parler de Millénium (livres ou films)
Déjà, l'univers du journalisme m'intéressant très fortement, j'ai été comblée. L'atmosphère est unique, très particulière et spécifique aux auteurs nordiques (du peu que j'en ai lu). On oublie absolument tout ce qui se passe autour, plus rien n'importe hormis cette course effrénée vers la vérité. Evidemment c'est très très noir, je dirais même glauque et malsain sans trop d'hésitation. Mais c'est aussi cet aspect sombre qui m'a plu, cette dégringolade dans le terrible et la perversité.
Les personnages sont tous plus remarquables les uns que les autres. Mikael est incroyablement attachant, très touchant de sincérité dans tout ce qu'il entreprend, y compris ses erreurs. Sans parler de Lisbeth... ce personnage m'a totalement soufflée. Je me suis dit, cette nana là elle a des c******* (désolée mais c'est vraiment l'expression appropriée pour parler de Lisbeth Salander). Cette fille est juste fascinante, j'avais envie de la prendre dans mes bras(je ne l'ai pas fait déjà parce qu'elle n'existe pas vraiment et surtout parce qu'elle m'aurait mis une droite) Il y a aussi les membres du clan Vanger, tous détestables chacun à leur manière, chacun lourd de son passé. C'est ce que j'ai préféré dans le roman : il n'est pas manichéen, les personnages sont complexes, incroyables de véracité et de crédibilité.
Le début était un peu lent à mon goût mais je me suis vite laissée prendre, le livre étant un véritable crescendo. On ne peut plus lâcher cette enquête, cette famille aux si lourds secrets. La fin est absolument géniale, une sorte de grand emballement où les révélations affluent sans qu'on puisse refermer le roman. Le fait de mêler l'enquête sur Harriet aux tribulations du journal est un très bon point.
J'ai fatalement très hâte de pouvoir lire le deuxième, qui est d'ors et déjà dans ma Pile à Lire.

samedi 26 septembre 2015

Boule de Suif et autres nouvelles - Guy de Maupassant

Quelques nouvelles que j'ai lu au compte-gouttes le matin, dans le bus. Avec en vedette le fameux récit "Boule de Suif". J'ai retrouvé avec délectation la plume de Maupassant, qui est l'un de mes auteurs préférés. Ces nouvelles sont toujours incroyablement justes, parfois drôles, parfois amères et souvent les deux à la fois. Les histoires sont d'une redoutable efficacité et font apparaître les défauts des hommes (et des femmes) : infidèles, égoïstes, hypocrites et souvent méprisables.
J'ai beaucoup aimé la simplicité des récits, l'épure, c'est d'ailleurs l'une des choses que je préfère chez cet auteur. On ne s'embarrasse pas de fioritures, on va à l'essentiel. Le ton est acerbe, mordant sans paraître y toucher, et j'adore ça. Des petites saynètes de vie, des instantanés qui auraient dû rester secrets, intimes. J'ai passé un très agréable moment avec chacune de ces nouvelles et c'est bien là le plus important. Chapeau M. Maupassant !

dimanche 20 septembre 2015

Des gens bien - Marcus Sakey

Hop hop hop on ne perd pas le rythme, deux critiques en deux jours ! Vous me connaissez maintenant, j'adore passer d'un genre à l'autre. Il était donc logique après mon pavé flaubertien de m'attaquer à quelque chose de plus accessible.
Je n'avais jamais entendu parler ni du livre, ni de l'auteur. Je vais quand même vous raconter l'histoire dans ses grandes lignes. Anna et Tom Reed forment un jeune couple qui essaye par tous les moyens d'avoir un enfant. Un jour, ils trouvent 400 000 dollars dans la cuisine de leur locataire qui vient de mourir. Tout de suite la promesse d'une vie meilleur s'impose à eux : rembourser les dettes, mener une vie moins soucieuse et surtout faire une nouvelle tentative médicale pour avoir ce bébé tant désiré. Mais les choses ne vont pas tout à fait se passer comme prévu...
J'ai vraiment apprécié ce polar. Il fonctionne très bien, l'action ne s'essouffle jamais. Le couple est vraiment attachant, les autres personnages comme Jack sont également intéressants. On a vraiment envie de connaître le dénouement. Voir ces deux personnes lambda se démener, s'enferrer dans leurs mensonges en série, plongés malgré eux dans un monde qui leur est étranger... j'ai vraiment aimé. La police, les criminels, et eux qui s'enfoncent de plus en plus, comme si ces liasses trop lourdes les faisaient couler. Tout est mené tambour battant, on ne s'ennuie à aucun moment. Du coup le roman se lit très vite, c'est un vrai moment de détente. Bon choix que ce couple auquel on peut totalement s'identifier. Du coup on se demande "Qu'aurais-je fait ?"
Néanmoins ce n'est pas mon roman policier préféré. Question de goûts : je préfère les ambiances plus"glauques", les drames familiaux à la Camilla Läckberg.  Ici on regarde juste l'action se dérouler devant nous, on essaye pas de démasquer le coupable... J'ai trouvé l'ensemble très bien mais un peu gentillet du coup. Tout comme la fin, un peu niaise à mon avis. Toutefois je reconnais les grosses qualités de ce roman citées précédemment.
En bref je le recommande si vous avez envie de passer un bon moment devant ce roman qui se lit vite.

samedi 19 septembre 2015

L'Education sentimentale - Gustave Flaubert

Eh oui, voilà le retour d'une critique littéraire ! Enfin ! J'ai une bonne excuse : ce roman était un vrai pavé et je n'ai pas eu beaucoup le temps de lire, fort malheureusement.
Pour information, c'est le deuxième Flaubert que je lis après Madame Bovary. Ici on suit le parcours du jeune Frédéric Moreau, ses amours, ses louvoiements dans une période politiquement plus qu'instable (1848-1851).
J'ai eu beaucoup, beaucoup de mal à rentrer dans le livre. Au début je ne lisais qu'une page ou deux par soir, c'est dire ! Mais je me suis vraiment accrochée et j'ai fini par suivre avec intérêt les aventures de Frédéric. Le fait d'avoir choisi ce contexte est un plus, même si ce n'est vraiment pas ce qui m'a le plus séduite dans le livre. Non, ce que j'ai préféré c'est véritablement Frédéric en tant que personne. Il est incroyablement complexe, toujours hésitant. Son amour pour Mme Arnoux semble noble d'entrée de jeu, mais au fur et à mesure on se rend compte de son côté manipulateur. On apprend à le connaître comme un jeune homme plein d'idéaux (sentimentaux, politiques..), on le découvre prêt à tout pour parvenir, indifférent à tout ce qui n'est pas lui-même ou son amour pour Mme Arnoux. Argent, vice... tout y est. Il est incroyablement égoïste. Cependant, on ne peut s'empêcher de compatir à son sort, on ne peut pas le trouver foncièrement mauvais. Il agit le plus souvent avec sincérité, tout entier dévoué à son amour. Au final ce sentiment reste vraiment beau et touchant. J'ai beaucoup aimé la partie finale où tout s'emballe : la révolte gronde, Frédéric est à l'apogée de son hypocrisie, louvoyant entre trois femmes différentes.
Un bémol : le sort de tous les "amis" m'a laissée plutôt indifférente. J'avais tendance à les confondre, il y a de trop nombreux personnages. J'aurais aimé que le livre soit encore plus centré sur Frédéric, que les turpitudes de ses connaissances soient moins racontées.
Pour conclure, j'ai trouvé le temps parfois un peu long en lisant ce roman. Ce n'est pas un coup de coeur magistral bien que je soit très contente de l'avoir découvert.
PS : Je me suis sentie très maladroite en écrivant cette critique, désolée si cela s'en ressent. Je crois avoir un peu perdu l'habitude de critiquer des livres !

dimanche 13 septembre 2015

Vacuité scolaire

Non, toujours pas de critique littéraire à l'horizon mais ça na saurait tarder, vous avez ma parole.

