mardi 27 décembre 2016

Chère 2016...

Chère année 2016,
Si je me permets de t'écrire aujourd'hui, c'est pour que nous fassions ensemble un bilan de ce que tu m'as apporté. Tu ne m'as pas ménagée, loin s'en faut. Cette année a été de loin la plus intense de ma jeune vie.
L'année des premières expériences, d'abord : les amours, les fêtes, les premières vacances entre amis... Effrayant mais aussi très excitant. Paradoxalement, ton année a aussi été celle du travail : jamais je n'avais autant bûché. J'ai préparé un concours, préparé le Bac et découvert l'enfer de la prépa ! J'ai puisé dans des ressources insoupçonnées, et me suis parfois trop mis la pression.
Je n'avais également jamais eu des échecs aussi douloureux et des succès aussi satisfaisants. J'ai raté un concours que je préparais depuis un an, et eu mon Bac avec des notes à la hauteur de mes espérances. Je m'épanouis aujourd'hui dans mes études, à un point que je n'aurais jamais osé espérer.
J'ai atteint beaucoup de mes objectifs, et j'ai réussi à vaincre mon incommensurable stress de la conduite.
Mais surtout, surtout, ton année a été celle où j'ai fais la paix avec moi-même, où j'ai appris à m'aimer. J'ai plus progressé en matière de confiance en moi en un an que durant toutes les années précédentes. Je suis devenue forte, sereine. Je suis parvenue a être indulgente avec moi-même. En cela, 2016 restera l'année où je me suis révélée à moi-même, où j'ai pris mon envol. Je n'aurais jamais pensé faire autant de progrès en si peu de temps. Je suis devenue positive, j'ai chassé mes vieux démons et j'ai cessé de me tourmenter sans raison. J'ai appris à profiter au jour le jour.
Je voudrais donc avant tout te remercier : tu as été sans nul doute la plus belle et la plus difficile année de ma vie. J'ai été confrontée à moi-même, sans cesse mais je t'en suis reconnaissante car cela m'a fait avancer.
J'en profite pour glisser quelques mots à ta copine 2017, qui va venir te remplacer d'ici peu. Tu vas pouvoir prendre des vacances bien méritées... 2017 : surprends-moi ! Donne- moi de la passion, donne-moi de l'amour véritable, de belles amitiés. Je te promets moi aussi de te surprendre, en me poussant toujours plus loin, en m'épatant moi-même. Je veux me rendre fière de moi, vivre intensément, travailler dur pour atteindre mes objectifs. Je compte bien devenir chaque jour un peu plus forte que le précédent, continuer ce travail de longue haleine qu'est celui sur la confiance en soi.
2017 : viens, je suis prête et je t'attends.

lundi 26 décembre 2016

18 choses que j'ai apprises en 18 ans

1. L'amitié ne peut pas être forcée, elle se noue naturellement. Ceux qui sont faits pour être tes amis le deviendront sans même que tu ne t'en rendes compte.

2. On s'en fout d'être dans la norme, de faire les choses à l'âge où l'on est censé les faire. Cela ne rend pas plus heureux. Les belles choses arrivent au moment où l'on s'y attend le moins. Il faut arrêter de se mettre une pression démesurée et laisser les opportunités venir d'elles-mêmes.

3. La souffrance est utile et nécessaire. Les épreuves que tu traverses, ton mal-être, sont aux fondements de ta personnalité. Ils font partie intégrante de qui tu es. Les moments de merde te font prendre conscience de la valeur des beaux moments.

4. Il faut profiter le plus possible des gens qu'on aime, car on ne prend conscience de combien ils comptaient pour nous qu'une fois qu'il est trop tard.

5. Une seule personne peut te rendre heureuse, c'est toi. Tu seras heureuse le jour où tu décideras de l'être et d'envoyer valser toutes tes barrières inutiles.

6. Il faut oser sortir de sa zone de confort.

7. Lire, regarder des films, écouter de la musique... le plus possible. Injecter le plus d'art possible dans sa vie, s'ouvrir sur le monde, emplir sa tête de créations. Sois-même, essayer de créer et ne jamais s'arrêter de rêver.

8.Le plus important, ce sont les relations humaines. Il faut s'ouvrir le plus possible aux autres et ne pas se créer une carapace si épaisse qu'elle empêche de faire des rencontres. Entretenir de toutes ses forces les amitiés.

9. On est toujours plus fort que l'on pense l'être. Il faut accepter de se mettre en danger, car seul l'échec fait grandir et avancer.

10. Tout va bien se passer : il faut prendre du recul, se détendre et mettre sa vie en perspective. Il y a très peu de choses vraiment graves dans la vie.

11. Prendre soin de soi, être bienveillant envers sois-même comme on le serait envers quelqu'un d'autre. Il faut essayer de passer de bons moments en sa propre compagnie, de devenir son propre pote et d'être fier de soi.

12. Fuir le conformisme, les conventions sociales qui sont des prisons. Ne pas perdre sa folie, réfléchir par soi même et remettre en questions les choses qui nous sont imposées.

13. Il faut parler, se forcer à dire ses sentiments. Sinon, ils grossissent en toi et sortent au pire moment et de la pire des manières. Ne pas hésiter à demander de l'aide, aussi.

14. Se forcer à débrancher son cerveau est parfois nécessaire. Arrêter de tout analyser, de tout intellectualiser. Etre dans la spontanéité fait beaucoup de bien.

15. Rire, rire, rire en toutes circonstances. Le rire sauve tout.

16. Il faut être honnête avec soi-même, reconnaître ses travers pour mieux agir dessus. Etre le plus lucide possible, et le plus humble surtout.

17. On est toujours responsable de sa situation. Il faut arrêter de se placer en victime et prendre enfin les rênes de sa vie et de son bonheur. Personne ne va agir à ta place pour améliorer ta vie.

18. La comparaison est le pire des maux. Il faut se concentrer sur soi, voir le positif dans sa vie et agir sur le négatif. Se pousser chaque jour un peu plus loin que le précédent.

dimanche 18 décembre 2016

Toi

Je t'ai attendu pendant longtemps. Et maintenant que t'es là, je suis perdue. Tu m'exaspères et m'attendris à la fois. Tes vêtements qui ressemblent à ceux d'un enfant de douze ans. Tes bras si lisses, tes mains qui n'ont rien vécu, ta peau rebondie. Tes joues rondes mais irrégulières. Tes silences, tes formules de politesse, tes sourires, tes hésitations, tes incompréhensions. Ta gentillesse sans faille, qui est en devient parfois agaçante. Tu te laisses porter par le courant, alors que pour moi la vie est une lutte perpétuelle. Je rêvais d'une passion, tu m'as donné ton calme, ta douceur. Suis-je une éternelle insatisfaite ? Peut-être bien. Mes sentiments sont si confus... J'ai envie de te secouer et de te prendre dans mes bras. Te gifler et t'embrasser. J'ai envie de crier, pour voir si tu crieras aussi, si tu crieras plus fort. Lorsque ton regard d'enfant se pose sur moi, quelque chose remue dans mon ventre, tout au fond. Je ne sais pas si c'est l'angoisse de n'être pas celle qu'il te faut, ou le bonheur d'avoir trouvé une épaule si peu solide, mais si réconfortante. Je peux te parler pendant des heures, je n'ai jamais trouvé personne qui sache si bien m'écouter. J'ai envie de me jeter tout contre toi, que tu me serres à m'en étouffer. Mais tu le feras pas, tu aurais peur de me faire mal. Tu as les mots pour me réconforter, pour m'apaiser, mais sauras-tu trouver ceux qui m'étourdiront, me feront perdre le contrôle ? Le plus énervant dans tout cela, c'est que je ne suis pas en droit de te faire des reproches. Ta gentillesse emplit tous les espaces, elle m'emprisonne autant qu'elle me réchauffe et me comble.
Je n'arrive pas à déconnecter, tout cela est si peu logique. Tu es à l'opposé des garçons que j'imaginais dans mes rêveries, tu es si sensible, si fragile, si peu sûr de toi. Tes efforts pour me faire croire le contraire sont touchants. Alors à chaque fois, ce coup de poignard dans mon estomac au moment de te quitter me surprend autant qu'il m'effraie. Ils disaient "le coeur a ses raisons que la raison ignore", mais comment intimer l'ordre à ma raison de se taire, parfois ? 

Entre chiens et loups - Cesbron

Ce roman retrace la vie de Roland Guérin, de son enfance à son métier de professeur, de son statut de journaliste renommé à celui de lieutenant en Algérie. Ses doutes, ses peurs, ses réflexions, ses amours... tout y est.
Ce livre mérite sans nul doute d'être plus connu. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre en l'ouvrant, puisqu'il est assez épais et le résumé me paraissait un peu étrange. Cela m'a fait qu'amplifier mon coup de coeur. Le style m'a d'abord frappée : cela faisait longtemps que je n'avais été séduite par un style aussi original et aussi beau. Voilà un auteur qui sait écrire, me suis-je dis.
Par ailleurs, je ne sais pas comment l'auteur parvient à dire autant de choses avec si peu de mots. A aborder autant de thèmes, à enfermer la complexité de la vie dans ses pages. Rien n'est manichéen, tout est tellement ambivalent, compliqué, réaliste. J'ai adoré le fait que ce livre ne parle pas que de la guerre d'Algérie. Il nous parle de révolte, de relations humaines, d'hommes et de femmes, de liberté. Tout est très beau, très fin, bouleversant. Ce personnage est émouvant, dans sa dialectique d'homme tantôt lâche, tantôt courageux, comme nous tous. On y croit à chaque page, à chaque phrase, puisque c'est la vie qui s'étale devant nous.
L'auteur nous parle de la France à travers quelques personnages et il nous parle de nous à travers Roland. L'itinéraire d'un homme qui semble baigner dans le doute, ce qui le rend incroyablement proche de nous. Certains dialogues mériteraient d'être lus par tous, comme celui entre Mansart et Guérin, qui aura de si grandes répercussions sur la vie du jeune homme.
Il nous parle de l'Algérie aussi, de la "sale guerre", de la torture mais pas que. Des relations complexes entre les musulmans et les français de la métropole. Il nous pousse, en même temps que Roland, à nous interroger sur le sens des guerres, sur le fondement du courage.
Je peine à écrire cette critique, je voudrais tellement pousser le plus de monde possible à lire ce roman, il peut être bénéfique à tellement d'égards. Je vais, pour ma part, tâcher de découvrir un autre Cesbron le plus vite possible.

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mardi 22 novembre 2016

Berberova - Zoïa Andréevna

L'histoire d'une femme qui a fui les bolchéviks et loue une chambre dans une pension tenue par d'affreuses soeurs qui vont la malmener et la jalouser.
Une nouvelle que j'ai dévorée en 20 minutes à peine. J'ai beaucoup aimé : le style, l'ambiance, la façon dont sont dépeintes ces femmes détestables. Il y a un grand mystère qui entoure la jeune femme et qui rend le récit très intriguant et bouleversant.

