mercredi 30 décembre 2015

Autobiographie - Johnny Cash

Il faut savoir (ou pas d'ailleurs, mais je vous le dis) que Johnny Cash est littéralement un des chanteurs que j'aime le plus au monde. Sa vie me fascine, ses chansons aussi, son amour avec June Carter... Tout. J'admire tout simplement cet homme. Je me devais donc de lire son autobiographie !

Cette lecture fut pour moi assez inégale. Dans l'ensemble j'ai vraiment aimé. J'ai adoré certains passages où Cash nous raconte, avec simplicité et honnêteté, ses déboires avec la drogue, son rapport avec la religion, ses mésententes avec ses producteurs... Le chanteur se dévoile réellement, sans une once de prétention et sans jamais oublier ses racines. J'aime beaucoup les valeurs qu'il transmet, celles de liens affectifs forts avec ses amis, sa famille et sa femme. C'est là pour lui l'essentiel.

Cependant certains autres passages sont vraiment longs et assez descriptifs. Il nous parle souvent pendant plusieurs pages de personnes dont on ne sait rien (ou dont je ne savais rien, en tout cas). Par exemple, il va nommer tous les différents musiciens qui ont joué avec lui, ou alors s'attarder sur chacun des membres de sa famille. On sent chez lui une vraie envie de rendre hommage à ces personnes qui l'ont porté tout au long de sa vie, et c'est bien louable. Cependant,pour moi qui ai une connaissance assez superficielle de la musique c'est parfois un peu pénible de lire pendant des pages et des pages pourquoi X ou Y était un guitariste formidable. Mais j'imagine que pour les connaisseurs, cela peut être très intéressant.

Malgré tout, je ne regrette absolument pas ma lecture qui m'a permis de mieux comprendre et connaître cet immense chanteur qu'est Johnny Cash.

Afficher l'image d'origine

lundi 21 décembre 2015

A ce stade de la nuit - Maylis de Kerangal

Mon second ouvrage de cette auteure, après Réparer les vivants qui avait été une énorme claque. Ici c'est une très courte oeuvre, pas vraiment facile à décrire... Le 3 octobre 2013, plusieurs centaines de migrants trouvent la mort dans un naufrage, près des côtes de Lampedusa.  Mais cette tragédie n'est qu'un prétexte. Les pensées de la narratrice défilent sans but précis, au gré des images et des souvenirs.
Je suis toujours aussi fan de du style de l'écrivaine : ce flot qui nous emporte irrémédiablement, ces longues phrases, les mots qui s'entrechoquent... Pas de souci, j'adore. Cependant je me suis sentie un peu à l'écart des divagations de l'auteure. De nombreuses références cinématographiques, ou autres, que je ne connaissais pas... Un peu de mal à suivre le récit, parfois, un peu de mal à ne pas perdre le fil. Je n'aime pas trop quand les livres me font me sentir bête ;) A mon grand regret, j'ai trouvé l'exercice un peu prétentieux, bien que cela me fasse mal de dire ça !
De très jolis moments cependant, portés par la plume de Maylis de Kerangal, des moments de fulgurance et d'intensité poétique. Mais je reste un peu déçue, même si je compte bien découvrir un autre ouvrage de l'auteure. Des conseils ?


Afficher l'image d'origine

samedi 19 décembre 2015

Si je meurs au combat - Tim O'Brien

J'avais hâte de pouvoir lire une autre oeuvre sur la guerre du Vietnam, période historique qui me fascine à tous points de vue.
 C'est donc l'histoire d'un homme comme des milliers d'autres : il veut s'engager au nom de son pays mais ne comprend pas vraiment les enjeux de cette guerre dans la jungle, si loin. Il doute, a peur surtout et envisage la désertion, mais renonce et part au combat. Il se fait des amis, tout en sachant que ceux-ci peuvent sauter sur une mine avant que la nuit ne tombe. Il est horrifié des exactions commises sur les civils, mais pris dans la tourmente de cette guerre horrible il accepte, impuissant. Il marche les yeux rivés sur la terre vietnamienne, incapable de savoir si une mine est enterrée à deux pas. Il se demande ce qu'on ressent, quand ça nous arrive, de marcher sur une mine.
J'ai donc surtout aimé le caractère profondément humain et "normal" de cet homme. Ce n'est pas un sur-homme, qui ne ressent pas la peur. Il fait juste en sorte de survivre à cette journée et à celle d'après, histoire de rentrer aux Etats-Unis. Et c'est déjà beaucoup.
J'ai trouvé ce roman incroyablement juste dans le ton, pas trop dans le pathos, mais pas trop léger. Juste bien. En effet, les événements sont suffisants pour inspirer l'horreur et la compassion, nul besoin d'en rajouter. Et un peu d'humour là où il en faut.
L'auteur décrit également les supérieurs, ces lieutenants si différents les uns des autres. Il raconte ce qu'on ressent, la nuit, enterré dans la forêt et qu'on guette le Vietcong. Exprime ses doutes avant de partir, son incompréhension, ses sentiments contradictoires. Relate ce monde du Vietnam où chacun se raccroche au nombre de jours restant à tirer. Où chacun se démène pour obtenir un boulot tranquille à l'arrière.
La fin m'a vraiment beaucoup émue, je l'ai trouvée absolument parfaite. Ce moment où le soldat survole pour la première fois depuis un an le sol américain...
Encore une très belle découverte de la littérature de guerre !

Si je meurs au combat... Mettez- moi dans une boîte et renvoyez- moi à la maison

Afficher l'image d'origine

samedi 5 décembre 2015

La nuit des temps - René Barjavel

En Antarctique, des chercheurs captent soudain la fréquence d'un émetteur... vieux de 900 000 ans ! En creusant, ils tombent sur une cellule protectrice renfermant un homme et une femme, tous deux nus, et tous deux semblant dormir. Ils sont entourés d'étranges objets et semblent parler une langue totalement inconnue. Ils seraient les derniers représentants d'une civilisation aujourd'hui disparue.
J'ai vraiment apprécié ma lecture. C'est le deuxième Barjavel que je lis, après "Une rose au paradis" que j'avais également bien aimé. L'idée de base est très intéressante, originale. L'auteur a vraiment inventé une société complètement différente de la nôtre. Le destin de ces personnages, particulièrement d'Eléa, est très touchant. La fin est absolument magnifique : il y a un vrai effet de surprise (du moins pour ma part), cette fin est parfaite. Tout s'accélère dans les dernières pages, les époques se confondent. Je dirais qu'au delà de la science fiction, c'est avant tout une histoire d'amour, une histoire d'humanité. Barjavel nous livre une vision pessimiste d'un monde qui, par delà les époques, ne cesse de se détruire,  d'un genre humain ne cessant de se déchirer. Cependant, l'amour est omniprésent, l'oeuvre nous livre aussi l'humanité dans ce qu'elle a de meilleur : la passion, le savoir... Certaines descriptions, des corps par exemple, sont splendides.
J'ai donc vraiment aimé cette oeuvre. Mais je dois avouer avoir le même sentiment que celui j'ai eu après "Une rose au paradis" ; je ne peux que noter la très grande qualité des livres mais ce n'est pas le genre de lectures que je préfère. Si vous aimez la science-fiction (mais une SF très subtile, humaine et pleine de beauté), je ne peux que vous conseiller de découvrir ou de re-découvrir Barjavel.

Afficher l'image d'origine