Aujourd'hui quelque chose de plus personnel, j'ai vraiment besoin d'écrire ici. Je ne sais pas vraiment comment aborder le sujet... J'aimerais vous parler de mon rapport aux études. Je me mets beaucoup de pression par rapport à tout ça, je vous en avais déjà parlé concernant mon bac de français. J'ai tendance à paniquer lorsque les devoirs s'amoncellent, exactement comme ce matin. J'ai beaucoup de mal à relativiser, il faut que tout soit parfait sinon j'angoisse, je ne me sens pas bien. Je suis une vraie control freak, on me le dit très souvent. Je suis vraiment trop exigeante avec moi-même, ça a tendance a me pourrir la vie. Je n'accepte pas l'échec et je trouve toujours que j'aurais pu faire mieux.
Parfois je trouve tout cela tellement absurde... Oui les études sont importantes, mais des fois j'aimerais juste être capable de balancer tout ça, d'aller faire un tour, de me dire "c'est pas grave, ce sera mieux la prochaine fois". Je me suis collée toute seule cette étiquette de bonne élève, comme si cela me définissait. J'ai l'impression que c'est la seule chose stable et rassurante dans ma vie : plus je travaille, meilleures sont mes notes. Je n'ai qu'à me coucher plus tard pour travailler et tout ira bien. J'adore réellement apprendre, et je suis plus que consciente de la chance que j'ai de pouvoir faire des études et d'avoir de bons résultats. Mais mon dieu, comme j'aimerais parfois tout plaquer, voir ce que ça fait de ne plus être contrainte à des horaires, des dates butoirs, des obligations... Juste découvrir le monde, rire, vivre. En écrivant cela je me rends compte que ce qui m'embête le plus chez moi c'est mon côté excessif : tout ou rien. Jamais de juste milieu. Rassurez-vous, jamais je n'aurais le cran d'abandonner tout ça, heureusement je crois. C'est juste qu'à certains moments je ne trouve plus le sens de ce que je fais : les cours, travailler... Se lever à 6 h et travailler. Rentrer à 18 h et travailler. Et pourtant, je crois bien que le système ne marche sur personne mieux que sur moi. Je me sens engluée dans ces responsabilités, ces choix à faire. Devoir tracer son chemin sans même savoir où on est, qui on est. Je me trouve ridicule de me faire tant de souci à cause des cours. Mais c'est plus fort que moi. Je me sens comme un rat de bibliothèque, un rat de laboratoire. Le parfait cobaye.

samedi 5 septembre 2015

La Rentrée

Non non vous ne rêvez pas, c'est bien moi qui resurgit des méandres de l'Internet pour vous hanter à nouveau. L'excuse de mon absence est toute trouvée, et extrêmement sérieuse : j'étais en vacances. Le thème de mon article de rentrée coule lui aussi de source : la Rentrée pardi ! Il y a de cela quelques jours j'ai en effet effectué ma rentrée scolaire (si vous êtes des psychopathes  petits malins, vous devinerez vite en quelle classe je suis). Je trouve que la rentrée est un moment extrêmement intéressant à observer, complexe mélange de sentiments et d'atmosphères. Il y a déjà l'excitation : dans quelle classe vais-je être ? Avec qui ? Sans parler de l'éternel et ô combien angoissant diptyque profs-emploi du temps ! Je viens de le mentionner, il y a également le stress, l'inquiétude : être tout seul, passer une mauvaise année... La suite logique, c'est la joie : celle de retrouver ses amis, des professeurs qu'on affectionne, d'avoir un bon emploi du temps. Mais soyons réalistes, la déception est fatalement de la fête également.
Si je trouve les premiers jours d'une année scolaire aussi intéressants c'est aussi parce que les affinités et groupe d'amis ne sont pas clairement établis encore. Tout reste possible. On est dans le royaume des a priori, des préjugés, des premières discussions, des premiers rires de connivence. Il y a quelque chose de fascinant dans tout cela. Comment, en voyant une personne peut-on savoir dès les premières secondes qu'on ne deviendra jamais ami avec elle ? Au contraire, pourquoi est-on immédiatement attiré vers certains camarades ? Je me suis souvent demandé si le fait de voir un élève traîner avec quelqu'un que l'on déteste ne provoquait pas, inconsciemment, une classification de cet élève. Immédiatement les premiers statuts sociaux se démarquent : "populaire", "kéké", "intello", "bolosse", "pétasse". Eh oui, la phrase précédente vient sans doute de faire faire du boogie woogie à Victor Hugo dans sa tombe, j'en suis désolée.
Le début d'année c'est également la nostalgie : c'est là qu'on se rend vraiment compte de ce qu'on a perdu et de combien l'année précédente était belle. J'ai tendance à ne pas me sentir à ma place en début, à être inexorablement gagnée par un certain Spleen. Un doute sur ma capacité à m'intégrer et à passer une meilleure année que la précédente. Fort heureusement ces quelques inquiétudes disparaissent normalement au fil des semaines, du moins dans mon cas.
Quoiqu'il en soit il faut profiter de ces années qui passent si vite et se dire que dans quelques temps, ces problèmes de lycéens paraîtront bien dérisoires. Je vais m'arrêter là, je suis très en verve aujourd'hui ! Je me rends compte combien écrire ici m'a manqué. A bientôt

dimanche 16 août 2015

Les Revenants - Laura Kasischke

Nicole, étudiante brillante, est morte durant  un accident de voiture. Son petit ami Craig, qui conduisait, est très vite traité d'assassin. Cependant une dénommée Shelly conteste la version des journaux et des autorités, disant avoir été la première sur les lieux de l'accident. Peu après le drame certains étudiants disent apercevoir Nicole, et on s'aperçoit que l'histoire est loin d'être aussi simple.. 
J'ai trouvé que le fait d'alterner les périodes temporelles (avant/après l'accident) était une très bonne idée, originale. Le roman a très vite su me captiver, j'ai rapidement eu envie de connaître le fin mot de l'histoire. D'ailleurs, malgré son épaisseur, je l'ai lu très rapidement. 
Malheureusement j'ai été très déçue. Le livre tourne beaucoup en rond, on n'avance pas. A la fin je me suis dit "Tout ça pour ça ?" En effet le roman compte tout de même plus de 600 pages ! Je n'ai pas eu le vrai dénouement que j'escomptais, je suis restée avec mes questions. La fin ne m'a donc pas plu du tout, elle est facile et ne résout pas grand chose. On n'a pas de réelle progression de l'intrigue, l'auteure ne distille pas les indices un à un, on reste ainsi un long moment sans avoir l'impression d'en savoir plus. 
A mon sens il aurait fallu condenser, faire beaucoup plus court que cela. Pourtant, ce roman me semblait très prometteur : j'aimais les personnages, la narration choisie, l'atmosphère un peu incertaine, le choix des sororités... L'essai n'a pas été transformé, je le crains. Dommage car je pense que l'auteure pouvait faire beaucoup mieux avec ce sujet.


jeudi 13 août 2015

Le Ventre de Paris - Emile Zola

Reprise des programmes habituels aujourd'hui... Et quoi de mieux pour cela qu'un livre de mon auteur français préféré, Emile Zola, presque un an jour pour jour après avoir lu mon premier roman de cet écrivain ? Voici déjà mon cinquième Zola. Bon, une critique dithyrambique d'un Zola ça commence à être banal non ?
L'auteur français nous emmène cette fois-ci du côté des Halles de Paris, leurs étals, la profusion de denrées... Un ancien bagnard est de retour chez son frère qui tient, avec sa femme surnommée "la belle Lisa", une charcuterie. Les tensions ne vont pas tarder à se multiplier dans la famille et même au sein des Halles, où Florent (l'ancien bagnard) est chargé de surveiller la poissonnerie.
Tout d'abord, merci beaucoup à l'éditeur de mon roman de m'avoir dévoilé la fin du livre dès la quatrième de couverture, c'est top, bravo les gars (clap clap clap). Quoi qu'il en soit cela ne m'a pas gâché le plaisir de la lecture, loin s'en faut. Je me répète mais Zola a ce don de me plonger immédiatement dans l'univers choisi, de me faire croire à tout. Je ne vais pas repartir sur le chapitre de son style incroyablement vivant, mais il faut quand même le mentionner. Le meilleur chez Emile, c'est l'humain. Il développe une galerie de personnages incroyablement vrais, tout à la fois méprisables et pathétiques, tellement complexes et profonds. Rien que Florent : ce n'est pas un mauvais bougre, plutôt un jeune homme naïf et idéaliste pourtant il peut s'avérer très agaçant et complètement déconnecté des réalités.
Les querelles entre Lisa et la Normande sont épiques, grandioses. Tous ces personnages sont fascinants chacun à leur manière, y compris la Saget, la Lecoeur, la Sariette, incroyablement cupides et détestables, affreuses commères. Il y a également ces gamins des rues : la Cadine, Muche... Faire la rencontre du personnage de Claude, que j'avais beaucoup aimé dans l'Oeuvre, fut aussi très intéressant.
Enfin il y a ces descriptions grandioses, si vivantes et colorées des Halles. Les mers de légumes, les odeurs en tout genre... quel talent de l'écrivain, qui nous transporte immédiatement au milieu des fromages, des poissons, des légumes...
Une fois de plus l'histoire m'a tenue en haleine de bout en bout, je n'ai aucun point négatif à souligner. De plus les romans de Zola sont toujours des témoignages très intéressants des moeurs de son époque. Je ne suis pas prête d'arrêter de lire cet auteur, vous pouvez me croire !

lundi 10 août 2015

Réparer une jeunesse

Dernier épisode de ma série de lectures estivales. Deux auteurs français cette fois, et deux ressentis très différents.