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dimanche 13 novembre 2016

La faute de l'abbé Mouret - Emile Zola

Je continue mon petit chemin dans l'oeuvre de l'un de mes écrivains préférés. Ce roman m'intriguait beaucoup, j'avais hâte de découvrir comment Zola allait nous dépeindre la religion.
En effet, le livre se déroule dans le petit village des Artaud. Serge Mouret, prêtre de ce village, est tout entier dévoué à Dieu, ce qui n'est pas le cas de la plupart des habitants. Il exerce avec zèle sa profession et mène une vie tranquille, jusqu'au jour où il tombe malade. Il est alors envoyé au Paradou, une vaste demeure pourvue d'un immense parc en friche. Là il rencontre la jeune Albine, qui va le soigner alors qu'il a perdu la mémoire et semble connaître une seconde naissance (vous le sentez venir, le péché ?)
J'ai trouvé ce roman très intéressant car vraiment très différent des autres tomes des Rougons que j'avais pu lire. La quiétude de ce livre s'oppose à l'agitation, au fourmillement et au vacarme du Ventre de Paris, du Bonheur des dames... L'intrigue est ici centrée autour d'une poignée de personnages, et de deux lieux-clé : l'église et le Paradou. L'histoire est donc propice à des descriptions absolument fabuleuses -si tant est que l'on aime les descriptions- quoiqu'un peu longues parfois, du dépouillement de l'église et de la luxuriance d'une nature livrée à elle-même.
Zola a ainsi construit ce roman autour d'une opposition fondamentale, rythmant tout le récit : la nature contre l'Eglise, la Femme contre Dieu, la tentation contre la religion. Le roman est également propice à quelques scènes savoureuses avec les habitants du petit village, rustres campagnards qui ricanent au fond de l'église pendant les messes et font fi de l'interdiction du sexe avant le mariage. La jeune soeur de Serge est également un personnage assez comique et attendrissant.
Le roman est découpé en trois parties distinctes : la première dépeint la dévotion du prêtre, la deuxième est celle de la transformation, d'une nouvelle enfance au cours de laquelle Serge expérimente l'amour et la vie dans la nature et la troisième partie signe la victoire de la religion sur l'amour et sur la tentation incarnée par Albine et le Paradou.
Comme souvent chez Zola, la nature est un personnage à part, qui parle presque aux personnages.
J'ai ainsi beaucoup aimé ce roman malgré certaines longueurs, je le recommande aux admirateurs de Zola qui ne le connaissent pas encore. Cependant, je ne vous conseillerai de lire celui-ci en premier si vous découvrez l'univers zolien car il risquerait de vous dérouter.

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mercredi 26 octobre 2016

Bilbo le hobbit - Tolkien

J’avais adoré la récente trilogie de films Bilbo le Hobbit, j’avais donc très envie de lire également le roman dont ces films sont inspirés. Je n’aime pourtant pas trop habituellement découvrir le film avant le livre, mais qu’importe. Ce roman raconte donc les prémisses de la saga Le seigneur des anneaux, comment tout a commencé, avec la découverte de l’anneau par Bilbo. On fait la connaissance de Bilbo Baggins, un hobbit respectable qui vit dans son gentil trou de hobbit sur la Colline. Un jour, sans crier gare, une horde de nains et un magicien s’invitent chez lui à l’heure du thé et se proposent de l’embarquer pour une fabuleuse quête, au terme de laquelle Bilbo sera appelé à jouer les cambrioleurs dans l’antre d’un dragon.
Comment ne pas aimer ? Je ne vais pas vous apprendre le talent fou de Tolkien, sa faculté à créer un univers magique. Le livre est plein de rebondissements, les personnages sont tous plus attachants les uns que les autres. On est amené à rencontrer des Elfes, des gobelins, un changeur de peau, des araignées effrayantes, un dragon… L’histoire est racontée du point de vue du petit hobbit, ce qui est assez cocasse parfois. On est tenu en haleine d’un bout à l’autre par les péripéties de la troupe.
Malheureusement, j’avais les films en tête pendant toute ma lecture. C’est pourquoi la description de certaines scènes m’a parue assez faible en comparaison avec le film, par exemple la confrontation entre Bilbo et le dragon ou encore la Bataille des cinq armées qui est racontée assez brièvement dans le livre. A noter toutefois que les films ne sont pas vraiment proches du livre. J’ai été également surprise que le livre ne soit pas vraiment sombre, rien ne laisse présager des ténèbres qui vont s’abattre, de la lutte future pour l’anneau. Il n’y a aucun indice du pouvoir maléfique de l’anneau, qui apparaît uniquement comme une solution pratique pour devenir invisible.

En conclusion, je pense que le visionnage des films a quelque peu atténué mon plaisir de lecture. J’ai toutefois adoré ce monument de la littérature, et lirais avec plaisir les ouvrages de la saga Le Seigneur des anneaux. 

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vendredi 14 octobre 2016

Le bal du comte d'Orgel - Raymond Radiguet

Mahaut aime son mari, le comte d'Orgel. Le couple est apprécié et prend activement part dans la vie mondaine. Ils rencontrent un jour François de Séryeuse, et deviennent inséparables. La suite paraît classique : François tombe amoureux de Mahaut.
Je suis assez surprise de ma lecture, j'avais ouvert ce livre il y a de cela quelques années puis l'avais vite refermé, effrayée par le style que je trouvais ampoulé. Pourtant, je peux dire qu'il n'en est rien, au contraire : le roman se lit vraiment très facilement. J'admire le talent avec lequel Radiguet transforme une histoire d'apparence très classique en une œuvre unique. Les sentiments sont décrits avec la plus grande subtilité. Les silences, les regards, les non-dits deviennent plus importants que les mots. Les émotions de chaque personnage se construisent en réaction à celles des autres. Les protagonistes sont effrayés et surpris eux-mêmes de leurs propres passions.
J'ai été assez étonnée au moment de tourner la derrière page, je voyais bien l'histoire continuer un peu plus. J'ai été d'abord déçue, mais à la réflexion cette fin est parfaite et tombe au bon moment, nous laissant comme suspendus à la plume de l'auteur.

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jeudi 6 octobre 2016

L'homme invisible - Wells

Les péripéties d'un savant parvenu à se rendre totalement invisible, voilà la promesse de ce classique de la littérature fantastique.
Je ne vais pas prétendre l'avoir dévoré, j'ai plutôt aimé, sans plus. Mais je me sens mal à l'aise pour juger ce livre, qui a déjà plus d'un siècle ! Il est vrai que nous avons depuis vu histoire bien plus spectaculaire, cet homme invisible nous paraît désormais bien classique, presque banal. Tout est cependant très bien mené, il y a des rebondissements et le personnage est loin d'être terne, tantôt nous le prenons en pitié, tantôt il nous agace et énerve. Il y a de plus derrière cet ouvrage une réflexion intéressante et assez universelle sur le progrès et sur la science.
A avoir lu au moins une fois, pour les amateurs de littérature fantastique : ce roman a ouvert la voie a bien d'autres.

samedi 24 septembre 2016

La Gloire de mon père - Marcel Pagnol

Marcel Pagnol raconte ses souvenirs d'enfance dans le Sud, avec ses parents, son frère Paul, son oncle et sa tante. Il décrit notamment son excitation à l'idée de l'ouverture de la chasse, à laquelle son père et son oncle se préparent, et à laquelle lui aussi rêve de participer. Le livre est remplit d'anecdotes drôles, touchantes... sur le Sud et l'enfance.

Un joli livre, je suis contente d'avoir découvert ce classique. J'ai mis très longtemps à le finir mais je l'ai tout de même bien apprécié. Les personnages sont savoureux, notamment l'oncle Jules. C'est un récit tout simple, mais qui fait du bien et rend nostalgique des vacances d'été et de l'enfance. Je vous conseille d'y jeter un oeil, si comme moi vous avez tardé à lire Pagnol. C'est le genre de jolis livres qui parle à tout le monde, jeunes ou moins jeunes, et qui fait forcément rejaillir des souvenirs, même si comme moi vous partiez en Normandie aux vacances d'été !

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jeudi 8 septembre 2016

Les dix enfants que Madame Ming n'a jamais eus - Eric Emmanuel Schmitt

En voyage d'affaires en Chine, un cadre croise le chemin de Madame Ming, une dame-pipi d'un grand hôtel. Celle-ci lui parle de ses dix enfants, qui semblent tous plus exceptionnels les uns que les autres. A t-elle tout inventé ou a t-elle trouvé un mystérieux moyen afin de contourner la politique de l'enfant unique ?
J'ai trouvé ce roman très bien exécuté. Simple, dans le bon sens du terme, il se lit très bien et est assez court. L'auteur arrive à parler de la Chine au travers de Madame Ming. Les dialogues entre la dame-pipi et le cadre sont assez savoureux, on se plaît à découvrir chacun de ses enfants. Le personnage de Madame Ming est très touchant, de même que la fin est jolie et émouvante.
Rien à dire de plus, c'est un livre qui plaira à tous.

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dimanche 4 septembre 2016

Millénium tome 3, La reine dans le palais des courants d'air - Stieg Larsson

Le retour des critiques littéraires, enfin !
Je pensais avoir lu tous les tomes de Millénium avant de tomber par hasard sur celui-ci dans ma bibliothèque. Quelle ne fut pas ma surprise quand je constatais ne l'avoir jamais lu ! Je me suis empressée de le découvrir, et voici mon avis.
Ce livre est un chef d'oeuvre d'intrigues politiques et policières. Comme d'habitude, l'intrigue m'a tenue en haleine et m'a fait tourner les pages a un rythme effréné. On est vraiment plongé dans l'enquête, au côté de ceux qui souhaitent défendre les intérêts de Lisbeth et révéler la vérité. Tout est très bien mené, quoique un peu difficile à suivre parfois (j'avais tendance à confondre les noms suédois des différents policiers). Le plus grand scandale de l'histoire de la Suède se profile, page après page. Les dernières cent pages sont fabuleuses, tout se précipite.
D'un autre côté, on suit les démêlés privés des différents personnages; Erika Berger quitte Millénium, Mickael tombe sous le charme d'une policière sportive...
Je n'ai rien à redire, tout est exécuté et écrit de main de maître. Les morceaux du puzzle s'emboîtent les uns après les autres, les personnages sont toujours aussi vrais et attachants.
Maintenant, j'ai besoin de vous : devrais-je lire ce dernier tome "Ce qui ne me tue pas", qui a tant fait polémique ?

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lundi 29 août 2016

Force

Tu te sens animée d'une force nouvelle. Tu observes tes doutes, tes peurs, tes blocages s'envoler, les uns après les autres. Tu sais que ce n'est que le début, qu'après cela rien ni personne ne pourra t'arrêter. Tu n'as plus aucun doute sur tes capacités de réussite. Tu ne cherches plus l'amour et la reconnaissance des autres, puisque la seule personne qui importe réellement, c'est toi. Tu portes un regard plein d'empathie sur celle que tu étais seulement quelques mois auparavant. Cependant, tu sais que tu ne redeviendras plus jamais cette personne. Les regards glissent sur toi sans même que tu les sentes. La jalousie et la honte ne t'habitent plus. Tu as l'impression de parvenir enfin à respirer. Liberté. Tu serres cette pierre au creux de ta main. Elle te rappelle la difficulté d'être soi-même, combien les chutes font mal mais combien elles sont salvatrices. Enfin tu lèves la tête, enfin tu te redresses. Fière. Tu regardes tes démons s'enfuir à toutes jambes. Tu sembles avoir enfin compris qu'ici bas il n'y a pas de place pour les sensibles, les fragiles, les tourmentés. Toi aussi tu veux vivre, tracer ta propre route. Ton coeur bat plus fort, car maintenant tu sais que tu vas le faire, que tu vas y arriver, que tu vas t'en sortir. Tu n'as plus besoin de personne pour avancer, tu as confiance en toi. Tu as pris le contrôle de toi-même, les rênes de ta vie. Bonne chance

dimanche 28 août 2016

Devoirs de vacances #12 Evangile selon Saint Jean

Mes impressions :
Je trouve cela super de pouvoir découvrir des textes religieux, c'est très enrichissant ! Lire un Evangile n'est pas très long et permet de comprendre la vie de Jésus.

Le contenu :
-Relate la vie de Jésus jusqu'à la trahison de Judas, le procès avec Ponce Pilate, la crucifixion.
-Comprend également les miracles accomplis par Jésus.
-Il y a également les paroles, les paraboles, les enseignements de Jésus.
-Il y a une première partie qui contient raconte le parcours de Jésus depuis son baptême par Jean le Baptiste jusqu'à son arrivée à Jérusalem. Durant ce laps de temps, Jésus accomplit 7 miracles. La deuxième partie décrit les dialogues de Jésus avec ses disciples, la crucifixion, la résurrection.

