lundi 30 novembre 2015

Millénium tome 2 - Stieg Larsson

J'avais prévenu, j'avais très hâte de continuer la trilogie après le premier tome qui m'avait tant plus...
C'est maintenant chose faite !
Nous sommes ici immergés dans les eaux troubles du trafic de femmes et de la prostitution. Comme d'habitude Mikael Blomkvist sera de la partie. Sauf que cette fois-ci, Lisbeth a de sérieux ennuis : elle est accusée d'un triple meurtre et demeure introuvable.
Tous les ingrédients qui faisaient le charme du premier sont là, et c'est encore mieux. J'ai tout simplement adoré. Encore plus sombre, la fin encore plus en apothéose... Le fait que Lisbeth soit absente de toute une partie du récit crée une vraie tension, un vrai manque : tous comme les personnages on s'inquiète profondément pour elle. Les révélations finales sont tonitruantes... Il n'y a pas de longueurs dans ce livre, on ne s'ennuie jamais. Ce tome est vraiment centré sur Lisbeth, sur son passé si douloureux et noir. Ce personnage est décidément à part : tellement attachant, tellement particulier... Je l'adore. Si forte et si fragile à la fois, elle s'est construite toute seule. C'est une héroïne unique, qui n'a pas besoin des hommes, ni des autres en général, pour vivre.  J'ai trouvé très touchante la relation à distance entre Mikael et Lisbeth, également.
On sent ici qu'on a passé un cran dans la terreur : les "méchants" font vraiment peur, la tension est palpable, le rythme effréné ! Ce livre a répondu totalement à mes attentes : enfin en connaître un peu plus sur Lisbeth. Je suis impatiente de découvrir la suite, une fois de plus...

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dimanche 22 novembre 2015

Ca ira

D'accord, peut être que ça va pas. Je ne vais pas toujours bien. Peut être même que je ne vais jamais complètement bien. Toujours cette impression de suffoquer, ce poids dans mon estomac, ce noeud dans ma gorge.  Cette main géante et invisible qui me plaque à terre chaque fois que je commence à relever la tête, qui me maintient sous l'eau lorsque je commence à remonter à la surface. Donc, oui rien ne va vraiment complètement. Je suis lasse de transporter cette souffrance en moi, je suis lasse de la cacher alors que ma seule envie c'est que tout le monde la voie. Fatiguée de refouler mes larmes, fatiguée de faire comme si tout allait bien.
Mais putain je suis en colère contre moi-même de ne pouvoir écrire que ces textes si tristes. Parce que j'ai tellement de chance, et j'en suis consciente. Je suis en bonne santé, je ne manque de rien, j'ai des amis, j'ai accès à l'éducation et je réussis plutôt bien au lycée. Tous mes besoins matériels sont comblés, je ris plusieurs fois par jour, parfois jusqu'aux larmes. Je vis dans une bulle privilégiée, à l'écart des horreurs du monde. La vie est un boulevard devant moi, j'ai tant d'opportunités à saisir... J'ai voyagé, je pars en vacances. Je n'ai pas à faire des kilomètre à pied sur des chemins terreux pour me rendre à l'école. Je ne me lève pas avec la peur de n'être plus là le soir venu. Mes problèmes sont bien dérisoires, presque risibles. Je me sens encore plus mal d'être malheureuse, alors que j'ai si peu de raisons de l'être. Car oui, la vie elle est belle, pour moi du moins. Tellement de belles petites choses qui égaient chaque journée. Tant de positif, de sourires, d'amour dans mon existence. Je me dois d'être forte, d'être heureuse pour tous ceux qui ne le peuvent plus. Je n'ai pas le droit de gâcher les chances qu'une bonne fée a mis de mon côté. Putain, tu le vois pas mais le soleil brille dehors. Regarde. Lève le nez de ton petit cocon égoïste, écoute le chant des oiseaux et le bruit du vent. Voilà. C'est ça. Tu comprends maintenant ? Le monde est à toi. Trace ta route, ne te retourne pas. Ne les laisse pas te dire qui tu es, ne les laisse pas croire que tu ne vaux rien.