Je commence par celui que j'ai moins aimé, à savoir Une jeunesse de Patrick Modiano.  Retour en arrière sur la jeunesse parisienne de deux personnages un peu en marge, Louis et Odile. J'ai bien aimé l'atmosphère générale, l'idée de départ, Paris comme décor à l'éclosion de la jeunesse. Malheureusement presque tout du long j'ai eu l'impression d'être à l'extérieur du récit et plus encore, que l'auteur m'y plaçait à dessein, me tenait écartée de ces deux personnages que j'avais tant envie de connaître mieux. Il n'y a pas de sentiments dans ce livre là, tout est flou, vague. L'auteur ne nous donne rien auquel nous raccrocher, semblant considérer que son style saura rendre tout ce mystère pénétrant. J'avais vraiment envie de plus d'émotions, plus de matière, de vivant. J'ai trouvé l'oeuvre un peu fade du coup, un peu facile aussi. Une chose est sûre je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette Jeunesse. Je suis très déçue, moi qui avais tant entendu parler de Modiano. Il faudra que je retente avec une autre oeuvre, en tout cas pour celle-ci je passe mon tour.



Sans transition, Réparer les vivants de Maylis de Kerangal.  Je vais essayer de ne pas trop m'épancher, mais mon dieu que j'ai aimé ce livre. Un jeune homme vient de mourir, le processus du don d'organes s'enclenche. Par où commencer ? Déjà, le thème est très délicat mais extrêmement bien traité, avec beaucoup de pudeur et de talent, surtout. Le sujet est original aussi et particulièrement intéressant. Le style est sublime, c'est un flot, un torrent de mots qui nous emporte, tantôt nous berce, tantôt nous bouleverse. Des longues phrases rythmées, un style vraiment propre à l'auteure. Il n'y a jamais de pathos ou de voyeurisme mais toujours beaucoup de sentiments dans ce livre. Les personnages ne sont pas simplement des rôles (chirurgien, infirmière, petite amie...) mais bien des personnes, des êtres humains à part entière. On a une plongée dans la vie de chacun d'entre eux, une galerie d'existences en 24 heures chrono. Je n'ai pas pu refermer ce livre, je l'ai lu presque d'une traite et il m'a énormément émue. C'est le genre d'oeuvre qui nous habite bien après l'avoir refermée, et qui fait réfléchir. Une fois fini, je l'ai conseillé à tout le monde, et je vous le conseille à vous tous qui me lisez car je pense qu'il peut véritablement plaire à tout le monde. Tout est crédible, vrai, sincère, beau. Détresse de la mort, joie d'une nouvelle vie qui s'ouvre, c'est un cycle, une valse des émotions.  Rien à redire, vraiment. Vite, lire un autre Maylis de Kerengal !

dimanche 9 août 2015

Des classiques de la contre-utopie

Comme l'indique le titre je vais vous parler de deux romans incontournables de la dystopie, que dis-je, des pierres angulaires !

Tout d'abord, La Ferme des animaux d'Orwell. L'intrigue se déroule dans une ferme anglaise. Un beau jour, les animaux de la ferme se révoltent et chassent le propriétaire. Très vite les cochons édictent des règles de vie, mettent chacun à la tâche et promettent que jamais plus les animaux ne retomberont sous la coupe humaine. Malheureusement cette vie apparemment idyllique ne va durer, et les animaux comprendront qu'au final rien n'a vraiment changé...
Après 1984 c'est le second Orwell que je lis. J'ai encore une fois adoré ce court roman que je crois avoir lu en peu ou prou un jour. Le style, l'histoire... je ne pouvais plus le lâcher. Tout est si bien mené, si efficace. La fin est vraiment cruelle, et tout le roman est cynique et ironique au possible, le ton est vraiment mordant. Cette oeuvre est parfaite de bout en bout. D'une apparente simplicité, sous des aspects de conte, l'auteur dit tout et fait tout comprendre. La triste morale semble être que l'égalité et la justice ne sont qu'utopie... Que puis-je lire désormais d'Orwell ? Si vous lisez ceci, conseillez moi car il est vrai qu'on entend souvent parler que de La Ferme et de 1984.



Un autre monument de la contre-utopie, j'ai nommé le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley. Cette fois-ci nous sommes dans une société où tout est quadrillé, conditionné. Les individus sont fabriqués par groupes dans des laboratoires et subissent un lavage de cerveau en règle dès leur plus jeune âge selon leur rang. En effet il y a différentes castes dans ce monde, des Alphas aux Epsilons. Les moeurs sont bien différentes de celles de notre époque puisque sont considérés comme vertueux et normaux sont qui multiplient les partenaires sexuels. Leur Dieu s'appelle Ford et est délivré à chacun à intervalles réguliers une quantité d'une drogue nommée soma, leur permettant de s'endormir et de se relaxer. Bref, un monde aseptisé, sans sentiments amoureux, où les individus sont sagement sous contrôle, le gouvernement leur délivrant la juste dose d'adrénaline pour éviter toute révolte. Forcément lorsqu'un jeune indien qui vivait jusque là dans une réserve pénètre dans cette société, il y a choc des cultures...
Exactement comme ci-dessus, j'ai adoré et dévoré ce roman. L'univers bâti par l'imagination de l'auteur m'a époustouflée. Encore un livre saisissant de clairvoyance et qui fait réfléchir, à coup sûr. Cette société paraît si stable, chaque individu conditionné pour être heureux quelque soit son rang, sans se poser de question. Mais surtout ce monde est très inquiétant justement à cause du réalisme insufflé par Orwell. Il y a des moments presque comiques car les individus sont rebutés par tout ce qui nous semble normal et inversement. Le personnage de Marx est très intéressant, à la fois touchant par son décalage et absolument méprisable. La fin est très bien également, juste quelques longueurs à signaler lorsque le Sauvage dialogue avec l'administrateur malgré la très intéressante confrontation des points de vue. A lire absolument !



samedi 8 août 2015

Lord Friedrich Marx

Retour de vacances qui ont été particulièrement riches en lecture avec de magnifiques découvertes. J'ai décidé de grouper mes critiques plutôt que de les faire une par une, je vais essayer d'être concise. Je précise que les livres n'auront pas forcément de lien entre eux, et aujourd'hui en est une magnifique illustration. Je crois qu'on ne peut pas faire plus opposé, mais ce sont toutefois des hommes qui ont marqué leur temps chacun à leur manière dont je vous parle là. A ma droite Karl Marx et Engels, à ma gauche Lord Byron (ou le contraire ?)

J'ai en effet lu le fameux Manifeste du parti communiste. Je ne vais pas faire de "critique" à proprement parler, le livre ne s'y prête pas. Juste souligner que quelques soient nos convictions il est important de lire ce texte fondateur, au moins pour en parler en connaissance de cause et ne pas raconter trop d'inepties dessus. Pour ma part ce fut très instructif, j'ai quand même dû m'accrocher à certains moments mais je tenais vraiment à le lire en entier. J'ai pu mieux saisir l'idéologie marxisme et me pencher un peu plus sur le socialisme allemand.

Place à Lord Byron et ses Poèmes. Un romantique ce Byron, sans nul doute, et Dieu sait que j'aime ça. Toutefois j'ai parfois eu du mal à saisir le sens des vers notamment à cause de ces négations, ces "ne" qui se glissent un peu partout. Une lecture inégale donc, puisque si certains poèmes m'ont échappé ce ne fut pas le cas de tous. En effet il y a eu des poèmes, des strophes voire des vers de véritable fulgurance où l'auteur a su me toucher en plein coeur, le texte faisant réellement écho en moi. Je me replongerai avec plaisir dans ces poèmes aux thèmes caractéristiques du romantisme : amour, nature, mélancolie, mort, inspiration poétique... Avec l'espoir de comprendre encore mieux ces vers que je devine encore plus sublimes que ce que j'ai pu en saisir. Bon point à mon édition où le texte en anglais fait face à celui en français. Que j'aimerais un jour pouvoir lire ces poèmes dans leur langue d'origine hélas mon niveau d'anglais fait que je dois me contenter du français !