Devoirs de vacances #11 Un viejo que leia historias de amor - Luis Sepulveda

Mes impressions :
C'est le tout premier ouvrage en espagnol que je lis. J'ai compris les grandes lignes, mais mon manque de vocabulaire a suscité quelques incompréhensions et une assez grande difficulté à suivre et à me concentrer. En lisant le résumé en français, je me rend compte que de nombreux détails m'avaient échappés.

Le contenu : (source : Wikipédia)
Lorsque les habitants d'El Idilio, petite ville d'Amazonie, découvrent dans une pirogue le cadavre d'un homme blond assassiné, ils accusent les Indiens (les Shuars) de meurtre. Le maire, surnommé « la limace », est l'un des plus virulents accusateurs. Seul Antonio José Bolívar, un vieil homme, déchiffre dans la blessure l'attaque d'un félin et fait l'hypothèse  qu'il s'agit de la vengeance d'une femelle envers les chasseurs qui ont sans doute tué ses petits et son mâle. L'auteur évoque ensuite la vie d’Antonio José Bolívar Proaño. À 13 ans, il se marie avec Dolores Encarnación del Santísimo Sacramento Estupiñán Otavalo. Ils partent en Amazonie. Dolores y meurt de la malariaAntonio devient ensuite l'ami des Shuars. Ils vivent paisiblement jusqu'à ce que des Blancs investissent la forêt et tuent deux Shuars dont Nushiño, l'ami d'Antonio. Ce dernier retrouve le meurtrier de son ami et lui ôte la vie avec son fusil. Il est alors chassé de la tribu pour ne pas avoir tué le Blanc selon la coutume des Shuars: avec une sarbacane et des fléchettes au curare, condamnant ainsi l'esprit de Nushiño à errer entre le monde des morts et des vivants. Antonio part pour El Dorado. C'est là qu'il découvre les romans d’amour. Un deuxième homme est victime du félin. Le maire d’El Idilio organise une expédition dans le but de le tuer. Mort de peur, il finit par demander à Antonio de traquer seul la bête. Antonio accepte. Il la cherche pendant plusieurs heures, la trouve — c'est effectivement une femelle —, et dans une clairière il voit son mâle à l’agonie. Antonio comprend qu’il doit l’achever. Il se réfugie ensuite sous une vieille pirogue. La femelle vient le provoquer : il la blesse, elle s'éloigne, puis il sort de la pirogue. Elle revient à la charge, et au moment où elle bondit sur lui, il tire deux coups de chevrotine. Elle meurt. Il pleure, jette l’animal dans le fleuve Amazone et jette son fusil. Ayant honte de son acte, et pris par la mélancolie, il repart lire ses romans d'amour dans sa cabane pour oublier la « barbarie des hommes »

Devoirs de vacances #10 Illiade - Homère

Mes impressions :
Rien à signaler de particulier, je n'ai pas adoré ni détesté. C'est un classique qu'il convient de lire, un texte très important dans la littérature !

Le contenu :
- L'identité de l'auteur reste très mystérieuse. On se demande s'il a réellement existé, si ce n'est pas une sorte de barde mythique. On ne sait pas s'il a écrit l'Illiade ou seulement dicté ou raconté.
-La langue du texte comprend des éléments très anciens et d'autres plutôt récents, preuve d'un long héritage.
-Le récit s'ancre dans le contexte de la guerre de Troie. Pâris (prince troyen), sommé de choisir la plus belle déesse, choisit Aphrodite. En retour, la déesse lui offre la plus belle femme : Hélène l'épouse du roi de Sparte, Ménélas. Les Grecs s'unissent pour se venger.
-Historiquement, on ne retrouve pas vraiment trace d'une guerre semblable à celle de l'épopée.
-Il y a la présence du culte des héros, dont le tombeau est l'élément central du culte (cf la mort de Patrocle)
-Les compétitions athlétiques sont un rituel pour honorer les morts.
-L'Illiade a participé à l'unification de la communauté grecque.
-La guerre de Troie dure dix ans. Ce texte relate seulement quelques journées de la dernière année, ne raconte ni le début ni la fin. Le récit est concentré temporellement et géographiquement.
-Au début, la peste ravage les Grecs car Agamemnon retient la fille du prêtre d'Apollon. Il consent à rendre la jeune femme en échange de Briséis qui appartient à Achille. Celui-ci se retire alors du combat ce qui change toute la situation.
-Les descriptions des blessures sont très graphiques. Le texte s'intéresse aux soldats inconnus de la guerre et à leurs émotions.
-Les personnages sont au courant qu'ils vont périr, la mort est annoncée. Les signes ne deviennent lisibles qu'une fois qu'il est trop tard (comme dans Oedipe roi). Mais la mort d'Achille lui confère l'immortalité.
-Achille est le héros principal, un être surpuissant à mi chemin entre le dieu et la bête féroce.
-Ulysse est l'opposé d'Achille : il est menteur, ondoyant, rusé. Il change d'identité à volonté.
-Homère utilise plus de 300 comparaisons.
-Une des scènes les plus frappantes est celle pù Achille et Priam pleurent ensemble Hector.

Devoirs de vacances #9 Oedipe roi - Sophocle

Mes impressions :
Le mythe d'Oedipe me fascine, et je n'avais jamais eu l'occasion de lire la version classique de Sophocle. Je n'ai donc pu qu'aimer.

Le contenu :
-Principaux épisodes du mythe :
¤ L'enfant abandonné sur le mont Cithéron puis recueilli par Mérope et Polybe à Corinthe.
¤ Oedipe tue son père Laïos à un carrefour.
¤ Oedipe résout l'énigme de la Sphinx et délivre Thèbes.
¤ Oedipe commet l'inceste avec sa mère, la reine Jocaste.
¤ Le châtiment : Oedipe se crève les yeux et s'exile, accompagné d'Antigone.
-Sophocle inscrit le mythe dans sa forme tragique et effectue des choix parmi les versions antérieures.
-L'originalité de la version de Sophocle est qu'au début de la pièce, tout a déjà lieu. La tragédie ne réside pas dans l'accomplissement par Oedipe de son destin mais dans la découverte.
-C'est la tragédie par excellence, épurée de toute fioriture.
-Le désir de savoir est le moteur d'Oedipe. Il refuse les compromis et fait son destin sien. C'est la recherche de la vérité transformée en quête d'identité.
-Oedipe est à la fois coupable et innocent, souillure de son peuple et sauveur de sa cité.
-C'est une tragédie politique invoquant la figure du bouc émissaire et de l'ostracisme.
-Le sens métaphysique : Oedipe sème le chaos dans l'ordre des générations. En résolvant l'énigme Oedipe efface les frontières entre générations et trace les limites de la condition humaine. L'histoire d'Oedipe est celle d'un retour, retour à son lieu d'origine et au ventre de sa mère.

Devoirs de vacances #8 Introduction à l'économie - Jacques Généreux

Mes impressions :
Idéal pour ceux qui débutent l'économie, qui s'y intéressent ou ceux qui veulent simplement se remettre en tête les notions et mécanismes-clés. Très facile à lire, divisé en parties claires.

Le contenu : ( le plan du livre)

I- Introduction à l'analyse économique
1) Qu'est ce que l'économie ?
2) Quelques caractéristiques du raisonnement économique.

II- Qui fait quoi ? Les agents économiques et leurs comportements.
1)Les agents économiques
A-Définitions
B-La vision économique des comportements
2)Les ménages
A-L'offre de travail
B-La structure de la consommation
C-Le niveau de la consommation et de l'épargne
3)Les entreprises non financières
A-Une rationalité particulière, le profit
B-Les entreprises utilisent les facteurs de production
C-Les entreprises offrent des biens et des services
4)Les sociétés et institutions financières
A-Le rôle des opérations financières
B-La création de monnaie
5) L'Etat
A- L'Etat produit des biens et des services.
B-Les autres fonctions de l'Etat
6) Les relations avec le reste du monde.
A-Les échanges internationaux
B- La balance des paiements

III-Comment ça marche ? Les lois du marché
1) Du marché théorique aux marchés réels
A-Le fonctionnement théorique du marché
B-De la théorie à la réalité : deux types de marchés.
2)Le fonctionnement concret des marchés 
A-Les marchés de capitaux : l'ajustement par les prix.
B-Les marchés non financiers, l'ajustement par les quantités

IV- Les problèmes de l'économie nationale
1) Crises et récessions
A-Une crise de la demande
B-Une crise de l'offre
2)L'inflation
A-Les mécanismes de l'inflation
B-Les sources structurelles de l'inflation
3)Le chômage
A-Les principales sources du chômage
B-Les interprétations théoriques du chômage
4) Le problème de l'équilibre extérieur
A-La contrainte extérieure
B-Les facteurs déterminant l'équilibre extérieur

jeudi 4 août 2016

Devoirs de vacances #6 La Genèse

Mes impressions :
C'est plutôt court et rapide à lire. Je suis contente d'avoir eu l'occasion de découvrir ce texte pour le moins important et fondateur.

Le contenu : (j'indique seulement les principaux récits     source : Wikipédia)
-La création du monde par Dieu
-Adam et Eve
-Noé et son arche (le Déluge)
-Abram et Saraï
-Abram et Melchisédek
-Agar et Ismaël
-Sodome et Gomorrhe
-Isaac et son sacrifice
-Esaü et Jacob
-Jacob lutte avec Dieu
-Joseph

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mercredi 3 août 2016

Devoirs de vacances #5 L'avenir d'une illusion - Freud

Mes impressions :
J'ai vraiment apprécié ma lecture. C'est court, structuré, je n'ai pas eu de mal à suivre la pensée de l'auteur. Vraiment intéressant et appelle à la réflexion.

Le contenu :
-La religion est la "névrose obsessionnelle" de l'humanité, elle dérive du complexe d'Oedipe. Les hommes se retournent vers un père redouté mais protecteur. Ainsi les dieux présentent les deux aspects de la figure parentale : protection bienveillante et autorité effrayante. La croyance religieuse témoigne donc d'un attachement infantile au père et à la peur de grandir, qui doit être dépassé. L'homme doit affronter la réalité. C'est une névrose transmise, intégrée, enseignée de génération en génération donc très difficile à remettre en cause.
-La religion a été façonnée pour combler les angoisses des hommes face à une nature contre laquelle ils ne peuvent rien (ils ne peuvent échapper à la mort). Les hommes ont besoin d'être rassurés contre l'incompréhensibilité du monde, la violence des rapports humains et de la mort. Les religions sont des remèdes contre les principales causes de souffrance (mort, existence du mal).  La religion présente des vérités préconçues qui abolissent le raisonnement.
-Les religions s'appuient sur leur ancienneté (on ne remet pas en cause une affirmation transmise depuis des générations) et l'interdiction de la réfutation.
-La religion n'a pas réussi à rendre les hommes plus moraux ou plus heureux. Les hommes devraient plutôt baser leur culture sur la science, et ne pas chercher ailleurs les réponses que la science ne peut apporter. Il est temps pour l'homme de dépasser ce stade infantile, de s'accomplir comme être pleinement rationnel.

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mardi 2 août 2016

Devoirs de vacances #4 La Révolution industrielle (Partie I seulement) - Patrick Verley

Mes impressions :
J'ai vraiment eu du mal, il faut s'accrocher. Je l'ai trouvé plutôt aride et ennuyeux (on ne peut pas le reprocher à l'auteur évidemment), avec beaucoup de détails et de faits précis. Cependant les trois dernières pages résument très bien cette partie.