mercredi 11 novembre 2015

Le liseur du 06 h 27 - Jean-Paul Didierlaurent

Je l'avoue, ce qui m'a le plus étonnée lorsque j'ai découvert ce livre c'est avant tout le fait que le nom de son auteur contienne quatre prénoms ! Outre ce détail incroyable, je n'avais entendu que du positif au sujet de cet ouvrage, j'avais donc hâte de le découvrir.
Le héros de ce roman s'appelle Guylain Vignolles, nom qui lui attire de nombreux quolibets (comme l'auteur ?). Il mène une vie bien réglée. Chaque matin il prend le RER pour aller travailler dans une usine de recyclage de livre. Il croise chaque jour les mêmes visages : le chefaillon autoritaire, le collègue lèche-bottes, son ami Yvon épris d'alexandrins... Guylain vit seul avec son poisson rouge. Seule folie dans son quotidien, la lecture à voix haute de quelques passages de livres lorsqu'il se trouve à bord du RER. Cette curieuse habitude va apporter un peu de couleur et de joie dans son existence en lui permettant de rencontrer de nouvelles personnes.
J'ai vraiment apprécié ce court livre. Je l'ai trouvé très simple, dans le bon sens du terme. On entre tout de suite dans l'histoire, le style est agréable, très plaisant à lire. Les personnages sont très attachants car ils sont normaux ascendant médiocre. A commencer par Guylain : quoi de pire que de travailler à côté d'une machine qui broie les livres lorsqu'on est un amoureux des mots ? L'histoire est très tendre, elle donne de l'espoir. On voit qu'une petite chose, un détail innocent peut faire basculer la vie de n'importe qui.
Avec l'air de ne pas y toucher ce livre est une ode à l'écriture et à la lecture, qui peut changer une vie.
Je l'ai beaucoup apprécié, j'ai vraiment aimé le ton employé... Les personnages et les situations sont décalées, souvent drôles et sonnent toujours juste.
Je le recommande.

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dimanche 8 novembre 2015

Electre - Jean Giraudoux

Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu de pièce de théâtre. Celle-ci m'intriguait énormément car j'aime beaucoup les réécritures du XXème des pièces antiques.
J'ai vraiment adoré cette oeuvre. L'auteur a su préserver toute la magie, la profondeur et la gravité du mythe tout en le rendant très moderne et original. J'ai aimé l'absurdité de certains dialogues, les petites touches d'humour tout en légèreté. On est vraiment pris dans l'histoire, les pages se tournent d'elles-mêmes. J'ai parfois un peu de mal à accrocher aux pièces de théâtre : j'oublie les relations entre les différents personnages... Là il n'en a rien été, j'ai été irrémédiablement plongée dans la tragédie.
Le personnage d'Electre est très particulier, elle m'a fait penser à Antigone. Elle refuse le petit bonheur facile, les compromissions. Electre c'est la pureté, l'entièreté de l'être. Elle est prête à mettre en péril la cité, à accabler sa propre mère pour que la vérité éclate et que la mémoire de son père soit réhabilitée. Elle défend bec et ongles un père qu'elle a si peu connu. Il y a énormément de ressentiment et de haine dans cette famille des Atrides. La pièce est un crescendo qui finit en apothéose. Il y a aussi cette mère détestable mais qui cache sa vérité à elle depuis si longtemps...
Les personnages s'attachent quelques fois à de petits détails qui semblent sans importance, comme la barbe d'Agamemnon pour Clytemnestre. Cela illustre le caractère très fin et subtil de cette tragédie.
Certains personnages apportent vraiment un plus à l'histoire, un côté décalé et plus métaphysique qui m'a bien plus : le Mendiant, les Petites Euménides... Ils offrent à la pièce une perspective plus large, un aspect un peu absurde, voire comique.
Je ne peux que vous conseiller cette oeuvre qui est un véritable coup de coeur pour moi. Je pense que c'est l'une des meilleures réécritures qu'il m'ait été donné de lire (avec Antigone, bien évidemment)
Je vais sans doute me pencher plus avant sur les réécritures du XXème car ce sont des pièces qui me plaisent énormément. Auriez vous des recommandations ?