dimanche 12 juillet 2015

Moi et ma note de français : plongée dans l'intellect de JackieDream

Aujourd'hui, je me suis dit qu'injecter un peu plus de "moi" dans ce blog ne serait pas une mauvaise chose. Je ne sais d'ailleurs pas vraiment ce que je m'apprête à raconter, tant pis, laissons mes doigts s'agiter sur le clavier. Je ne sais pas non plus comment j'intitulerai cet article, toujours est-il que je voudrais vous parler de mon rapport aux notes. Depuis toujours avoir des (très) bonnes notes c'est très (trop) important pour moi. J'ai toujours été plus ou moins première de la classe, au moins 2ème ou 3ème. Je considérais certaines matières comme ma chasse gardée, et indéniablement le français a toujours fait partie de ces matières là. Vous l'aurez compris, j'ai une véritable passion pour la littérature et l'écriture, ainsi j'avais l'habitude d'exceller dans cette matière. Plus que pour tout autre enseignement, c'était une question de fierté pour moi. Ainsi les choses ont suivi leur cour, j'allais de bonne note en bonne note, d'appréciation flatteuse en compliment du professeur concerné. Je ne me faisais pas trop de souci pour mon baccalauréat de français, que j'ai passé le mois dernier et dont j'ai eu les résultats il y a seulement deux jours.
 Et là... Patatra, tout s'écroule (et moi avec) lorsque j'entre mon matricule et ma date de naissance dans le site dédié aux résultats. La première chose qui me saute aux yeux c'est ce malheureux 1 flanqué d'un 4 à côté de la mention :" Français écrit". Oui, je sais, pour certains c'est une très bonne note sauf que pour moi c'est tout bonnement 3 points de moins que mon niveau habituel (si ce n'est plus). Quoi, moi ? L'amoureuse des lettres et de Zola, la dévoreuse de livres en tout genre, l'adepte du roman, l'ayatollah du commentaire de texte (oui j'exagère) je récoltais un malheureux 14 au bac de français ? Je ne vous le cache pas, j'étais dans tous mes états. J'ai cherché une explication (que je n'ai toujours pas trouvée) car je pensais avoir excellé, du moins avoir rendu une très bonne copie qui valait a minima 16.  Imaginez vous donc, récolter la pire note en français de votre jeune vie... au baccalauréat, l'examen qui fait gonfler les notes ! J'étais catastrophée. Peur du regard des autres, des questions, des commentaires narquois du type "Oh je t'ai battue !" (réflexion ô combien mature et pertinente, je vous l'accorde)
Avec le recul je me rends compte qu'il n'y a aucune raison de dramatiser. D'une part c'est une note très honnête et qui ne me pénalise en rien. Mais surtout, ce n'est pas une note ni même deux, ni même une moyenne qui détermine qui je suis. En fait, je ne suis pas mes notes, c'est tout. Je ne vois pas pourquoi ce malheureux résultat devrait remettre en cause 7 années d'excellentes notes en français et d'amour de la lecture. Ce 14 ne doit pas annuler tous les 17, les 18, les 19. Pourquoi tout minimiser pour 4 petites heures de ma vie passées dans une salle ? Les explications à cette note peuvent être multiples. Certes c'est un coup à mon ego, mais grandir c'est aussi accepter l'échec (échec tout relatif on est d'accord, mais je dramatise tout) et avancer. Tout cela pour dire que j'essaye vraiment de relativiser et de passer à autre chose, et je suis convaincue qu'une déception n'arrive jamais au hasard.
 Aaah ça m'a fait du bien d'écrire cet article même si je me demande qui aurait le courage de lire cette mauvaise tragédie en entier. Faites moi signe si vous avez réussi, vous aurez une fraise Tagada, promis ;)

jeudi 9 juillet 2015

Amok, Lettre d'une inconnue, la ruelle au clair de lune de Stefan Zweig

J'ai lu ces trois nouvelles réunies dans une très belle édition dont la couverture est signée par Christian Lacroix. J'ai eu un véritable coup de coeur pour le style de Stefan Zweig et pour son talent pour raconter les histoires.  L'élément commun à ses trois oeuvres c'est sans conteste la passion amoureuse qui pousse les êtres à a folie, leur fait perdre la raison. J'ai beaucoup aimé les trois nouvelles, avec un petite préférence quand même pour la Lettre d'une Inconnue. J'ai donc trouvé la plume de l'auteur absolument magnifique, il a su me plonger immédiatement dans le récit, moi qui n'aime pas du tout les nouvelles d'ordinaire. Les trois histoires sont touchantes chacune à leur manière, on ne peut que compatir devant ces hommes et cette femme poussés dans leurs derniers retranchements par l'amour, aux confins d'eux même.
Il y a une vraie ambiance dans les trois histoires, pourtant le décor sait s'effacer pour mettre toujours au premier plan les sentiments, les émotions, les drames intimes. J'ai trouvé la narration également très originale à chaque fois : un homme qui raconte son histoire à un autre, une lettre... En fait ces récits sont empreints d'une grande modernité, je pense que ce sont des histoires assez universelles qui peuvent parler à chacun.
Je n'ai pas grand chose à dire de plus, je ne souhaite pas entrer dans le détail des trois oeuvres mais sachez qu'elles m'ont toutes parlé chacune à leur manière et particulièrement la fameuse Lettre d'une inconnue qui m'a bouleversée. Stefan Zweig est un auteur que je garde en tête et que je relirai avec plaisir si j'en ai l'occasion.



dimanche 5 juillet 2015

Les Méditations poétiques de Lamartine

J'avoue que cela fait trèèès longtemps que ce recueil est en cours de lecture. Je l'ai enfin terminé aujourd'hui (Nouvelles méditations incluses). Tout cela pourrait laisser penser que je ne l'ai pas apprécié, or il n'en est rien. Je préfère dire que je l'ai savouré...
Au fil de mes discussions avec d'autres lecteurs, je me suis rendu compte qu'on réduisait souvent Lamartine à un romantisme si classique qu'il en deviendrait plat et sans saveur. Je suis loin de partager cette opinion. C'est justement parce que je retrouve l'essence même du romantisme que j'aime Lamartine : l'amour, la mort, le rôle du poète, la finitude par rapport à la Nature, Dieu, la fuite du temps... Des thèmes universels, qui parlent à tous toujours accompagnés d'une grande musicalité et d'une réelle beauté du vers. Non, Lamartine n'a pas écrit que le Lac, loin s'en faut. Moi qui suit une grande amatrice de poésie romantique, j'ai été servie.
Pourtant, ce recueil n'a pas non plus été un immense coup de coeur, je le regrette. Il est vrai qu'au bout d'un moment, on a un peu l'impression de tourner en rond, beaucoup de poèmes se ressemblent. Si j'ai adoré certains poèmes, d'autres ne m'ont pas vraiment touchée. Je reproche à Lamartine de ne pas s'impliquer assez dans ses vers, on a parfois une poésie très appliquée, très musicale, très rythmée mais au final pas toujours touchante et un peu ampoulée. C'est un peu paradoxal, car l'auteur, lyrisme oblige, ne cesse de clamer ses sentiments. Mais je n'ai pas eu cette impression de proximité que j'avais en lisant Victor Hugo, par exemple.
C'est ce qui fait, d'après moi, que j'aime beaucoup Lamartine mais qu'il n'entrera pas au panthéon de mes poètes préférés. J'apprécie sa poésie, elle me touche mais ne me transperce pas, sauf quelques poèmes (Isolement par exemple)
Cependant je ne veux surtout pas laisser à penser que ce recueil est plus une déception qu'autre chose. Ne vous y méprenez pas, il y a plus de positif que de négatif et je suis bien contente d'avoir découvert Lamartine, c'est vraiment un grand poète français. Je continuerai à chérir certains de ses poèmes tout en laissant d'autres de côtés.


vendredi 3 juillet 2015

En route pour l'avenir de Sarah Dessen

Pour me sentir vraiment en vacances, j'ai voulu lire un roman léger, un peu "à l'eau de rose", si vous voyez ce que je veux dire. Mais cela ne veut pas dire que je ne suis pas exigeante avec ce genre de livres : il y en a tellement destinés aux adolescentes qu'on a parfois l'impression que seul le titre et la couverture changent, l'intrigue étant toujours peu ou prou la même.
Trêve de blabla, de quoi parle celui ci ? Auden est une adolescente qui vient de terminer le lycée. Elle a toujours été un peu en marge des autres ados, le nez dans les bouquins, obsédée par l'idée d'intégrer une prestigieuse université, chose qu'elle vient de réussir. Pendant les vacances, elle décide de rendre visite à son père et à sa nouvelle compagne qui viennent d'avoir un bébé. Dans la petite ville de Colby Auden va découvrir la vraie vie, rattraper le temps perdu durant ses années lycée et se départir de ses préjugés. (Et évidemment rencontrer l'amour, oh quelle surprise).
Eh bien, j'ai beaucoup aimé ce livre, c'est une très jolie surprise estivale. Je l'ai dévoré ! Les personnages sont tous très attachants, en particulier Auden. J'ai vraiment pu  me reconnaître en elle, ce qui est très appréciable. Il y a de très jolis moments dans ce livre, j'ai été réellement happée par l'histoire. Je l'ai trouvé très frais, plein d'espoir. Je ne sais pas trop comment expliquer cela mais il y a une vraie atmosphère, un charme particulier dans ce roman. Il y a une réelle évolution, on découvre les personnages en même temps qu'Auden. Ce livre m'a émue, il a su me toucher (non non j'ai pas pleuré quand même). J'ai eu ce sentiment en le fermant d'en vouloir plus, de vouloir continuer a suivre les péripéties des personnages, continuer mon petit bout de chemin avec eux. L'histoire m'a emportée, le petit univers de ce roman est vraiment séduisant, bien construit et crédible. J'ai adoré tous les moments nocturnes, comme hors du temps, ça m'a immédiatement donné envie d'aller me balader sous les étoiles.
Bon, ce livre n'échappe pas à quelques écueils fréquents (inévitables ?) dans le genre. Style un peu maladroit par moment (quoique, j'ai vu pire), scènes clichées, fin un peu attendue (en même temps si ce n'était pas le cas j'aurais été déçue donc...). Le personnage de Maggie n'est pas très réaliste : bombasse, hyper intelligente, rideuse hors pair, hyper sympa : really ?
A part ça, rien à redire, j'ai beaucoup aimé, c'était exactement ce que je cherchais pour ce début de vacances. J'aimerais beaucoup lire d'autres romans de la même auteure.