Le contenu :
-L'expression en elle même peut sembler impropre : il ne s'agit pas d'une révolution et le processus ne concerne pas seulement l'industrie.
-C'est un processus progressif, inachevé qui s'étend principalement du milieu du XVIIIe jusqu'au milieu du XIXe.
-Ce n'est pas seulement une révolution technologique ni un simple changement de structure économique. Ce processus ne consiste pas seulement en une modification de la répartition de la population active entre secteur primaire et secondaire ou un remplacement du facteur travail par le facteur capital.
-Toute la société fut directement ou indirectement concernée.
-Les révolutions bancaires, ferroviaires, agricoles sont une conséquence de la révolution industrielle.
-On ne peut pas appréhender un phénomène aussi complexe seulement par une approche quantitative, par la croissance. Il y a aussi eu des modifications sur le plan des relations sociales.
-Il y a rupture dans les techniques, les organisations du travail, dans les circuits de financement, les systèmes juridiques, les comportements de consommation, les mentalités...
-En résumé, la révolution industrielle est un grand mouvement de croissance des activités manufacturières dès la fin du XVIIe. L'Europe apparaît comme pleine d'innovations, saisie par le progrès, avec une consommation qui augmente. La production industrielle augmente dans les pays selon le pouvoir d'achat, les structures sociales, les débouchés extérieurs. Cette croissance se base sur le dynamisme de la demande de biens de consommation. A long terme, les organisations du travail se modifient, on innove, on gagne en productivité. Cela permet d'élargir la demande pendant un temps mais la croissance se heurte à la faiblesse des revenus populaires dans des sociétés encore inégalitaires. Grâce au progrès des transports on va alors essayer de développer un marché à la taille du monde.
Excellente fiche de lecture

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samedi 30 juillet 2016

Devoirs de vacances #3 Sur la Justice, éthique à Nicomaque - Aristote

Mes impressions :
Très rapide à lire. J'ai cependant beaucoup de mal avec les livres de philosophie et celui-ci n'a pas échappé à la règle... J'ai eu des difficultés de compréhension par moments.

Le contenu :
-Aristote utilise la dialectique, l'examen critique des opinions courantes.
-La justice est envisagée en tant que vertu morale, comme trait de caractère et non comme institution.
-La justice n'est ni un art, ni une valeur, ni un idéal auquel il suffirait de croire, ni une science.
-La vertu de l'homme juste le dispose à voir, dire, faire dans chaque cas la chose juste.
-Selon Aristote la justice est une vertu éminemment politique. Les lois constituent le critère de la justice. L'homme injuste prend plus que sa part de biens et rompt ainsi l'égalité entre les hommes, lèse les autres membres de la communauté. On ne peut parler de justice qu'entre des hommes égaux, c'est à dire des citoyens.
-La justice nécessite l'institution d'une communauté politique qui égalise les hommes en les rendant citoyens.
-La justice est une vertu qui régit les relations entre les hommes.
-On peut distinguer deux sens de justice : une justice générale correspondant au respect des lois et une justice particulière dont le principe est le respect de l'égalité (ne pas prendre plus que son dû). Il y a donc deux manières principales d'être injuste : ne pas respecter les lois ou ne pas respecter l'égalité. Il y a aussi deux types d'hommes injustes : le hors-la-loi et l'homme cupide.
-On distingue la justice distributive (répartir un certain bien en fonction de la valeur de ceux qui prétendent le recevoir) et la justice correctrice (rétablir une certaine égalité)
-Le terme égalité a deux sens selon qu'il s'agit de répartir ou de corriger.
-La monnaie permet l'égalité dans les transactions.
-L'équité est la forme de la justice la plus parfaite. En effet, la justice légale n'est qu'imparfaitement juste parce que les lois sont générales.
-L'acte juste consiste en une moyenne entre injustice commise et injustice subie. Il vaut cependant mieux subir l'injustice que de la commettre.
-Le droit a pour finalité la justice particulière c'est à dire l'égalité proportionnelle dans les distributions et l'égalité arithmétique dans les rectifications. Le droit veille a la juste répartition des biens et des maux extérieurs.
-Le droit naturel représente les règles pouvant être justifiées par la nature des choses.
-Le droit s'intéresse seulement aux relations entre les hommes et ne peut juger l'homme en tant qu'individu.
-Il n'est pas nécessaire de poser une égalité de droits pour réaliser l'égalité devant le droit.

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jeudi 28 juillet 2016

Devoirs de vacances #1 Le Malaise dans la culture - Freud

J'ouvre une nouvelle série sur mon blog durant l'été. J'ai de nombreux ouvrages à lire pour préparer mon entrée en prépa, et beaucoup d'entre eux peuvent apparaître comme difficiles à comprendre voire rébarbatifs. Le but n'est pas tant d'en proposer une critique mais surtout de garder trace de ce que j'ai retenu de ces oeuvres, ceci complété par d'éventuelles recherches. Ces articles se voudront succins et vont surtout me servir à la rentrée, pour ne pas oublier le contenu des livres. Commençons tout de suite avec Freud.

Mes impressions : Très intéressant par moment, le style n'est pas si difficile mais il faut vraiment rester concentré. J'ai du mal à résumer la thèse de l'auteur dans sa globalité.

Le contenu :
-La culture a deux fins : protéger l'homme de la nature et réguler les relations entre les hommes.
-La culture est un carcan (les individus ne peuvent pas céder librement à leurs pulsions) nécessaire. La culture se définit par le renoncement pulsionnel.
-Avec l'apparition de la culture, le bonheur individuel passe au second plan : la cohésion de la société est plus importante. La culture peut donc freiner l'accès des hommes au bonheur.
-L'homme peut contrer l'obstacle qu'est la culture par trois moyens : distraction, substitution, stupéfaction.
-L'héritage culturel de génération en génération est assuré par le Surmoi.
-Le moyen définitif d'assurer la cohésion sociale est l'amour.
-L'équilibre de la société est précaire puisque les individus luttent en permanence entre pulsion de vie et pulsion de mort.
-Dans cet ouvrage Freud déplace ses concepts dans le champ social, peut être sous l'impulsion de la première guerre mondiale.
-Certains pensent que le terme "civilisation" serait plus pertinent que "culture"

Utilisation de différentes critiques trouvées sur le site Babelio.fr

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mardi 26 juillet 2016

Everything's gonna be alright

Heureuse coïncidence, je suis en train d'écouter cette chanson géniale de Bob Marley, qui colle de plus parfaitement avec mon propos.
Ce dernier mois, j'ai clairement franchis un cap, sans même m'en rendre compte ou le vouloir. Je me sens emplie d'une force nouvelle. Je me sens calme et sage, plus sûre de moi et confiante en l'avenir que je ne l'ai jamais été. J'ai l'impression d'avoir réussi à chasser mes démons, au moins pour un temps. Je me suis éloignée de cet abîme, deces ténèbres qui m'attiraient à eux.  J'arrive enfin à moins réfléchir, à maîtriser mes émotions et à profiter de l'instant présent sans songer au lendemain. Je suis la première surprise de ce changement qui s'est accompli en moi. Je parviens à être indulgente envers moi-même, à apprécier les moments que je passe en ma propre compagnie. Je suis devenue ma propre pote.
Et suite à cette évolution, comme un clin d'oeil du destin, les choses que j'espéraient depuis toujours sans venues à moi sans un bruit. Mieux, j'arrive à les apprécier sans les décortiquer, les analyser, et m'angoisser à leur propos. Je crois que je suis passée au niveau supérieur de ce jeu qu'est ma vie. Une énergie positive circule en moi, je suis en paix avec moi-même et les autres. J'ai le sentiment d'avancer enfin, d'avoir conscience de ma propre valeur. J'ai envie de me battre pour les choses que je veux, et je suis prête à le faire.
J'ai toujours eu du mal à croire que parfois, il fallait laisser faire le temps, arrêter de se torturer l'esprit avec certaines choses. Aujourd'hui j'en suis convaincue : il faut savoir arrêter de se mettre une pression démesurée pour tout. Laisser les bonnes personnes, les belles opportunités venir à nous.
J'espère juste que ceci n'est pas qu'une trêve estivale, un état passager lié au soleil qui me ralentit le cerveau et m'empêche de gamberger. Mais je pense qu'il m'appartient qu'à moi de faire de cette dynamique positive une manière permanente d'envisager les choses.

lundi 25 juillet 2016

Peyton Place - Grace Metalious

Sur plusieurs années, on suit les péripéties de la petite ville américaine de Peyton Place. Allison Mackensie n'a de cesse de penser à son père disparu. Elle ignore le secret que sa mère Constance, plus belle femme de la ville, cache depuis des années : Allison est l'enfant illégitime d'un homme qui était marié. Allison n'a qu'une amie, Selena Cross, qui vit dans un quartier beaucoup moins huppé, avec un père violent et alcoolique.
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette lecture. J'adore ces ambiances de petites villes, où chacun cache ses secrets, où ragots et commérages vont bon train. On se préoccupe surtout du qu'en-dira-t-on, dans un lieu où les réputations changent bien vite. Il y a sans cesse des rebondissements, les personnages évoluent. Ils sont complexes et nombreux, la personnalité de chacun est développée par l'auteure. Ils sont aussi profondément humains, chacun porte sa part de noirceur et de malheur. Le récit m'a réellement entraînée, on a envie de connaître la suite. J'ai aimé cette ambiance en huis-clôt, l'action étant vraiment circonscrite à la petite ville. Ce livre porte une vraie réflexion sur l'être humain, sur les rapports de pouvoir entre les différentes classes. La vie est plutôt cruelle, le drame ultime étant pour une jeune fille de tomber enceinte hors mariage.Une poignée d'hommes, les plus aisés, semblent prendre toutes les décisions.  Chacun semble à la fois coupable et victime des problèmes qui lui arrivent. On change également d'avis sur les personnages durant la lecture. Certains, comme Constance et Selena, me sont devenus sympathiques au fil des pages tandis que d'autres, comme Allison m'ont tantôt émue, tantôt agacée.
En somme, j'ai eu un réel coup de coeur pour cet ouvrage, c'est tout à fait le genre d'oeuvres que j'affectionne.



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vendredi 15 juillet 2016

Le dompteur de lions - Camilla Läckberg

J'ai reçu en cadeau le dernier-né de l'écrivaine suédoise. Je suis une inconditionnelle de ses romans, et na taris généralement pas d'éloges sur ceux-ci. Alors, "Le dompteur de lions" a t-il fait exception à la règle ?
Comme à l'accoutumée, deux histoires en parallèle, que plusieurs décennies séparent, et qui vont finir par se rejoindre. On cherche à résoudre les mystérieuses disparitions de jeunes filles à travers la Suède. L'une d'elles est retrouvée, la langue coupée, sans yeux et privée d'ouïe. Il va sans dire que Patrick et ses collègues vont alors se démener pour trouver le coupable.
Je viens de relire ma critique du tome qui précédait celui-ci. Je mettait alors en garde l'auteure, lui disant que nous lecteurs finirions peut-être par nous lasser si celle-ci employait toujours les mêmes ficelles. Je suis au regret de dire que selon moi, l'auteure est définitivement tombée dans ce piège. Certes, le livre m'a accroché et je l'ai dévoré, avec la hâte de connaître le dénouement. Certes, les personnages sont toujours aussi attachants. Cependant, l'intrigue reprend encore un schéma certes efficace mais un peu usé. On découvre qu'un personnage cachait son passé et a changé de nom etc... Ce n'est pas que je n'ai pas été surprise : je n'ai pas été surprise d'être surprise. Même si j'aime toujours autant l'esprit, tout cela commence à sentir un peu le réchauffé. J'ai trouvé la fin un peu bâclée également. De même, sur le plan de le vie personnel des policiers, pas non plus de surprise.
Cela m'attriste que le négatif l'emporte, mais il faut bien reconnaître que Läckberg semble être arrivée à un point où elle ne nous surprend plus vraiment. Pourtant, le style reste agréable, l'atmosphère plaisante, les intrigues bien ficelées... Je reste sur ma faim, il serait temps de mettre un peu de piment et d’inattendu dans tout cela.


vendredi 1 juillet 2016

Ensemble, c'est tout - Anna Gavalda

Vous ne pouvez pas imaginer le bien que ce livre m'a fait. Une histoire de vrais gens, avec des vraies galères, des vrais défauts et des vrais bonheurs. Une histoire de gens, tout simplement. Qui ne se comprennent pas toujours, mais qui s'aiment et finissent par s’apprivoiser. Une histoire qui te dit que rien n'est jamais perdu, quelque soit le quota de problèmes et de drames avec lequel tu es parti dans la vie.
Au début, j'avais du mal à accrocher mais après, impossible de le lâcher. Tout sonne tellement juste, on ne peut s'empêcher d'y croire du premier au dernier mot. J'ai vécu les mêmes émotions que les personnages, je les ai aimés et détestés. C'est un livre qui donne de l'espoir, du bonheur en barre. Il recèle la chose la plus importante à mes yeux : la simplicité. Il fourmille de preuves que le bonheur peut nous tomber dessus à n'importe quel moment, qu'il suffit de trouver les bonnes personnes avec qui le partager.
Bref, j'ai adoré, je le conseille à tout le monde. J'avais la larme à l'oeil en le lisant, chose qui m'arrive extrêmement rarement. Du coup, je ne perds pas mon temps à chercher des points négatifs. Ce roman a su me remonter le moral un jour de déprime, et c'est tout ce que je lui demandais.

