dimanche 16 août 2015

Les Revenants - Laura Kasischke

Nicole, étudiante brillante, est morte durant  un accident de voiture. Son petit ami Craig, qui conduisait, est très vite traité d'assassin. Cependant une dénommée Shelly conteste la version des journaux et des autorités, disant avoir été la première sur les lieux de l'accident. Peu après le drame certains étudiants disent apercevoir Nicole, et on s'aperçoit que l'histoire est loin d'être aussi simple.. 
J'ai trouvé que le fait d'alterner les périodes temporelles (avant/après l'accident) était une très bonne idée, originale. Le roman a très vite su me captiver, j'ai rapidement eu envie de connaître le fin mot de l'histoire. D'ailleurs, malgré son épaisseur, je l'ai lu très rapidement. 
Malheureusement j'ai été très déçue. Le livre tourne beaucoup en rond, on n'avance pas. A la fin je me suis dit "Tout ça pour ça ?" En effet le roman compte tout de même plus de 600 pages ! Je n'ai pas eu le vrai dénouement que j'escomptais, je suis restée avec mes questions. La fin ne m'a donc pas plu du tout, elle est facile et ne résout pas grand chose. On n'a pas de réelle progression de l'intrigue, l'auteure ne distille pas les indices un à un, on reste ainsi un long moment sans avoir l'impression d'en savoir plus. 
A mon sens il aurait fallu condenser, faire beaucoup plus court que cela. Pourtant, ce roman me semblait très prometteur : j'aimais les personnages, la narration choisie, l'atmosphère un peu incertaine, le choix des sororités... L'essai n'a pas été transformé, je le crains. Dommage car je pense que l'auteure pouvait faire beaucoup mieux avec ce sujet.


jeudi 13 août 2015

Le Ventre de Paris - Emile Zola

Reprise des programmes habituels aujourd'hui... Et quoi de mieux pour cela qu'un livre de mon auteur français préféré, Emile Zola, presque un an jour pour jour après avoir lu mon premier roman de cet écrivain ? Voici déjà mon cinquième Zola. Bon, une critique dithyrambique d'un Zola ça commence à être banal non ?
L'auteur français nous emmène cette fois-ci du côté des Halles de Paris, leurs étals, la profusion de denrées... Un ancien bagnard est de retour chez son frère qui tient, avec sa femme surnommée "la belle Lisa", une charcuterie. Les tensions ne vont pas tarder à se multiplier dans la famille et même au sein des Halles, où Florent (l'ancien bagnard) est chargé de surveiller la poissonnerie.
Tout d'abord, merci beaucoup à l'éditeur de mon roman de m'avoir dévoilé la fin du livre dès la quatrième de couverture, c'est top, bravo les gars (clap clap clap). Quoi qu'il en soit cela ne m'a pas gâché le plaisir de la lecture, loin s'en faut. Je me répète mais Zola a ce don de me plonger immédiatement dans l'univers choisi, de me faire croire à tout. Je ne vais pas repartir sur le chapitre de son style incroyablement vivant, mais il faut quand même le mentionner. Le meilleur chez Emile, c'est l'humain. Il développe une galerie de personnages incroyablement vrais, tout à la fois méprisables et pathétiques, tellement complexes et profonds. Rien que Florent : ce n'est pas un mauvais bougre, plutôt un jeune homme naïf et idéaliste pourtant il peut s'avérer très agaçant et complètement déconnecté des réalités.
Les querelles entre Lisa et la Normande sont épiques, grandioses. Tous ces personnages sont fascinants chacun à leur manière, y compris la Saget, la Lecoeur, la Sariette, incroyablement cupides et détestables, affreuses commères. Il y a également ces gamins des rues : la Cadine, Muche... Faire la rencontre du personnage de Claude, que j'avais beaucoup aimé dans l'Oeuvre, fut aussi très intéressant.
Enfin il y a ces descriptions grandioses, si vivantes et colorées des Halles. Les mers de légumes, les odeurs en tout genre... quel talent de l'écrivain, qui nous transporte immédiatement au milieu des fromages, des poissons, des légumes...
Une fois de plus l'histoire m'a tenue en haleine de bout en bout, je n'ai aucun point négatif à souligner. De plus les romans de Zola sont toujours des témoignages très intéressants des moeurs de son époque. Je ne suis pas prête d'arrêter de lire cet auteur, vous pouvez me croire !

lundi 10 août 2015

Réparer une jeunesse

Dernier épisode de ma série de lectures estivales. Deux auteurs français cette fois, et deux ressentis très différents.