lundi 29 juin 2015

Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos

Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas envie de raconter la trame de ce roman. Je préfère largement, si vous ne l'avez pas lu, vous laisser la découvrir par vous même. Sachez seulement que cette oeuvre est un roman épistolaire (uniquement composé de lettres) sur fond de libertinage. Voilà, cela vous plante bien le décor.
J'ai réellement adoré ce livre. Et heureusement, car il comporte plus de 500 pages ! Mais je vous promets qu'il vaut la peine d'être lu. Je n'avais jamais lu de roman épistolaire et j'ai beaucoup aimé cette forme de roman, c'est très original. Les personnages se livrent à des jeux de persiflage, il y a sans cesse des sous-entendus, de l'implicite... D'ailleurs, tout est dit dans ce roman à demi-mots, suggéré, tout est très fin. J'avais peur de me lasser de ce long recueil de lettres mais il n'en fut rien, bien au contraire !
Ces lettres sont savoureuses, en particulier celles échangées entre Valmont et Merteuil : le ton est acerbe, la verve est toujours là. J'ai à la fois adoré et détesté ces deux libertins, prêts à tout pour parvenir à leurs fins, n'ayant aucune pitié pour leurs malheureuses victimes. Leurs manigances sont tout simplement géniales, délicieuses, il y a sans cesse des rebondissements. Il y a des scènes vraiment très drôles, racontées avec humour et ironie. La façon dont ils se jouent de la naïveté des autres personnages (Dancecy, Cécile...) est odieuse mais géniale. Ils ne sont jamais à court d'idée pour faire succomber leurs proies respectives. Leur relation est inégalable, un peu à la "je t'aime, moi non plus". Ils oeuvrent de concert mais sont toujours prêts à railler l'autre voire pire (la fin du roman si vous l'avez lu...) !
Cette subtilité dans l'écriture, cette finesse d'esprit pour évoquer les scènes crues m'a vraiment plu, cela m'a changée de toute cette vulgarité qui nous entoure malheureusement...
Que la situation de Mme de Tourvel est tragique, prise au piège de l'amour sans possibilité de retour, sans parler de Cécile... Tous les personnages apportent vraiment quelque chose, toutes les intrigues mêlées sont intéressantes. Je craignais de ne pas aimer ce livre, d'y trouver des hésitations sans fin, des histoires qui tournent en rond... Et comme vous l'avez compris, c'est tout l'inverse.
Il y a eu un seul moment dans le livre où j'ai eu un peu plus de difficulté, où j'ai relevé quelques longueurs mais rien qui puisse gâcher le plaisir de ma lecture.
La fin m'a vraiment surprise, je l'ai beaucoup aimée. Elle est à la hauteur du récit, assez cruelle, et le parachève magnifiquement. Jusqu'à la dernière page je me disais "Mais non, ce n'est pas possible !".
Je vous le conseille bien évidemment et vous encourage à le découvrir si ce n'est pas déjà fait (allez, c'est l'été !)




Image issue du film (que je n'ai d'ailleurs pas vu, vaut-il le coup ?)

dimanche 28 juin 2015

Ouvrir un blog

Lorsque j'ai décidé d'ouvrir ce blog, je ne m'attendais pas à en faire mon métier, à être contactée par des marques, invitée à des événements, je ne m'attendais pas non plus à crouler sous les commentaires au point de manquer de temps pour répondre à tous. Non, rien de tout cela.
Il y a désormais tellement de blogs, l'offre est tellement vaste (et les blogs de lecture n'échappent pas à la règle) que j'étais évidemment consciente de la difficulté de s'imposer.
Tout ce que je voulais, c'était un coin du vaste Internet, un petit bout de la toile dans lequel je pourrais cacher mes songes, mes pensées, mes opinions. Une modeste cabane virtuelle, un peu branlante mais toujours là pour m'abriter. Oh bien sûr, si d'aventure un orage éclatait les gouttes d'eau passeraient certainement entre les branches maladroitement agencées. Mais qu'importe. En somme, je voulais me construire une antre, une tanière pour mes rêves. 
Certains trouveraient peut être angoissant ce silence lancinant sur mon blog, comme sur beaucoup d'autres j'imagine. Oui, je n'ai pas vraiment de commentaires sous mes articles. Je vais vous faire une confidence : ce silence, je le trouve apaisant. Il me plaît de m'adresser toujours au potentiel lecteur qui entrera par mégarde dans mon antre, après s'être aventuré trop loin dans les feuillages. Un jour, il écartera une branche, apercevra la lumière au fond d'une grotte peut être peu accueillante et poussé par sa curiosité, il entrera. Oui, cela me plaît beaucoup d'imaginer cela. C'est pour cela que je ne fais pas de réclame pour mon blog, de publicité, je n'incite personne à venir y faire un tour. Attention, soit dit en passant je ne méprise absolument pas ceux qui le font, loin de là. Mais je trouve ça tellement plus excitant de laisser quelqu'un pénétrer de lui-même dans ce minuscule carré du web. Alors, sans doute que ce blog restera pour toujours inconnu de tous, sans doute qu'il ne passera jamais à la postérité. Je refuse de placer cet espace dans une quelconque compétition, je refuse de le lancer à la conquête de parts de marché, ou que sais-je. Chaque vue, chaque commentaire prend alors un goût délicieux de surprise, de ravissement, le goût d'un met délicieux qu'on avait oublié et qu'on ne s'attendait pas à retrouver de sitôt. Merci d'ailleurs aux quelques personnes qui ont eu de si gentilles paroles à l'égard de cette Antre.
Je continuerai inlassablement à poster des critiques de chaque livre que je terminerai. Parce que cela me fait plaisir, cela m'apporte beaucoup de satisfaction et que c'est un formidable journal de bord à mes yeux. N'est-ce pas là l'important ? Bien sûr que je serais encore plus heureuse si mon blog pouvait rassembler les foules, évidemment que j'aimerais beaucoup recevoir de nombreux commentaires ! Sinon, à quoi bon avoir créé cet espace ? Mais en tout cas ce blog m'apporte de la joie, me donne l'opportunité d'exercer ma passion, à savoir l'écriture. Et ça, ça n'a pas de prix.
Comme toujours, merci à l'internaute égaré (ou consentant !) qui sera parvenu jusque là.
                      JackieDream

jeudi 18 juin 2015

Le Bac

Cela fait si longtemps que je n'ai pas posté autre chose qu'une critique littéraire ici. Il faut dire que le temps me manque : je m'apprête à passer les premières épreuves du baccalauréat. Pour en garder trace, j'ai donc décidé d'exprimer mon ressenti.
Le bac, c'est un peu particulier : lorsqu'on regarde les chiffres, on se dit volontiers "Aujourd'hui, tout le monde a le bac" ! En effet, les taux de réussite sont assez élevés de nos jours : près de 90 % ! Je lisais encore aujourd'hui un article dans lequel Luc Ferry expliquait que "pour ne pas avoir le bac, il faut en faire la demande". On peut être d'accord ou pas, mais on est bien obligé de reconnaître que les taux de réussite sont particulièrement élevés.  Et pourtant, on ne peut s'empêcher de craindre de faire partie des 10 % restants. Je ne me lancerai pas dans un débat sur le niveau du bac, mais je trouve cela plutôt paradoxal : d'un côté on assiste à une forme de déconsidération du Bac, de l'autre cela reste sans nul doute un moment-charnière de la vie des adolescents. Loin de nous rassurer, ces taux élevés engendrent surtout l'angoisse de faire partie de cette minorité qui échoue.
Quoi qu'il en soit cette épreuve reste un passage obligé, une étape vers la vie professionnelle et l'émancipation. A mon sens, le bac apparaît de plus en plus comme un diplôme nécessaire et de moins en moins suffisant. Enfin, il y a bac et bac : un bac avec mention très bien, ça reste très bien, du moins je le crois, et cela récompense un travail sérieux.
En tout cas malgré toutes ces déclarations du type "le bac ça vaut plus rien", force est de constater qu'il reste une grande source de stress et son obtention, fatalement, une grande source de joie. Cela reste une étape majeure dans la vie d'un lycéen. Et puis, au vu du nombre de reportages sur le sujet, on se dit que ce diplôme reste très important en France.
Bref, je suis parfois un peu perdue vis à vis de cet examen : tantôt je me dis "Ca va, ce n'est que le bac, il n'y a pas de raison que tu échoues", tantôt (le plus souvent) : "Meeerde il faut que je révise, c'est quand même le bac !!!"
Pour conclure, je pense que c'est facile de dire que le Baccalauréat ne vaut rien... quand on l'a déjà. Parce que lorsqu'on y confronté (ou en passe d'y être confronté), et bah on fait pas les malins, croyez-moi !
Bon, je vous laisse je dois aller réviser mon Bac.