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mardi 28 juin 2016

L'échec

J'ai récemment été confrontée à l'un des plus gros échecs de ma vie. Les résultats d'un concours que je préparais depuis plus d'un an : pas admise. C'est suite à cette désillusion que j'ai rédigé l'article "Souffrance". Le sentiment que j'ai ressenti lorsque je cherchais en vain mon nom sur la liste est indescriptible. Incompréhension puis le monde qui semble s'écrouler. Je ne vais pas détailler cela, l'article Souffrance le résume parfaitement. Mais le lendemain matin, lorsque je me suis réveillée le monde tournait toujours. Les choses étaient encore à leur place, et moi j'étais vivante. J'étais capable de rire. Bob Marley disait : "Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste ta seule option" Cette citation a pris tout son sens récemment pour moi. Je n'aurais jamais cru que je surmonterais aussi aisément cet échec tant redouté. La chose qui m'a le plus surprise, c'est l'arrivée presque immédiate d'un sentiment qui a remplacé la Souffrance si présente la veille : l'espoir. J'ai depuis quelques temps la conviction que les moments de merde que nous vivons nous nourrissent, font de nous ce que nous sommes. Ils sont notre histoire. Pendant longtemps j'ai pensé que seuls les bons moments, les victoires méritaient leur place dans notre mémoire. Mais c'est faux : le rien, la souffrance, l'ennui, l'échec font partie intégrante de notre personnalité. L'espoir est la seule chose qui m'a fait avancer toute ma vie. La certitude que je méritais mieux, que je trouverais mieux. Que je réussirais à me prouver, à moi et à personne d'autre, que j'en étais capable. Que j'allais me rendre fière de moi. Mes échecs m'ont toujours montré que j'étais à même de me relever, que je n'avais besoin de personne qui croirait en moi à ma place. Parfois on vit des moments tellement intenses qu'ils nous font comprendre à quoi servent les instants de tristesse, de solitude : ils servent à nous faire apprécier encore mieux les bons moments. Alors je continuerai à me relever, à y croire, à rêver. Je revendiquerai toujours ce droit à rêver. Je peux même dire que je suis contente que rien n'eut jamais été facile pour moi. Si j'ai énormément de chance de vivre dans un quotidien confortable, d'être aimé, mes rêves ne se sont jamais laissés saisir facilement. Je resterai donc debout pour ceux qui ne le peuvent plus. Plus loin sur la route, je me retournerai avec émotion et satisfaction sur mon parcours, j'en suis sûre. L'avantage des échecs, c'est qu'ils nous apprennent à ne plus avoir peur des suivants.

jeudi 23 juin 2016

Un long dimanche de fiançailles - Sébastien Japrisot

Une jeune fille, Mathilde, continue inlassablement à chercher son fiancé soldat disparu durant la grande guerre.
J'avoue que j'avais l'esprit très occupé ces derniers jours, à tel point que j'avais du mal à retenir les noms des différents soldats et à me concentrer sur l'intrigue. Cela ne m'a pas empêchée de trouver la détermination et l'amour de Mathilde très touchants. Elle est prête à tout pour retrouver son fiancé, et remue ciel et terre. C'était une belle idée que de mettre en avant l'après-guerre, la détresse des femmes ayant perdu leur compagnon. Le personnage de Mathilde est très intéressant, elle n'est jamais bêtement éplorée ou geignarde, elle est très digne.
Je n'ai donc rien à reprocher de particulier à ce roman, qui est très bien fait du début à la fin. La fin est par ailleurs très émouvante, je l'ai énormément appréciée. Toutefois, ce livre ne m'a pas non plus totalement transportée, je ne saurais pas trop dire pourquoi. Ce n'est donc pas un coup de coeur monumental, bien que j'ai beaucoup apprécié ma lecture et que je le recommande à tous.

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Souffrance

Parfois, j'ai juste l'impression d'être un énorme gâchis. Un échec qui se promène. J'ai juste le sentiment que je n'appartiendrai jamais vraiment à ce monde, que je vais déambuler dans le noir à la recherche de la porte de sortie. Les gens vont évoluer, ils vont être heureux. Et moi je vais juste ramasser les quelques pauvres miettes qui me restent d'estime de moi et repartir vaillamment au combat. Mais je n'en ai plus la force. En fait, je suis épuisée. Tout ce qui m'entoure n'est que mirage. Je crois enfin trouver l'apaisement mais ce n'est qu'une trêve avant la rechute. Le sentiment que ça va mal finir. D'être allongée sur le trottoir la tête contre le bitume et les passants ne me regardent même pas, ils détournent la tête et continuent leur chemin. Les réussites, les grandes joies ce n'est pas pour moi, jamais. Parce qu'au final tout ce qu'il reste ce sont ces larmes qui coulent sur ce clavier, cette souffrance, ce goût d'inachevé. Je suis incapable d'abandonner cette petite vie médiocre qui ne me satisfait pas. J'ai l'impression d'être toute brisée à l'intérieur, depuis toujours, et ça me fait chaque jour un peu plus mal. Mais personne n'a le moyen de me réparer, à part moi, et j'ai perdu le mode d'emploi de ma vie. Pour toujours. J'ai peur de me perdre moi-même, j'ai peur de tout. Car je sais que le jour où je vais décider que toute cette existence est révolue, il n'y aura plus jamais de retour en arrière possible. Jamais plus. J'espère qu'un jour je trouverai la clé qui soulagera mes maux, mais à vrai dire je n'y crois pas vraiment. J'ai parfois le sentiment que je ne la trouverai que dans la destruction, dans l'anéantissement systématique de tout ce qui fut l'ancienne moi.

And I tread a troubled track
My odds are stacked
I'll go back to black

Amy Winehouse

lundi 13 juin 2016

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker

Bon, j'arrive après la bataille et il y a déjà 159858 critiques de ce livre, donc je ne vais pas en rajouter. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Impossible de le lâcher, même en cette période tendue de révisions du Bac. Intrigue très bien ficelée, suspense à gogo et retournements de situation en veux-tu en voilà. Les personnages sont tous singuliers et attachants, très bien construits. L'auteur alterne les périodes temporelles, les points de vue... c'est original. Il y a aussi de l'humour, de l'amour surtout. Mais ce que j'ai préféré c'est la manière dont ce livre parle du métier d'écrivain, notamment à travers la relation entre Harry et Marcus. Les courts passages qui précèdent chaque chapitre sont en ce sens très inspirants, ils m'ont donné envie d'écrire un roman.
Point négatif ? Des répétitions, à certains moments l'auteur reprend des passages qu'on a lu précédemment. Ce n'était pas forcément nécessaire, cela rallonge le roman plus qu'autre chose à mon sens. Peut être un peu trop de retours en arrière aussi, certains moments l'auteur alterne beaucoup les périodes temporelles ce qui m'a un peu perdue. Ah oui, aussi : les dialogues entre Nola et Quebert... Beaucoup trop niais, pas du tout réalistes. Leur relation est d'ailleurs bien trop gnan-gnan à mon goût, la façon dont l'auteur la relate m'a déçue : c'est caricatural et on n'y croit pas.

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vendredi 10 juin 2016

Natacha et autres nouvelles - Vladimir Nabokov

Je n'aime pas les nouvelles, mais la curiosité m'a poussée à me plonger dans celles-ci.
 Je vais être brève, mon avis concernant l'ensemble est assez mitigé malgré la beauté indéniable du style, qui sait nous transporter. Le style, c'est là le point positif du recueil. Mais comme souvent, mon avis est assez partagé quant à ces cinq nouvelles : la première, la plus connue (Natacha) m'a plus ou moins laissée de marbre. Je n'ai pas du tout aimé Le Mot, que j'ai parcouru distraitement. J'ai beaucoup aimé Bruits, que j'ai trouvée très complète dans sa narration, j'ai vraiment pris plaisir à découvrir les personnages qui sont très bien construits malgré la brièveté du récit. La Vengeance m'a tout autant plu, histoire assez savoureuse et très plaisante à lire. La Bonté, récit qui clôt le roman est celui qui m'a le plus touchée : il ne s'y passe pas grand chose, mais tout y est finesse et simplicité. C'est mon coup de coeur de l'ouvrage.
Pour résumer, je suis passée à côté des deux premières nouvelles (dont Natacha !) mais j'ai beaucoup aimé le reste, je ne regrette donc pas ma lecture qui m'a permis de me familiariser avec le style de ce grand auteur russe.

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mercredi 8 juin 2016

L'Adversaire - Emmanuel Carrère

Mon deuxième Carrère, après Limonov que j'avais énormément apprécié. Ici l'écrivain raconte une histoire dramatique : celle de Jean-Claude Romand, qui a tué sa femme, ses deux enfants et ses parents avant de tenter de se suicider. Pourtant, il survit et l'écrivain décide de commencer une correspondance avec l'assassin. Après le meurtre, on découvre en fait que toute l'existence de Romand ne reposait que sur un énorme mensonge : pendant des années, il a berné tout son entourage en prétendant être un chercheur réputé à l'OMS. Au lieu de cela, l'homme passait ses journées dans sa voiture, sur des parkings...
J'ai retrouvé tout les éléments qui avaient fait que j'avais adoré Limonov. Le style d'abord, très vivant et agréable à lire. Et puis surtout, le talent de l'auteur pour raconter des histoires délicates de son propre point de vue, toujours avec justesse. Il n'en fait jamais trop, parvient toujours à trouver une place dans cette situation difficile : il ne dit jamais éprouver de la compassion pour la victime, mais il cherche à comprendre. Carrère nous dévoile le processus d'écriture : ses moments de doute, où il a failli tout arrêter, son malaise parfois : c'est que j'apprécie plus que tout, cette honnêteté. L'écrivain ne prétend jamais détenir la vérité, mais il se questionne en même temps que nous. On est véritablement plongé dans cette histoire terrible, je ne pouvais plus m'empêcher de lire tant c'est fascinant, ignoble, complexe...
Je suis ainsi bien décidée à poursuivre sur ma lancée et à découvrir d'autres ouvrages du même auteur, tant j'aime sa plume et son talent.

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lundi 6 juin 2016

Voyages en Autistan - Josef Schovanec

J'ai été surprise au fil de ma lecture puisque je m'attendais à un récit de la vie de l'auteur, comment il a géré son autisme... Or ce n'est pas du tout cela, l'auteur se raconte à travers ses nombreux voyages et autres anecdotes.
J'ai bien aimé cette forme assez différente de ce que à quoi l'on pourrait s'attendre. La façon dont l'écrivain aborde l'autisme est assez émouvante, toujours avec beaucoup d'autodérision, sans aucun misérabilisme. La culture qu'il semble posséder, son ouverture d'esprit sont impressionnantes. Le regard qu'il porte sur les autres et sur lui-même m'a beaucoup touchée, c'est là une belle leçon de vie.
Cependant, le livre m'a semblé un peu décousu par moment. On passe d'une anecdote à une autre : certaines m'ont vraiment beaucoup plu, d'autres un peu moins. Ma lecture fut donc assez inégale, entre des passages qui m'ont bouleversée et d'autres qui m'ont plus laissée sur ma faim. J'ai également eu un peu de mal avec le style, que je trouvais assez ampoulé au début même si je m'y suis habituée.
Dans tous les cas on ne peut que saluer le recul sur lui-même et l'humilité de l'homme, présents à chaque page. L'écrivain m'a vraiment semblé sympathique, profondément gentil et humain.