Je commence par celui que j'ai moins aimé, à savoir Une jeunesse de Patrick Modiano.  Retour en arrière sur la jeunesse parisienne de deux personnages un peu en marge, Louis et Odile. J'ai bien aimé l'atmosphère générale, l'idée de départ, Paris comme décor à l'éclosion de la jeunesse. Malheureusement presque tout du long j'ai eu l'impression d'être à l'extérieur du récit et plus encore, que l'auteur m'y plaçait à dessein, me tenait écartée de ces deux personnages que j'avais tant envie de connaître mieux. Il n'y a pas de sentiments dans ce livre là, tout est flou, vague. L'auteur ne nous donne rien auquel nous raccrocher, semblant considérer que son style saura rendre tout ce mystère pénétrant. J'avais vraiment envie de plus d'émotions, plus de matière, de vivant. J'ai trouvé l'oeuvre un peu fade du coup, un peu facile aussi. Une chose est sûre je ne garderai pas un souvenir impérissable de cette Jeunesse. Je suis très déçue, moi qui avais tant entendu parler de Modiano. Il faudra que je retente avec une autre oeuvre, en tout cas pour celle-ci je passe mon tour.



Sans transition, Réparer les vivants de Maylis de Kerangal.  Je vais essayer de ne pas trop m'épancher, mais mon dieu que j'ai aimé ce livre. Un jeune homme vient de mourir, le processus du don d'organes s'enclenche. Par où commencer ? Déjà, le thème est très délicat mais extrêmement bien traité, avec beaucoup de pudeur et de talent, surtout. Le sujet est original aussi et particulièrement intéressant. Le style est sublime, c'est un flot, un torrent de mots qui nous emporte, tantôt nous berce, tantôt nous bouleverse. Des longues phrases rythmées, un style vraiment propre à l'auteure. Il n'y a jamais de pathos ou de voyeurisme mais toujours beaucoup de sentiments dans ce livre. Les personnages ne sont pas simplement des rôles (chirurgien, infirmière, petite amie...) mais bien des personnes, des êtres humains à part entière. On a une plongée dans la vie de chacun d'entre eux, une galerie d'existences en 24 heures chrono. Je n'ai pas pu refermer ce livre, je l'ai lu presque d'une traite et il m'a énormément émue. C'est le genre d'oeuvre qui nous habite bien après l'avoir refermée, et qui fait réfléchir. Une fois fini, je l'ai conseillé à tout le monde, et je vous le conseille à vous tous qui me lisez car je pense qu'il peut véritablement plaire à tout le monde. Tout est crédible, vrai, sincère, beau. Détresse de la mort, joie d'une nouvelle vie qui s'ouvre, c'est un cycle, une valse des émotions.  Rien à redire, vraiment. Vite, lire un autre Maylis de Kerengal !

dimanche 9 août 2015

Des classiques de la contre-utopie

Comme l'indique le titre je vais vous parler de deux romans incontournables de la dystopie, que dis-je, des pierres angulaires !

Tout d'abord, La Ferme des animaux d'Orwell. L'intrigue se déroule dans une ferme anglaise. Un beau jour, les animaux de la ferme se révoltent et chassent le propriétaire. Très vite les cochons édictent des règles de vie, mettent chacun à la tâche et promettent que jamais plus les animaux ne retomberont sous la coupe humaine. Malheureusement cette vie apparemment idyllique ne va durer, et les animaux comprendront qu'au final rien n'a vraiment changé...
Après 1984 c'est le second Orwell que je lis. J'ai encore une fois adoré ce court roman que je crois avoir lu en peu ou prou un jour. Le style, l'histoire... je ne pouvais plus le lâcher. Tout est si bien mené, si efficace. La fin est vraiment cruelle, et tout le roman est cynique et ironique au possible, le ton est vraiment mordant. Cette oeuvre est parfaite de bout en bout. D'une apparente simplicité, sous des aspects de conte, l'auteur dit tout et fait tout comprendre. La triste morale semble être que l'égalité et la justice ne sont qu'utopie... Que puis-je lire désormais d'Orwell ? Si vous lisez ceci, conseillez moi car il est vrai qu'on entend souvent parler que de La Ferme et de 1984.