lundi 15 juin 2015

Petites réflexions autour de la comparaison et du rapport aux autres

Un article écrit il y a bien longtemps, jamais publié. Je n'en suis pas vraiment satisfaite, mais qu'importe.

Progresser à son niveau, avancer dans sa vie c'est très difficile. C'est très difficile car la comparaison est toujours toute proche, comme le fruit défendu et la tentation est grande de s'en saisir. Mais lorsque l'on cède aux sirènes de la comparaison, ce n'est que désillusions et tristesse. Inévitablement, les autres sont meilleurs, ils sont plus beaux, plus forts, plus intelligents que nous. Ils ont l'air plus heureux, plus épanouis. Ils semblent avoir vécu plus de choses et les vivre plus intensément. Ils semblent tout réussir mieux que nous. Les questions qui nous tourmentent et nous obsèdent n'affleurent même pas leur esprit. Ces personnes paraissent plus abouties, plus complètes, plus saines aussi.

Mais à mon sens la comparaison est le plus grand de tous les maux, et particulièrement dans notre époque. Se mesurer aux autres est si facile, avec les réseaux sociaux notamment. Les autres sortent, rient, dansent, expérimentent, s'aiment. Les autres partent en vacances à l'autre bout du monde, les autres ont plus d'amis, sont plus beaux sur leurs photos.

Cependant tout cela n'est qu'un leurre, une chimère. Nous sommes les scénaristes, les metteurs en scène, les acteurs et même les spectateurs de nos propres vies. Personne ne postera une photo de lui avachi sur son canapé, en pyjama, débraillé avec un pot de Nutella à la main. Personne ne se localise en vacances à Besançon chez sa mamie. On tend à oublier cela : on ne montre sur les réseaux, et même dans la vie que ce que l'on a envie de montrer. Les personnes les plus enjouées et souriantes ne sont pas forcément les plus heureuses et cette fille qu'on envie tant est peut être elle même jalouse de nous !

Il faut éviter à tout prix de se comparer, à tout prix. La comparaison c'est la fin, la comparaison ébranle toute certitude, toute confiance en soi. La comparaison sape notre moral aussi sûrement qu'un jour de pluie alors qu'on avait prévu un pique-nique.

Il faut juste savoir se concentrer sur ses envies, ses vraies envies et pas celles que la société nous impose. Et Dieu sait que c'est difficile. Ne pas redouter l'échec car c'est lui qui nous fait avancer, mais ne pas s'enterrer dans l'échec. J'ai coutume de me dire que si quelque chose ne marche pas, passé un certain temps il vaut mieux essayer autre chose. Ne pas perdre du temps et souffrir, végéter dans des situations qui ne nous plaisent pas plutôt que d'affronter le regard des autres. On dit qu'il ne faut jamais abandonner : je ne suis pas d'accord. Il y a des moments où il vaut mieux abandonner plutôt que de s'acharner, s'obstiner. Pour moi, l'acharnement confine parfois à la bêtise. Paradoxalement, il faut aussi du courage pour abandonner et plus encore pour s'abandonner. Il faut être prêt à subir les réflexions des autres, souvent pleines de fiel car eux-mêmes n'auront jamais le courage de lâcher leur vie médiocre.

En tout cas il faut avancer coûte que coûte, même si on rampe, même si ça fait mal, même si on a l'impression que nos jambes ne nous portent plus. Il faut regarder son chemin et pas celui des autres, s'écouter et écouter ceux qui nous connaissent bien. On ne vaut pas moins qu'un autre, personne n'est en droit de nous juger. Même si à l'intérieur de nous on pleure, il faut garder le sourire et rester fort car il n'y a rien de pire que de paraître faible. Personne ne recherche la compagnie des faibles, personne n'a pitié d'eux. Les êtres humains sont comme des papillons de nuit : ils recherchent à tout prix la lumière, quitte à se brûler les ailes. En fréquentant les gens aimés et populaires, ils semblent penser qu'un petit rayon de soleil rejaillira forcément sur eux. Mieux vaut être dans l'ombre du populaire que de se tenir, au vu et au su de tous, aux côtés du mal-aimé.

Enfin, je m'égare, je m'égare. Si quelqu'un lit cela un jour, qu'il le prenne comme une réflexion abstraite, quelque chose que j'aimerai bien être capable de mettre en oeuvre moi même...

dimanche 14 juin 2015

Dom Juan de Molière

C'est devenu une antonomase (oui je suis en pleines révisions du bac de français) : on qualifie de "Dom Juan" celui qui aime courir jupons. En effet, Don Juan, accompagné de son valet Sganarelle ne cesse de séduire les femmes, multipliant belles paroles et promesses de mariages. On peut lui rendre justice d'une chose : il ne fait pas de distinctions de classes, contant fleurette aussi bien à la paysanne qu'à la noble.
Je suis déçue de ma lecture, moi qui affectionne tant Molière d'habitude. La pièce m'a laissée indifférente. Certes, il y a des moments savoureux, très drôles, des réflexions et des tirades très pertinentes. Mais je trouve que le tout manque cruellement de cohérence et de continuité : j'ai eu l'impression d'enchaîner les saynètes, sans grande progression de l'intrigue. En cela la lecture ne m'a pas transportée, chaque péripéties est close très rapidement. Il y a également la présence de merveilleux avec la statue avec la fin, élément que j'ai trouvé sans grand intérêt. Lorsque je n'aime pas vraiment une oeuvre, j'ai tendance à l'oublier très vite et c'est déjà le cas avec celle-ci (je l'ai terminée hier pourtant). Je crains d'être passée à côté, la pièce a suscité en moi divers sentiments sans lien réel entre eux : rire, réflexion... Le mot qui m'est venue à l'esprit en la lisant est"décousue", et cela résume bien mon opinion. Je ne la déteste pas mais elle ne m'a pas provoqué de vrais sentiments et émotions.
Néanmoins Molière garde évidemment sa place au panthéon de mes dramaturges préférés !

vendredi 12 juin 2015

Au Bonheur des Dames de Zola

Quel plaisir de retrouver celui qui est, sans doute, mon auteur français préféré ! Et ce n'est pas encore avec ce tome-ci des Rougon-Macquart qu'il me décevra, bien au contraire.
L'histoire ? Denise Baudu, une provinciale sans le sou débarque dans le capitale avec ses deux frères. Son oncle et sa tante tiennent une boutique, le vieil Elbeuf, qui dépérit de jour en jour face à la concurrence de ce grand magasin qui ne cesse de pousser : le Bonheur des Dames. Bien vite Denise va devenir l'un des rouages de l'énorme machine et faire connaissance avec son ambitieux directeur, Octave Mouret. Elle va assister à la mort du petit commerce, aux faillites successives des boutiques alentours, incapables de tenir tête au grand magasin, à ses produits variés et bon marché.
Comme toujours avec Zola, on est complètement plongés dans le milieu étudié : on voit les étoffes chamarrées, on entend les vendeurs s'interpeller, la foule se presser dans les rayons... Comme Denise, on ne peut s'empêcher d'éprouver fascination et horreur mêlées devant ce rouleau compresseur que rien ne semble arrêter. J'ai retrouvé ce crescendo que j'aime tant chez cet auteur, le magasin qui s'agrandit, les sommes brassées qui sont toujours plus astronomiques, le choix de produits toujours plus grand, la clientèle qui se bouscule. Et parallèlement, les petits commerçants qui font faillites les uns après les autres, mais qui continuent de se battre contre une fin qui semble inéluctable. C'est une vraie plongée à l'intérieur du magasin, de cette mécanique bien huilée pour vendre toujours davantage. Chaque vendeur rêve de "manger" son supérieur, de prendre sa place, les ragots et commérages vont bon train. Avec le développement du Bonheur on assiste également à l'ascension de Denise, elle qui était traitée de tous les noms sera respectée de tous à la fin.
On est à cette époque charnière, celle de l'essor des grands magasins, si bien racontée par Zola. A la grande lutte des classes, des commerçants, se mêle le drame individuel. On a tous les points de vue : celui de la clientèle, de la concurrence, de Mouret lui-même, des vendeurs... La machine est impitoyable, broie les plus faibles, ceux qui ne peuvent faire face à la méchanceté des autres employés.
Et puis il y a Denise, personnage étonnant de droiture, de sincérité, de résilience. Elle subvient seule aux besoins de ses deux frères, ne veut pas d'homme dans sa vie. Elle trime pour grimper les échelons (l'affection du directeur l'y aidera aussi) . Elle refuse de se livrer aux hommes, toujours souriante malgré les ragots qui courent d'un bout à l'autre du magasin sur son compte. J'avoue qu'elle m'a quelque peu agacée quand même vers la fin du livre, ne sachant jamais ce qu'elle veut, je l'ai trouvée un peu niaise. La fin m'a d'ailleurs beaucoup surprise, complètement sentimentale et mièvre. Mais ma foi, un peu de douceur et d'amour ne fait jamais de mal.
Encore un énorme coup de coeur, peut être pas mon Zola préféré (je n'ai pas accroché jusqu'au bout avec le personnage de Denise), mais un excellent roman.