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dimanche 5 juin 2016

Nuit solitaire

T'es juste assise là, à regarder les autres vivre. T'aimerais seulement que pour une fois les choses soient simples et faciles. Que le sort joue en ta faveur. Tout ce que tu voudrais, c'est arrêter de te sentir marginale, solitaire au milieu de la foule. Être capable, pour un instant, d'arrêter de réfléchir. Mettre pause. S'enfuir. Les relations se font, se défont et toi tu restes dans ton abîme de perplexité. Tu sais pas ce que l'avenir te réserve. Tu as peur de porter, dans quelques années, un regard amer et désillusionné sur ce que tu es en train de vivre. T'en as marre de faire partie de la foule, de ces ombres, de cette populace. T'as peur d'exploser, de faire souffrir les gens de la pire des manières. Tu te sens tout le temps trahie, marre de vivre dans un monde de rêve et d'illusions. Mais cette vie n'est pas faite pour les idéalistes, les rêveurs, les sensibles, les fragiles. Y a pas de place, de rôle pour eux ici-bas. Alors tu continues d'afficher ce sourire factice, de tenir debout. Tu attends l'élément déclencheur qui feras que tout ce que tu as maigrement construit jusqu'à lors parte en fumée. Même quand tout va bien, tu te sens mal. La moindre possibilité de bonheur te faire peur. Tu envies les gens, tu les hais profondément mais tout ce que tu voudrais c'est être capable d'agir comme eux, de penser comme eux.  Les prochaines années sont empreintes d'un tel mystère : seras-tu capable de continuer ton petit chemin, te couler un peu plus dans ce moule dans l'espoir d'être vraiment heureuse ? Ou vas-tu plutôt tout envoyer bouler, te détruire, détruire avec toi les gens qui t'aiment ?
Je pense qu'il faut que tu arrêtes de chercher un sens, un mode d'emploi à tout ça. Y en a pas, y en aura jamais parce que personne sait vraiment où il va, qui il est. Peut être que le Spleen qui coule dans tes veines te rendra plus forte, un shoot de courage et de différence. Ou peut être bien que c'est une injection létale, on verra. Qui vivra verra, qui vivra pas verra pas, qui verra vivra.

vendredi 3 juin 2016

Les conseils que je donne aux autres, et que j'aimerais être capable de m'appliquer

○Ne t'occupe pas du regard des autres.
○Laisse les choses se faire naturellement, laisse le temps faire son oeuvre, ne sois pas trop impatiente.
○Aie confiance en toi.
○Ose prendre des risques, sortir de ta zone de confort, te confronter à de nouveaux challenges.
○Affirme ton opinion.
○Arrête de penser que tu ne vaux rien, arrête de te comparer aux autres.
○Sois positive, vois les choses qui marchent dans ta vie et pas celles qui ne sont pas satisfaisantes.
○Arrête de te plaindre, rappelle toi de toutes les choses qui font que tu as de la chance.
○N'aie pas peur de te tromper, d'être jeune. Sois insouciante et spontanée.
○Ne laisse pas les gens te faire du mal, même par mégarde. Raye de ta vie ces personnes à qui tu donnes beaucoup mais qui ne te rendent jamais rien.
○Ne te mets pas autant de pression, arrête de stresser pour des choses qui n'en valent pas la peine.
○ARRÊTE de réfléchir parfois, arrête de te prendre la tête !
○La souffrance, le mal-être sont utiles. Ils permettent d'apprécier encore plus fort les bons moments.
○Certaines choses qui te paraissent fondamentales aujourd'hui ne sont en fait que des détails dont tu ne te rappelleras plus dans quelques années.
○Parfois tu vis des moments tellement magiques, tellement intenses qu'ils effacent toutes les merdes que tu as pu traverser.
○A 17 ans, tu es à l'aube de ta vie. Tous les possibles restent ouverts, alors fonce.
○Certaines choses sont graves et méritent qu'on y accorde du temps, de l'énergie, mais ce n'est pas le cas des trois quarts de tes problèmes.
○Ne crains pas de rire à en pleurer, de pleurer toutes les larmes de ton corps, d'en vouloir aux autres. Tu es un être humain, tu as le droit d'avoir des sentiments.
○Tu as le droit de faire des erreurs, de ne pas être parfaite, de te tromper.

lundi 30 mai 2016

Au coeur du monde - Blaise Cendrars

C'est là un auteur qui m'attirait depuis longtemps, et j'ai eu l'occasion d'attaquer son oeuvres par ses poésies. Elles m'ont ainsi beaucoup plu, véritable invitation au voyage. L'oeuvre se laisse lire très facilement, de manière très agréable. Les poèmes sont courts, concis comme je les aime, tout l'ouvrage est ainsi empreint de cette fulgurance, de cette vivacité. Pourtant, sous cette apparente simplicité se cache un grand talent. On est portés par les vagues, on découvre les paysages au gré de la plume du poète. Celui-ci retranscrit très bien les atmosphères indolentes, la moiteur de l'Amérique du Sud. Les poèmes m'ayant le plus plu sont ceux qui traitent directement de la nature, du voyage j'ai moins apprécié ceux concernant la vie sur le bateau, les passagers.
C'est avec plaisir que je me re-plongerai dans l'oeuvre de l'écrivain, notamment dans ses romans.

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samedi 28 mai 2016

Paroles - Jacques Prévert

Pour cette oeuvre, j'ai envie d'une critique courte, à l'image de certains des poèmes qui la composent. C'est enlevé, frais, plein d'esprit. Alternance de poèmes courts, d'autres beaucoup plus longs. Tour à tour drôles ou émouvants, souvent les deux à la fois, ces poèmes m'ont réellement plu. Tout ne m'a pas transcendé mais dans l'ensemble j'ai trouvé ce recueil incroyablement moderne. Certains vers sonnent tellement juste, il y a une vraie intelligence dans l'écriture. Beaucoup de positif concernant cette oeuvre, donc. Je n'ai pas l'impression de la "vendre" très bien (je ne suis pas très en verve aujourd'hui), mais je suis sûre d'une chose : ces Paroles n'ont pas besoin qu'on les vende.

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jeudi 19 mai 2016

L'Ecume des jours - Boris Vian

Ce livre est depuis très longtemps sur ma liste des oeuvre à découvrir. J'ai enfin eu le temps de m'y plonger, et je ne le regrette pas. J'aime beaucoup ces auteurs qui n'ont pas peur de créer un univers totalement singulier et fantasque, et je pense que Boris Vian en fait indéniablement partie. Tout est loufoque, onirique, tendre... Ce livre est une merveilleuse petite bulle. J'ai aimé la simplicité avec laquelle on est embarqué dans un monde qu'on ne comprend pas toujours, qui défie les codes, où les choses sont souvent surprenantes et bizarres. Oui, je trouve que ce livre est un adorable bonbon, un nuage. Il ne ressemble à aucun autre tant la société qu'il dresse est particulière. Pourtant, le joli univers devient de plus en plus sombre au fur et à mesure que le nénufar pousse, que les doublezons viennent à manquer (et là ceux qui ne l'ont pas lu ne comprennent rien, ne vous inquiétez pas c'est normal). Le contraste entre le début enchanteur, ensoleillé et la fin noire, horrible est saisissant.
En définitive j'ai véritablement adoré ce livre, c'est une pépite à lire à tout prix !

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vendredi 13 mai 2016

Petits poèmes en prose - Charles Baudelaire

Avant d'ouvrir ce livre, j'avais peur. Peur car je n'aime pas du tout lire les poèmes en prose, d'ordinaire. Peur de détériorer l'image de mon poète préféré par le biais d'une oeuvre qui ne me plairais pas. Mais d'ordinaire n'est pas Baudelaire. J'aurais bien dû me douter que s'il en était un qui était capable de me faire aimer la poésie en prose, c'était lui. Pourquoi chaque mot qu'a écrit cet homme me transperce t-il ? Je ne saurais l'expliquer. Lui seul est capable de me faire monter les larmes aux yeux quand je lis ses œuvres. Lui seul sait mettre des mots sur des sentiments que je porte en moi depuis toujours, ayant toujours l'impression d'être la seule à ressentir ces maux, ces angoisses. Efficacité, concision de la forme. Style, style... beauté de la plume baudelairienne ! Pas besoin d'avoir un dictionnaire avec soi pendant la lecture, les pages défilent, tout est simple de compréhension et pourtant si profond et complexe dans le sens. Les œuvres de Baudelaire sont les seules que je peux lire comme des romans, sans jamais me lasser, sans jamais être saturée. Les seuls poèmes qui m'habitent encore des années après la lecture. Au fond, il parle de Paris, il parle de lui mais il parle de toi, de nous, de moi.
Charles, on ne se connait pas, on ne pourrait pas être plus différents, mais je me sens si proche de toi.
Alors, Charles, merci.


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lundi 9 mai 2016

Vers et Prose - Stéphane Mallarmé

Dès les premières pages de cet ouvrage, ce fut d'abord la beauté du vers (ou de la prose, d'ailleurs) qui m'a saisie. J'ai réellement trouvé le style, la musicalité de la poésie de Mallarmé magnifique. Les images de la nature, des fleurs, de l'eau sont très jolies sans être classiques. En fait, je ne sais pas trop dire pourquoi ni comment mais ces poèmes m'ont touché, m'ont parlé sans que j'en comprenne toujours le sens. Je me suis simplement laissée porter par la mélodie, la beauté des images... Cette première lecture m'a donné envie de conserver cet ouvrage dans un coin pour le redécouvrir plus tard sous un nouveau jour, et sans doute mieux le comprendre. Je suis cependant passée un peu à côté de la prose, ce qui n'a rien d'étonnant puisque je n'aime pas vraiment lire de poèmes en prose.
Bref, je n'ai pas beaucoup d'arguments à avancer mais ces poèmes sont certainement parmi les plus beaux, quoique parfois obscurs, que j'ai lu. Ils m'ont appris qu'il y avait deux niveaux de compréhension : celui du cerveau, et celui du coeur. Et cela m'a fait du bien de reposer un peu mon cerveau pour laisser le champ libre à mon coeur, à mon âme. Une belle découverte. 

Poèmes préférés
Apparition
Soupir
Brise marine
L'Azur
Tristesse d'été
Ses purs ongles très hauts...
Le Nénuphar blanc
Plainte d'automne
La pénultième

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mardi 3 mai 2016

Poésies, Derniers vers, Une saison en enfer, Illumations - Arthur Rimbaud

Après Verlaine, il était logique que je m'attaque à son fameux amant... Bon, je ne vais pas faire semblant : au début j'ai eu beaucoup de mal. J'ai l'habitude de lire des poésies où le sens est plus évident, où je comprends à peu près tous les mots... Autant dire qu'ici ce n'était pas le cas. J'ai mis beaucoup de temps à me laisser porter par la musicalité, par la beauté des images, par les mots tout simplement. Et là... quel enchantement, quel modernité, quel enfant terrible ! Parfois très sérieux, parfois d'humeur malicieuse... On ne sait jamais à quoi s'attendre avec ce Rimbaud. Je pense réellement que ce recueil mérite d'être lu, re-lu, et re-re-lu pour en saisir à chaque fois un peu plus la beauté. Je n'ai pas pu m'empêcher d'avoir ce sentiment tout au long de ma lecture : "Ça doit être terriblement beau, tout le monde le dit... suis-je bête de ne pas comprendre ?" Mais j'ai finalement compris que là n'était pas la question, que chacun arrachait de ces pages ce qu'il voulait et laissait le reste, qu'on pouvait se laisser bercer sans forcément connaitre le sens de chaque mot. Le fait que ce soit en grande partie écrit par un adolescent m'a, je pense, permis de me retrouver dans de nombreux poèmes. Cependant, je ne pense pas être tout à fait assez mature pour apprécier les textes (en prose souvent) les plus audacieux. Mais il faut dire qu '"on n'est pas sérieux quand on a 17 ans" ...