Un autre monument de la contre-utopie, j'ai nommé le Meilleur des Mondes d'Aldous Huxley. Cette fois-ci nous sommes dans une société où tout est quadrillé, conditionné. Les individus sont fabriqués par groupes dans des laboratoires et subissent un lavage de cerveau en règle dès leur plus jeune âge selon leur rang. En effet il y a différentes castes dans ce monde, des Alphas aux Epsilons. Les moeurs sont bien différentes de celles de notre époque puisque sont considérés comme vertueux et normaux sont qui multiplient les partenaires sexuels. Leur Dieu s'appelle Ford et est délivré à chacun à intervalles réguliers une quantité d'une drogue nommée soma, leur permettant de s'endormir et de se relaxer. Bref, un monde aseptisé, sans sentiments amoureux, où les individus sont sagement sous contrôle, le gouvernement leur délivrant la juste dose d'adrénaline pour éviter toute révolte. Forcément lorsqu'un jeune indien qui vivait jusque là dans une réserve pénètre dans cette société, il y a choc des cultures...
Exactement comme ci-dessus, j'ai adoré et dévoré ce roman. L'univers bâti par l'imagination de l'auteur m'a époustouflée. Encore un livre saisissant de clairvoyance et qui fait réfléchir, à coup sûr. Cette société paraît si stable, chaque individu conditionné pour être heureux quelque soit son rang, sans se poser de question. Mais surtout ce monde est très inquiétant justement à cause du réalisme insufflé par Orwell. Il y a des moments presque comiques car les individus sont rebutés par tout ce qui nous semble normal et inversement. Le personnage de Marx est très intéressant, à la fois touchant par son décalage et absolument méprisable. La fin est très bien également, juste quelques longueurs à signaler lorsque le Sauvage dialogue avec l'administrateur malgré la très intéressante confrontation des points de vue. A lire absolument !



samedi 8 août 2015

Lord Friedrich Marx

Retour de vacances qui ont été particulièrement riches en lecture avec de magnifiques découvertes. J'ai décidé de grouper mes critiques plutôt que de les faire une par une, je vais essayer d'être concise. Je précise que les livres n'auront pas forcément de lien entre eux, et aujourd'hui en est une magnifique illustration. Je crois qu'on ne peut pas faire plus opposé, mais ce sont toutefois des hommes qui ont marqué leur temps chacun à leur manière dont je vous parle là. A ma droite Karl Marx et Engels, à ma gauche Lord Byron (ou le contraire ?)

J'ai en effet lu le fameux Manifeste du parti communiste. Je ne vais pas faire de "critique" à proprement parler, le livre ne s'y prête pas. Juste souligner que quelques soient nos convictions il est important de lire ce texte fondateur, au moins pour en parler en connaissance de cause et ne pas raconter trop d'inepties dessus. Pour ma part ce fut très instructif, j'ai quand même dû m'accrocher à certains moments mais je tenais vraiment à le lire en entier. J'ai pu mieux saisir l'idéologie marxisme et me pencher un peu plus sur le socialisme allemand.

Place à Lord Byron et ses Poèmes. Un romantique ce Byron, sans nul doute, et Dieu sait que j'aime ça. Toutefois j'ai parfois eu du mal à saisir le sens des vers notamment à cause de ces négations, ces "ne" qui se glissent un peu partout. Une lecture inégale donc, puisque si certains poèmes m'ont échappé ce ne fut pas le cas de tous. En effet il y a eu des poèmes, des strophes voire des vers de véritable fulgurance où l'auteur a su me toucher en plein coeur, le texte faisant réellement écho en moi. Je me replongerai avec plaisir dans ces poèmes aux thèmes caractéristiques du romantisme : amour, nature, mélancolie, mort, inspiration poétique... Avec l'espoir de comprendre encore mieux ces vers que je devine encore plus sublimes que ce que j'ai pu en saisir. Bon point à mon édition où le texte en anglais fait face à celui en français. Que j'aimerais un jour pouvoir lire ces poèmes dans leur langue d'origine hélas mon niveau d'anglais fait que je dois me contenter du français !