mercredi 20 mai 2015

Les Hauts de Hurlevent

Quelle agréable surprise que cette lecture. Alors que je m'attendais à un style ennuyeux, rébarbatif, laborieux il n'en fut rien. En effet le récit est extrêmement vivant, puisqu'il est la majorité du temps raconté par la domestique Hélène Dean ou par d'autres personnages. On a ainsi vraiment l'impression d'être au coeur de l'action, au coeur des drames traversés par cette étrange mais ô combien fascinante famille. La lecture est donc très plaisante, facile. J'ai aimé le fait qu'on nous raconte cette histoire bien après les évènements, on a vraiment l'impression de remonter le fil du temps. Et puis il y a cette ambiance si particulière, on oublie totalement le décor, le contexte pour se concentrer sur les relations entre les personnages. Dans mon esprit, il n'y avait qu'Hurlevent et la lande. On fait totalement abstraction de tout ce qui n'est pas directement lié à l'histoire des personnages, à leur psychologie. Il n'y a pas de description superflue, de fioritures stylistiques inutiles et parfois ça fait du bien. Attention, je ne dis pas que c'est mal écrit, bien au contraire puisque le style est véritablement au service du récit. Le fait que ce soit raconté par Nelly contribue grandement à cela.
L'atmosphère est vraiment étrange, fantastique, sombre voire malsaine par moments. Cette lande, cette nature sauvage est-elle seulement battue par les vents ? Des fantômes ne trouvant pas le repos ne seraient-ils pas en train d'y errer ?
J'avoue que l'histoire s'étalant sur un grand laps de temps, la généalogie de la famille s'est quelque peu brouillée vers la fin. Qu'importe, j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Le personnage d'Heathcliff est remarquable tant il est détestable, tant son âme est noire. Mais les autres ne sont pas en reste : Joseph qui ne cesse de lire la Bible tout en étant le plus mauvais chrétien qui soit ; le jeune Linton insupportable... Catherine la capricieuse qui rend les hommes fous, elle qui est à l'origine de tous les drames. Ils sont dévorés par leurs passions, destructeurs pour eux mêmes et pour les autres. Malgré cela, on ne peut s'empêcher de compatir aux tourments de cette famille. C'est le cas pour Heathcliff, personnage ambigu, rustre, violent, fou amoureux. On le déteste mais on ne peut oublier qu'il a été cet enfant rejeté des premières pages. On suit les personnages jusqu'à l'âge adulte et jusqu'à la mort, on ne peut que constater les dégâts d'une mauvaise éducation, d'une enfance difficile.
La fin est très jolie, elle conclut en beauté le roman, lueur d'espoir au bout du tunnel.
Bon je vais m'arrêter là, j'ai beaucoup aimé, on ne s'ennuie pas : lisez le !

dimanche 17 mai 2015

Les Contemplations de Victor Hugo

Ce fut long, mais ça en valait la peine ! Je suis enfin venue à bout de ce recueil, de ce pavé de poèmes. J'avoue avoir un peu triché : j'ai sauté certains trèèèès longs poèmes (une dizaine de pages parfois !). En effet je trouve que la saveur d'un poème se délaye avec le nombre de pages, mais surtout ma concentration tend à s'évaporer en cours de route. Ainsi je suis fière de pouvoir dire que j'ai lu presque l'intégralité des Contemplations.
Que dire ? C'est magnifique. A travers ces vers j'ai découvert (rime interne, attention) l'homme qu'étais Hugo, du moins l'homme qui se laisse deviner. Un homme simple, qui ne se lasse d'admirer les merveilles de la nature et de s'incliner devant elles. Un homme qui aimait plus que tout autre chose ses filles, sa famille étant sa richesse la plus précieuse. Un homme chrétien, qui s'incline devant Dieu tout en étant avide de connaître les mystères de ce monde. Pour lui, la plus grande preuve de foi semble être d'offrir un quignon de pain à un nécessiteux, de tendre la main aux plus pauvres.
C'est donc cette simplicité du poète, cette simplicité du vers qui m'a touchée. L'auteur est toujours humble, ne cesse de rappeler la finitude de des êtres humains.
Et il y a bien sûr cette césure ô combien tragique de l'année 1843, année de la mort de sa fille Léopoldine. Dès lors, la douleur du poète transpirera au travers des pages. Le poète se laisse aller à des réflexions existentielles sur la mort, sur Dieu, sur les êtres humains. La seule chose qu'il souhaite de tout son coeur, c'est de déposer "un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur" sur la tombe de l'enfant chérie. Mais il ne le peut pas : exilé sur l'Ile de Jersey, il contemple le monde d'un oeil mélancolique, lui qui a tout perdu.
Stylistiquement parlant je ne vais rien vous apprendre en chantant les louanges de celui qui fit une tempête au fond de l'encrier. Le talent est incontestable, le style est riche mais toujours accessible, jamais prétentieux. On a ici une oeuvre complète, tout l'univers et la vie d'un homme (et Dieu sait que celle d'Hugo fut riche), mais aussi une oeuvre universelle, en mesure de parler à tout un chacun.
Je n'ai pas compris certains poèmes (références Bibliques que je ne connaissais pas) mais je ne m'en inquiète guère : ce sera une occasion de les relire. Tout vient à point à qui sait attendre !
Une oeuvre formidable, que je suis ravie d'avoir lu et que je relirai plus tard avec plaisir. Cependant, dans mon coeur Baudelaire et ses fleurs sont indétrônables...

dimanche 26 avril 2015

Sans un adieu de Harlan Coben

Quel plaisir de retrouver Harlan Coben, que j'avais délaissé depuis quelques temps ! David Baskin est le meilleur joueur de basket de Boston, et même du pays. Il est fraîchement marié à Laura Ayars, sublime top-model reconvertie en femme d'affaires hors pair. Ils sont en lune de miel en Australie lorsque David disparaît sans crier gare après avoir annoncé à sa femme partir se baigner. Très vite, on conclut à une noyade. Mais en est-ce vraiment une ? Sa femme Laura va tenter à tout prix de découvrir la vérité, quitte à soulever de lourds et dangereux secrets de famille.
J'ai beaucoup aimé, mais un peu moins que d'habitude. Mettons d'abord les choses au clair : oui le suspense était présent, oui j'ai dévoré ce bouquin et oui je me suis réellement attachée aux personnages. L'auteur ne cesse de nous lancer sur de fausses pistes, nous en apprend plus pour finalement nous perdre davantage. Bien sûr, on a envie de continuer, de découvrir le fin mot de l'histoire : mais que s'est-il passé cette fameuse année 1960 ? Les personnages semblent tous autant qu'ils sont noyés dans leurs mensonges, entravés par le passé. Sous le vernis des apparences et des faux-semblants, la réalité est bien sombre. J'ai aimé ce côté implacable, un meurtre conduisant à un autre.
Cependant, certaines choses m'ont dérangée. Les dialogues sont plutôt plats, et il a des passages vraiment clichés autour de l'amour, cul-cul et sirupeux à souhait. Il y a des rebondissements qui sont vraiment trop prévisibles et attendus. C'est comme si l'auteur agitait un drapeau pour être sûr qu'on ne passe pas à côté. L'intrigue patine parfois un peu, tardant à révéler des choses qu'on a deviné depuis longtemps.
Enfin, je suis indulgente car c'est le premier roman d'Harlan Coben : normal qu'il soit un peu moins abouti que les autres ! En tout les cas le plaisir de lire et le talent de l'auteur sont toujours là, un vrai moment de détente grâce à ce livre. On est tenu en haleine jusqu'au bout, malgré l'emploi de certaines ficelles un peu usées.

samedi 25 avril 2015

Les voleurs de street art

Ces dernières décennies, les badauds de France et d'ailleurs ont pu constater l'essor de l'art urbain (ou "street art") sur les murs de leurs villes. Les portes, les bâtiments sont devenus des toiles géantes pour les artistes, leur permettant de partager leur univers avec le plus grand nombre et ce sur des supports inédits ce qui stimule leur imagination.