Poèmes préférés: 
-Sensation                          -Mémoire
-Ophélie                              -Fête de la patience
-Bal des pendus                   -Vierge folle
-Première soirée                 -Alchimie du verbe
-Les reparties de Nina         -L'éclair
-Roman                                 -Adieu
-Le dormeur du Val                -Ville
-Ma bohème                          -Aube
-Le coeur volé                        -Marine
-Les pauvres à l'Eglise           -Jeunesse
-Le bateau ivre                        -Génie
-Voyelles
-Les corbeaux


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Un super article sur le poète-voyant

mardi 19 avril 2016

Eux

Ils ne me comprennent pas. Ils me demandent de parler de moi, mais je ne les connais pas. Je n'ai pas envie d'entendre parler d'eux et pas envie de leur parler de moi. Ils projettent seulement sur moi l'image la plus facile, la plus acceptable. Pourquoi se préoccuper des nuances quand on peut mettre un être humain dans une jolie boîte avec un seul mot marqué dessus ? Pourquoi chercher plus loin, pourquoi accepter les paradoxes et les incohérences ?  Non, il vaut sans doute mieux se contenter des apparences. Dire des propos raisonnables, faire des choses raisonnables plutôt que d'accepter les délires des autres, leur folie. Peur que leur malheur nous contamine. Ne pas laisser les gens parler, ne pas les laisser raconter des choses qui ferait vaciller le fragile équilibre de cette putain de société. Continuez à me considérer comme une bonne élève, moi je ne vous considère même pas. Pourquoi ne pas accepter que les gens soient friables, fragiles ? Pourquoi me réprimander quand je pleure ? L'être humain pleure, non ? S'il ne devait pas pleurer on n'aurait même pas de foutus canaux lacrymaux. J'ai compris, maintenant. Je continuerai à emprisonner mes incohérences, mes paradoxes, ma folie, ma souffrance. Je vous montrerai seulement ce que vous voulez bien voir de moi, ce que vous être prêt à accepter. Cette gentille petite partie de moi que vous semblez m'envier. Si vous saviez... si vous saviez ce que j'en ai a foutre d'être une bonne élève, d'être gentille, d'être polie. Si vous saviez le rugissement permanent qu'il y a dans mon cerveau, les bourrasques et les marées de mon âme. Alors d'accord, je ne vous dirai plus que j'ai envie de tout plaquer, de me casser. Je ne vous interrogerai plus sur ma place dans ce monde, ni même sur ce monde. Je ne vous dirai pas que parfois que je me demande si tout ça en vaut vraiment la peine. Si facile de fermer les yeux sur l'anormalité et sur le mal-être des autres, sur leurs blessures. Pourtant, Dieu sait que j'en ai. Je suis sûre que mon pauvre coeur saigne, atrophié.
Je garderai tout ça en moi. Jusqu'à l'explosion. Ce jour-là, elle vous soufflera tous sur son passage, vous arrachera vos putains de membres en ne laissant que vos têtes vides, vos âmes pauvres, vos coeurs secs. Et moi je partirai sans me retourner, jusqu'à la mer. Jusqu'à m'y noyer et ne plus entendre cette voix qui me dit que je ne mérite rien, que je ne suis pas adaptée à ce monde, que je ne trouverai jamais ma place.

vendredi 15 avril 2016

Poésies choisies - Alfred de Musset

Je viens de terminer ce court recueil qui comporte, je pense, les poésies les plus connues de Musset. Ces poèmes me m'ont pas transcendées comme d'autres ont su le faire (indétrônable Baudelaire, inénarrable Hugo, inoubliable Verlaine...). Mais j'ai trouvé beaucoup d'audace, autant dans la forme (des dialogues, presque des scénettes) que dans le fond. En effet, le poète ne tombe pas dans le romantisme "dramatique" (que j'aime beaucoup par ailleurs) et choisi plutôt un ton léger. J'ai retrouvé ce passage de la Nuit de mai, avec le pélican, que j'aime tant. Cependant, beaucoup de poèmes étaient vraiment longs, ce qui, je l'avais mentionné, ne me plaît pas du tout. Mon attention a tendance à s'envoler lorsque la longueur des poèmes augmente, et je les trouve également moins touchants et moins compréhensibles. Ceci, est, bien sûr, un goût personnel. Je ne crois pas garder un souvenir impérissable de ce recueil. Je l'ai bien aimé mais je n'ai pas ressenti ce "Ah ! Quand je vous parle de moi, je vous parle de vous !"  (Victor Hugo). Les pensées du poète ne sont pas entrées en résonance avec mes propres problématiques, je ne me suis pas vraiment retrouvée dans ces poèmes. Cet aspect universel m'a quelque peu manqué, donc. Au final, les poèmes qui me plaisent le plus sont les plus simples, les plus courts. Je déplore un peu trop de fioritures dans vos poèmes, cher Alfred.

Poèmes préférés :
Stances
Ballade a la lune
Le Saule
Lucie
La nuit de Mai
La Nuit de décembre
Lettre à Lamartine
La Nuit d'août
La Malibran
La Nuit d'octobre
L'Espoir en dieu
Souvenir
Sur trois marches de marbre rose

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dimanche 3 avril 2016

Poèmes saturniens, Fêtes Galantes, Romances sans paroles - Verlaine

Comment parler de ces vers, d'une justesse et d'une musicalité incroyables ? Avec Verlaine tout a l'air facile, tout a l'air écrit au fil de la plume du poète. J'ai beaucoup aimé cette liberté, ce choix de vers courts, au nombre impair de syllabes. Comment si peu de mots peuvent-ils avoir un impact aussi énorme ? Voilà, je sais ce que j'aime chez Verlaine : je trouve qu'il y a toujours une certaine pudeur, une retenue lorsqu'il évoque la douleur. Beaucoup de dignité, de classe. Le talent de dire en trois mots ce que d'autres diraient en 4 strophes. Je trouve également que c'est l'un des poètes qui sait le mieux évoquer la nostalgie et le temps qui passe. Que dire d'autre... Les poèmes sont toujours très denses, très intenses. Chaque mot, même le plus petit, fait sens et contribue à l'équilibre de tout le poème. Il y a cette fragilité, cette folie douce qui transparaît à chaque fois. On sent l'homme instable, vacillant derrière la rime alerte et le vers leste. Il parle des femmes, de l'amour, de la solitude. Thèmes classiques, topos qui avec lui n'en sont pas. Je me suis énormément retrouvée dans certains vers, notamment lorsqu'il dit que le pire dans le malheur c'est de ne pas savoir pourquoi l'on est malheureux, chose que j'ai écrite et pensée bien des fois.

Poèmes préférés :
Après trois ans
Mon rêve familier
Marine
Soleils Couchants
Nuit du Walpurgis classique
Chanson d'automne
Le rossignol
Nevermore
Dans les bois
Clair de lune
En sourdine
Colloque sentimental
Ariettes oubliées : I, III, VIII, 
Bruxelles I 
Birds in the night
Green
Beams


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mardi 29 mars 2016

Sur la route - Jack Kerouac

Ils vont, ils viennent, d'un bout à l'autre des Etats-Unis, tels des fous furieux, sans cesse repris par l'appel du bitume, toujours prêts à mettre les voiles vers là où le vent les portera.
J'ai mis littéralement une éternité à lire ce pavé d'une incroyable densité. Mais je suis bien contente de l'avoir fait, je me sens vraiment enrichie par ma lecture. On ne peut pas nier qu'il y a une atmosphère particulière dans ce roman, l'insouciance de toute une époque. J'ai eu l'impression d'être prise dans une long tourbillon : où sont les personnages, où vont-ils ? On ne le sait pas toujours. Une valse de noms, certains connus, de fêtes, de rencontres, de femmes... Ils se quittent, se retrouvent à des kilomètres, repartent, happés par l'appel du large. Toujours en mouvement, ne pensant à rien de sérieux. Certains passages resteront littéralement gravés dans mon cerveau, des nuits comme on aimerait en vivre. Pour moi, l'humain prime dans ce livre : on s'oublie par amitié, par amour, les relations sont intenses et parfois brèves, intermittentes, crépitent avant de s'éteindre. Seule constante : la route, toujours elle, éternelle confidente et compagne. Que dire de Neal, ce personnage fiévreux, fou, autodestructeur et pourtant terriblement attachant, qui fascine Kerouac autant que le lecteur ?Tout est flou dans ce livre, les personnages souffrent en même temps qu'ils se sentent libres, vivants. De règle, il n'en ont qu'une : reprendre la route, à chaque fois que l'envie s'en fait sentir. Ils sont incapables de se poser, incapable de mener une vie de famille normale. Ils ne vivent que pour bouger, travaillant seulement quand l'argent manque terriblement.
C'est un roman long à lire, ardu mais c'est le genre d'oeuvre qu'on emporte avec soi pour toute une vie. Elle nous rappelle que l'existence est faite de choix, de priorités et d'humain avant toute chose. De liberté.

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vendredi 4 mars 2016

La délicatesse - David Foenkinos

Que dire, que dire... Je l'ai lu d'une traite, lors d'un long trajet en avion. J'étais véritablement incapable de m'en détacher. J'ai trouvé ce roman évidemment très délicat, aussi léger qu'une plume. L'écriture est toujours aussi agréable, simple mais avec cette patte caractéristique de l'auteur. Les personnages sont profondément humains, très attachants, très normaux aussi (dans le bon sens du terme). Ils sont incroyablement touchant, avec leurs doutes, leurs peurs. L'amour, la perte, la douleur : ce livre raconte la vie. Une histoire en apparence toute simple, mais j'ai coutume de dire que les choses les plus simples sont les plus difficiles à réaliser. Une histoire d'êtres humains qui hésitent, qui s'aiment, ne se comprennent pas toujours. Une magnifique histoire d'amour. Tout est très tendre, très joliment raconté : très juste, surtout. Comment se reconstruire après la perte de l'être aimé, celui qui était tout ? De nombreux passages, de nombreuses citations m'ont marquée. De plus, je pense que ce livre sera pour moi indéfectiblement associé à ce souvenir des nuages qui défilent par le hublot, des maisons petites comme des maisons de poupées.
Je pense que c'est un roman qui donne de l'espoir, je le recommanderais à tout le monde (même si je pense que beaucoup l'ont lu, tant il est, à juste titre, populaire).
J'aime toujours autant ce que fait David Foenkinos.

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Les micro-humains - Bernard Werber

Je dois vous dire que j'étais un peu réticente à commencer ce livre : de la science-fiction, genre que je n'apprécie pas trop, française de surcroît (oui, méchant préjugé). J'ai donc été très agréablement surprise.
Dans un futur proche, une nouvelle génération d'humains a été créée. Ils mesurent 17 centimètres et sont de plus en plus utilisés pour diverses tâches : sauvetage de mineurs prisonniers sous terre, chirurgie, industrie... A l'origine de cette révolution, une entreprise française, PygméeProd. Cependant, les choses vont se compliquer : la société perd le monopole de création des MicroHumains (des modèles chinois bas de gamme de MicroHumains se développent), et un débat s'ouvre sur le statut de ceux-ci. Comme au temps de la controverse de Valladolid, on s'interroge : sont-ils des humains ? des animaux ? des choses ? D'autant que les Micro Humains commencent à vouloir s'émanciper des "Grands"...
Comme dit, j'ai vraiment apprécié cette histoire. J'ai trouvé l'idée de départ originale et bien menée. L'auteur a su construire un véritable univers qui pose de nouvelles problématiques. Les personnages sont plutôt attachants, ils sont vraiment construits avec leurs failles etc. Tout cela semble très proche de nous et invite à se poser des questions, sur la gestion des ressources, la science, l'avenir de notre espèce et de la planète. L'actualité, la géopolitique sont aussi très présentes ce que j'ai beaucoup aimé, le roman est définitivement ancré dans son temps. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, j'avais vraiment envie à chaque fois de connaître la suite. Les trois générations d'humains sont très habilement mêlés, on en découvre un peu au fur et à mesure.
Je note toutefois que les extraits de l'Encyclopédie et des informations (ceux qui l'ont lu voient sans doute de quoi je parle) sont parfois de trop et rallongent inutilement le roman.
Apparemment c'est le deuxième tome d'une trilogie, cela ne m'a pas du tout dérangée dans ma lecture même si je lirais volontiers les deux autres.