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samedi 7 novembre 2015

Le cheminot - Jirô Asada

Je ne vais pas vous faire un résumé de l'histoire car je sens que cela serait compliqué (j'ai un peu de mal avec les noms japonais). Ce livre comporte en fait deux nouvelles : "le cheminot" et une "Lettre d'amour".
Les rares fois où j'ai eu l'occasion de découvrir des romans japonais j'ai ressenti la même impression. Il y a une forme de pudeur, de retenu dans l'écriture qui peut paraître un peu déroutante (pour moi en tout cas). Dans ce roman j'avais quelques fois le sentiment que les dialogues ne sonnaient pas très juste, qu'ils étaient un peu ampoulés et trop guindés pour être naturels. Peut être est-ce réellement comme cela que les japonais parlent, peut être la traduction rend t-elle le tout un peu"bizarre". En tout cas je trouve que la littérature japonaise (du peu que j'en ai lu, je le répète) est totalement différente de tout ce qu'on pu lire habituellement. Les deux histoires sont très touchantes chacune à leur manière, elles transmettent parfaitement la solitude de l'être humain. La manière d'aborder la mort, le vide, le quotidien est très délicate et très fine tout en restant émouvante. Il n'y a rien de superflu dans cette oeuvre, c'est ce que j'ai préféré. Je l'ai lue très vite, on s'imprègne des mots. En peu de phrases on est tout de suite plongé dans l'ambiance (une ambiance froide et hivernale pour "le cheminot"), nul besoin de longues descriptions. Les personnages sont très dignes dans leur mal-être, ce que j'ai beaucoup aimé. Ils font face aux difficultés de la vie avec courage.
J'ai réellement aimé ce court livre, bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection. J'aime sortir de ma zone de confort pour découvrir de nouvelles choses, des choses différentes.

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dimanche 1 novembre 2015

La Curée - Emile Zola

Encore un autre Zola, quand on aime on ne compte pas. C'est donc du second tome des Rougon-Macquart dont je vais vous parler aujourd'hui. Nous sommes dans le Paris du Second Empire, celui des grands travaux haussmanniens et des grands bouleversements. Des spéculateurs malhonnêtes érigent d'immenses fortunes grâce à la démolition des anciens logements. Les toilettes des femmes sont toujours plus élaborées, les fêtes toujours plus grandioses, et l'adultère plus que jamais présent.
Aristide Saccard arrive à Paris avec sa femme Angèle. L'homme rêve de fortune rapide et d'ascension fulgurante, il est aidé par son frère Eugène Rougon qui occupe un haut poste d'Etat aux côtés de l'Empereur. A la mort d'Angèle, Mme Sidonie qui est la soeur de Saccard, lui fait aussitôt conclure un nouveau mariage. Une jeune femme du nom de Renée a été violée et est désormais enceinte, et Saccard accepte de l'épouser et donc de se faire passer pour le père de l'enfant (qui ne verra pas le jour). Renée est fortunée, elle et son mari vont rapidement mener grand train chacun de leur côté. Lorsque le fils d'Angèle et d'Aristide, Maxime, arrive de province une relation fusionnelle va se nouer entre le garçon de 13 ans et Renée. 
Toujours la même rengaine mais que voulez-vous, j'ai adoré ce roman ! J'y ai trouvé une critique violente de cette époque et de ces grandes fortunes qui naissent en même temps que les grands boulevards. Le ton est particulièrement cynique et acerbe. Certaines descriptions ont comme à l'habitude retenu mon attention : celles des premières et des dernières pages, notamment. On découvre un monde impitoyable, où les relations servent les intérêts particuliers. Tout au long du roman on assiste à l'inexorable décadence de Renée et à sa fin. J'ai pensé à ces quelques vers de Baudelaire, mon poète préféré : "II en est un plus laid, plus méchant, plus immonde!Il ferait volontiers de la terre un débris
Et dans un bâillement avalerait le monde;
C'est l'Ennui!" 
Quoiqu'il ne pousse ni grands gestes ni grands cris"
En effet c'est l'Ennui qui pousse Renée toujours plus loin dans le vice. Quel couple effroyable tout de même, qui ne se parle que d'argent. Aristide Saccard est détestable, accumulant les magouilles financières, vendant, achetant dans sa folie d'or. Son imagination est débordante pour extorquer de l'argent à l'Etat. Il n'y a pas un personnage pour rattraper l'autre, Maxime qui utilise sa belle-mère par ennui là encore, sans jamais s'attacher à elle... C'est un petit parvenu qui dilapide l'argent de ses parents avec les femmes. L'affreuse Mme Sidonie qui se complaît dans les malheurs des autres et qui en fait son beurre, les spéculateurs véreux... Le seul personnage réellement bon, Angèle, meurt dès le début. Dès lors ce n'est que frénésie, débauche, vénalité la plus extrême.
Encore un très très bon roman, bien évidemment je vais continuer ma petite route parmi les tomes de ce fabuleux cycle. 

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