Pourtant on observe récemment le développement d'un phénomène alarmant. Plusieurs artistes urbains se sont plaints de voir leurs oeuvres arrachées, purement et simplement dérobées. L'artiste Christian Guémy alias C215 a ainsi manifesté son agacement et sa colère devant le vol de plusieurs de ses peintures à Vitry sur Seine. Et il est loin d'être le seul : Space Invader a ainsi déclaré être lui aussi victime de ces vols d'un genre nouveau. Plusieurs de ses fameuses mosaïques en forme d'extra-terrestres sont ainsi portées disparues. Si le phénomène prend de plus en plus d'ampleur, il n'est pas nouveau : dans les années 1980 Basquiat et Keith Haring avaient également fait les frais de leur notoriété montante. En effet, si les vols tendent à augmenter c'est avant tout à cause de l'explosion de la côte des artistes urbains, et par la même de la valeur de leurs oeuvres.

Certains refusent toujours de considérer le street art comme une forme d'art à part entière, le considérant comme du simple vandalisme. Ils ajoutent que c'est un art par essence éphémère et ne s'émeuvent pas vraiment de ces vols. Mais la majorité déplore ce pillage et s'inquiète de voir de plus en plus de peintures se volatiliser.

Il faut dire que la situation est compliquée : bien souvent le propriétaire des oeuvres sera le propriétaire du support : la porte, le mur sur lequel l'artiste aura jeté son dévolu. C'est donc au propriétaire du support de porter plainte. Ainsi les artistes cherchent à se prémunir de ces vols, et de la revente de leurs oeuvres. En effet les enchères peuvent grimper très vite : souvent plusieurs centaines de milliers d'euros. L'artiste doit démontrer qu'il est l'auteur de la peinture afin de faire valoir son droit à la propriété intellectuelle et empêcher les reproductions. Parallèlement des systèmes d'authentification, de certification des oeuvres se développent, afin d'éviter la vente de faux et les contrefaçons. Les artistes emploient des colles de plus en plus fortes et tentent de réaliser leurs oeuvres hauts sur les murs, un peu à l'abri des convoitises.
Malgré tout cela, il est fréquent que les artistes retrouvent certaines de leurs oeuvres volées sur Internet, dans des galeries...

C'est l'essence même du street art qui est remise en cause par ces voleurs à la petite semaine qui s'accaparent les peintures afin d'en tirer profit. Le caractère universel, libre, insouciant de l'art urbain est mis à mal, un climat de méfiance s'installe. Ces oeuvres bénéficient à tous, gratuitement, égayent le béton et les barres d'immeubles. C'est l'art qui descend dans la rue, se met au niveau de tous et s'expose aux regards des passants sans rien demander en retour. Peu à peu l'art urbain perd son statut confidentiel, anonyme, clandestin pour devenir un vrai business. Ces vols sont la regrettable mais inévitable conséquence de l'engouement du public et du succès des oeuvres, qui attirent désormais les collectionneurs de tout poil. Tristement, les voleurs voient là l'opportunité d'empocher des sommes rondelettes et de réaliser de jolis profits.

Iphigénie de Jean Racine

Une malédiction pèse sur les Grecs, rassemblés en Aulis afin d'attaquer les Troyens. L'absence de vents favorables les empêche d'envoyer leur flotte. L'oracle Calchas est consulté : le sang d'Iphigénie, fille d'Agamemnon, doit couler sur l'autel pour que les dieux leurs envoient les vents tant espérés. La jeune fille est promise à Achille, elle est heureuse et pure... Le roi ne sait que faire : privilégier son intérêt personnel ou celui de son peuple ?
C'est la troisième pièce de Racine que je découvre, après Phèdre et Andromaque. Celle-ci m'a encore beaucoup plu. Le roi Agamemnon est face à un dilemme déchirant : faut-il sacrifier sa fille qu'il aime de tout coeur ? Ici, le suspense a pour moi été véritablement présent puisque je n'avais aucune idée de la fin. Ainsi j'ai pu tremblé pour la vie de la jeune fille, jusqu'au bout. Le roi est confronté à ses deux rôles antagonistes : l'exercice du pouvoir et son statut de père, et un choix impossible.
L'amour entre Iphigénie et Achille est fort, beau, puissant. Achille se bat pour sa belle, envers et contre tous, tout comme la reine qui refuse de la laisser mourir.
J'ai retrouvé avec plaisir l'épure racinienne, la beauté des vers que j'ai déjà louée dans mes deux précédentes critiques. Là encore j'ai véritablement été transportée par la pièce, qui vise juste et se révèle redoutablement efficace. Rien n'est manichéen, tout est subtil. Le père ne cesse de se raviser, de changer d'avis. Il est réellement torturé. Le personnage d'Eriphile est magnifique également, femme jalouse, prête à tout pour parvenir à ses fins, une femme que l'on prend finalement en pitié. Et que dire de l'héroïne : encore un sublime personnage féminin, courageuse, elle qui a pourtant la vie devant elle.
Tous les éléments sont là : des personnages royaux face à leur destin, la passion, la jalousie, la trahison...
Décidément j'aime de plus en plus l'oeuvre de Racine. Ici, c'est une tragédie qui se termine bien puisque Racine arrive à sauver Iphigénie par une pirouette. Mais ce n'est pas plus mal je trouve, on évite ainsi le côté caricatural que la tragédie peut parfois avoir.




vendredi 24 avril 2015

Le Mariage de Figaro de Beaumarchais

Je vous épargne et surtout je m'épargne le résumé de cette pièce. Entrons tout de suite dans le vif du sujet, c'est à dire mon opinion. J'ai un ressenti assez étrange par rapport à cette pièce, j'ai même un peu de mal à dire si je l'ai vraiment appréciée ou pas. Il faut dire aussi que je ne l'ai pas vraiment lue dans de bonnes conditions : le plus souvent dans des moments où je n'étais que peu concentrée, où il y avait du bruit... Ainsi je suis passée à côté de certains rebondissements, je n'ai pas toujours très bien compris l'intrigue, obligée même d'aller regarder des résumés actes par actes sur Internet. J'ai ainsi découvert que je n'avais pas du tout compris certaines choses, à ma grande honte...

Ainsi j'ai eu du mal à vraiment être absorbée par l'oeuvre, je ne m'attachais pas trop aux personnages, la lecture fut quelque peu laborieuse. J'avais toujours un train de retard, je ne voyais pas certains sous-entendus. Je ne lisais que peu de pages à la suite, j'avais tendance à être distraite.

Pourtant la pièce n'est pas sans regorger d'atouts. Elle est très bien pensée, bien écrite aussi. Les rebondissements sont effectivement nombreux, imprévisibles, il y a une vraie théâtralité, toutes les formes de comiques sont présentes. Le valet Figaro va rivaliser d'ingéniosité pour contrecarrer les plans de son maître, qui courtise sa fiancée Suzanne. Il y a de très nombreux personnages, hauts en couleurs. Cela a contribué à me perdre un peu... Il y a de véritables morceaux de bravoure, des monologues flamboyants, des scènes où on a pas le temps de respirer. J'ai aimé cette insouciance des personnages qui défient leur maître, la Comtesse est elle aussi très comique, de même que Chérubin : en fait ils sont tous comiques. Les personnages sont vivants, intrépides, amoureux. Ils sont prêts à tout pour parvenir à leurs fins mais toujours dans le rire et la bonne humeur. C'est donc une vraie bonne comédie, à l'intrigue travaillée, au fort potentiel comique. L'auteur n'a pas peur de faire monter énormément de personnages à la fois sur scène. On se cache, on se déguise à tout va.

En un mot tous les éléments étaient réunis pour un véritable coup de coeur. C'est en cela que mon ressenti est étrange : au final j'ai eu du mal à en venir à bout, à être complètement dedans, à suivre les personnages dans leurs péripéties. Je n'en tiens absolument pas rigueur à l'oeuvre, peut-être n'était-ce pas le bon moment pour la lire. Ou peut-être y avait-il un peu trop de tout pour moi... En tout cas mon impression reste positive, et je n'ai pas grand chose à reprocher au mariage de Figaro. Parfois, la magie n'opère juste pas.