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mardi 23 février 2016

L'herbe bleue

Le sempiternel livre, que chaque adolescent, croyais-je, se devait de lire afin de se tenir loin des drogues. L'histoire banale d'une jeune fille qui avait tout pour être heureuse (famille aimante...). Un jour, elle est droguée à son insu et fait son premier "voyage". Elle fait les mauvaises rencontres, teste LSD, tranquillisants, somnifères, héroïne, speed... Elle quitte sa famille, elle erre, elle revient...
Je l'ai lu très vite, car l'écriture est extrêmement simple et le roman assez court. Cette histoire ne m'a pas intéressée plus que ça, j'ai trouvé le style plutôt désagréable et la jeune fille assez godiche. Je ne me suis pas vraiment attachée à elle, ce qui fait que je n'ai pas vraiment compatis à ses malheurs. Je suis restée "en dehors" de l'histoire. On sent que ce roman a été écrit uniquement pour effrayer les jeunes et les alerter des dangers de la drogue (but très louable en soit). Cependant, le livre perd alors tout ce qui fait l'intérêt de la littérature : style, épaisseur du personnage, intrigue... La fin est sans surprise et tombe comme un cheveu sur la soupe, inévitable conclusion.
A mon avis, il y a bien d'autres livres qui sauront montrer les ravages de la drogue tout en garantissant le plaisir de la lecture !

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lundi 22 février 2016

Lettre à l'ancienne Moi

Oui, c'est à toi que je parle. Tu as quoi, 12 ans, 13 ans ? Tu es au collège depuis peu. Je sais que c'est pas facile pour toi. Tu es "l'intello", celle à qui les autres demandent les devoirs et les réponses durant les contrôles : ne t'inquiète pas, cela ne changera pas. Tu apprendras juste à dire non, et à être fière de tes notes. Tu n'aimes pas parler en classe, que les profs t'interrogent. Plus tard, tu arriveras à vaincre ta nature, à te prouver à toi-même que tu es capable de lever la main en classe. Mais pour n'aimeras pas plus ça ! Tu as très peu d'amies, mais vous êtes inséparables. Je te préviens : la seule personne qui demeurera dans ta vie avant le collège sera celle qui étais déjà là avant. Tu vois de qui je parle, hmm ? Les autres changeront, et disparaîtront peu à peu de ta vie, même si c'est difficile à croire.
Tu as l'impression de ne pas valoir grand chose. Tu as du mal à te forger des goûts, à te trouver. Tu as l'impression d'aimer tout et n'importe quoi. Pas de panique : tu arriveras à avoir de vraies opinions. Parler des livres que tu dévores deviendras même l'une de tes passions et tu découvriras tout plein d'artistes géniaux.
Tu fais semblant du contraire, mais tu envies tellement ces filles populaires, amies avec les plus beaux garçons, un peu rebelles. Plus vite tu te le mettras dans la tête, mieux ça ira : tu n'est pas comme elles et tu le ne seras jamais. Tu ne seras pas l'une de ces filles populaires, donc ne cherche pas à t'en rapprocher. Ah oui, autre chose : cesse de de vouloir que tout le monde t'aime. Ce n'est pas possible et ça ne le sera jamais.
Continue de profiter de tes parents, de tes grands-parents, de ton frère. Tu n'en as pas forcément conscience mais ce sont des moments précieux. Sois fière de ton frère et pas jalouse, plus tard il te manquera beaucoup, des milliers de kilomètres vous séparant.
Profite du temps que tu passes chaque mercredi au poney-club : tu y repenseras plus tard avec nostalgie. Quoi d'autre ? Arrête de te rabaisser, d'avoir honte, de ne pas oser faire les choses à cause du regard des autres : fous-toi de tout. Ces bagues et ces boutons ne resteront pas toujours sur ta figure et ton cuir chevelu produira un jour moins de sébum. Ah oui, aussi : arrête de porter 356 bracelets sur chaque bras, plus un collier, plus un serre-tête. On a compris que tu aimais Claire's.

Avant de te dire adieu - Mary Higgins Clark

Bon, j'ai voulu redonner une chance à cette auteure apparemment très populaire ! Je ne m'attendais certes pas à de la grande littérature, mais à un bon thriller qui pourrait me détendre et me captiver (comme sait si bien le faire mon cher M. Coben)
Je suis une nouvelle fois déçue. J'ai trouvé le livre mal écrit, les personnages pas du tout attachants. Leurs histoires ne me faisaient ni chaud ni froid. Nell est agaçante, elle a des réactions étranges et semble plus se soucier de sa carrière que de la mort de son mari. Je ne trouve pas leurs réactions, leur manière de parler et d'agir réaliste du tout. Je n'ai pas ressenti le suspense, je voulais simplement terminer le livre au plus vite. D'ailleurs, je n'ai pas compris la moitié des démêlés immobiliers qui font toute la trame du roman. L'aspect "mystique" ne m'a pas séduite non plus, j'ai trouvé qu'il n'apportait rien et était seulement là pour combler les manques de l'intrigue. Lors du dénouement final, j'ai simplement fait "Ah." Bref, vous l'aurez compris je n'ai pas du tout accroché et je passe mon tour avec cette écrivaine.

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samedi 13 février 2016

Brosse à dents solitaire

J'aimerais faire part aujourd'hui d'une anecdote qui m'a brisé le coeur. Mardi dernier était le jour du carnaval dans mon lycée. J'étais à la cantine et un petit garçon s'est installé à une table non loin de la mienne. Je pense pouvoir dire qu'il était en classe de 6ème, il devait avoir une douzaine d'années. Il était vraiment adorable. Il était déguisé en brosse à dents, et il était manifeste que ses parents l'avaient aidé à faire ce costume. J'ai attendu quelques minutes que d'éventuels amis le rejoignent pour le déjeuner, mais j'ai fini par me rendre à l'évidence : il mangeait tout seul. Après avoir fini son repas, il a remis son déguisement de brosse à dents et est parti, bravement. Cela m'a énormément touchée. Voir ce petit bout de chou solitaire m'a rappelé combien le collège et l'école en général est un monde cruel. Je me suis demandée si ses parents savaient qu'il n'avait pas trop d'amis, ou s'il leur mentait pour les rassurer. Je trouve cela tellement dur pour un jeune garçon, une jeune fille, d'être rejeté et pire, moqué, par ses semblables. Tellement cruel d'être assis seul en classe et à la cantine, d'être le dernier choisi dans les équipes de sport, d'entendre des quolibets lorsque l'on passe dans les couloirs. Je pense qu'on ne se débarrasse jamais vraiment de ce genre de souvenirs, cela marque à jamais. Ce qui m'a bouleversée c'est l'effort fait par ce collégien de se déguiser, comme une dernière tentative de s'intégrer malgré tout.
Alors oui, peut être tout cela n'est-il que spéculations. Mais je continue de croire qu'on n'accorde pas assez d'importance aux ravages que peuvent provoquer les moqueries, le rejet par les autres élèves. Le harcèlement scolaire peut définitivement briser des vies.

dimanche 7 février 2016

Carthage - Joyce Carol Oates

Dieu que j'aime Carol Oates. Dieu que cette femme a du talent. Celui de raconter l'Amérique et les êtres humains comme nul autre. Celui de sonder les sombres méandres de l'âme humaine. Chacun de ses livres est pour moi une claque magistrale...
Ici c'est une famille américaine, les Mayfield, qui vit dans une petite ville nommée Carthage. Le père, Zeno, est estimé pour ses fonctions de maire. Il a deux filles, Juliet et Cressida. L'une est belle, appréciée de tous, souriante et tranquille. L'autre est laide, "compliquée", tourmentée. Un jour, Cressida, la "laide" disparaît. Il semble alors que ce soit l'ancien fiancé de Juliet qui l'ai tuée. Brett Kincaid est en effet brisé, physiquement comme psychiquement, par la guerre d'Irak. Très vite, le jeune homme fait ses aveux, confirmant les soupçons qui pesaient sur lui.
Le livre est très dense, hypnotique. Encore une fois Joyce Carol Oates parvient à créer des personnages absolument convaincants, qui sonnent incroyablement justes. Des hommes et des femmes avec leurs faiblesses, mais qui s'aiment malgré tout très fort. J'ai trouvé le personnage de Cressida très puissant, allant jusqu'à m'identifier à cette jeune fille incomprise de tous, si fragile au fond. Il y a également des thèmes qui m'ont beaucoup plus : le retour au pays après la guerre, la prison, le couloir de la mort... Une plongée dans l'Amérique profonde, dans tout ce qu'elle a de plus excessif et de plus particulier. Je n'ai pas pu lâcher le roman, que j'ai dévoré. Le récit est écrit très habilement, l'auteure alterne les narrateurs et les points de vue, laissant toujours le lecteur dans l'expectative. Il y a ainsi un vrai suspense. J'ai trouvé l'histoire incroyablement touchante, bouleversante. Ces personnages sont tous blessés, chacun à leur manière, pourtant ils ne cessent de s'aimer et de se supporter les uns les autres. C'est donc aussi une très belle histoire d'amour, mais un amour de la vraie vie, fort et douloureux. Je crois que c'est ce que j'apprécie par dessus tout : la justesse des mots qui fait qu'on ne cesse jamais de croire au récit et aux personnages.
Que dire de plus, à part que cette écrivaine est définitivement l'un de mes auteurs préférés.

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samedi 6 février 2016

Amour où es- tu ?

L'amour. Ça a l'air tellement intense, tellement fort. Et moi, n'y ai-je pas droit ? Ils ont l'air si heureux, souriants, beaux. Ensemble. Et moi, ombre grise et maladive, je les épie jalousement, seule. Toujours seule. Je n'y arrive pas. Je ne peux pas. Le pourrai-je jamais ? Je n'arrive pas à parler, à m'exprimer. A le montrer. Je feint, je masque, je ment. J'en rêve tout le temps. Je ne pense pas y avoir droit. Je ne sais pas comment cela fonctionne. J'ai peur. Je n'ai pas l'impression d'être comme eux, pour qui tout semble tellement facile et évident.  J'aimerais bien, pourtant. Je fais des efforts, pourtant. Mais cette peur du rejet me paralyse. Tellement dur de fendre cette armure, de me délester de ces déguisements, de cesser cette mascarade. Tellement dur de vivre dans la vraie vie et pas dans un film où tout est bien qui finit bien. À bout de souffle. Qui sera capable de partager un peu de cette douleur avec moi ? Boire le calice jusqu'à la lie, se moquer du reste du monde. Prononcer ces mots que j'ai tant besoin d'entendre. Je suis lasse de vivre dans l'utopie. Apprenez-moi à me contenter de ces banalités, de ce "petit bonheur" qu'Antigone refusait pourtant. Je veux vivre mais j'en suis incapable. Aidez-moi à sortir de ce carcan. Guérissez mon âme malade. Partagez mes tourments. Écartez ces ténèbres rien qu'un instant de moi. Soulagez-moi.
Au fond, c'est la seule chose que je veuille vraiment, mon seul désir. Le reste n'est que pacotilles.