mardi 29 mars 2016

Sur la route - Jack Kerouac

Ils vont, ils viennent, d'un bout à l'autre des Etats-Unis, tels des fous furieux, sans cesse repris par l'appel du bitume, toujours prêts à mettre les voiles vers là où le vent les portera.
J'ai mis littéralement une éternité à lire ce pavé d'une incroyable densité. Mais je suis bien contente de l'avoir fait, je me sens vraiment enrichie par ma lecture. On ne peut pas nier qu'il y a une atmosphère particulière dans ce roman, l'insouciance de toute une époque. J'ai eu l'impression d'être prise dans une long tourbillon : où sont les personnages, où vont-ils ? On ne le sait pas toujours. Une valse de noms, certains connus, de fêtes, de rencontres, de femmes... Ils se quittent, se retrouvent à des kilomètres, repartent, happés par l'appel du large. Toujours en mouvement, ne pensant à rien de sérieux. Certains passages resteront littéralement gravés dans mon cerveau, des nuits comme on aimerait en vivre. Pour moi, l'humain prime dans ce livre : on s'oublie par amitié, par amour, les relations sont intenses et parfois brèves, intermittentes, crépitent avant de s'éteindre. Seule constante : la route, toujours elle, éternelle confidente et compagne. Que dire de Neal, ce personnage fiévreux, fou, autodestructeur et pourtant terriblement attachant, qui fascine Kerouac autant que le lecteur ?Tout est flou dans ce livre, les personnages souffrent en même temps qu'ils se sentent libres, vivants. De règle, il n'en ont qu'une : reprendre la route, à chaque fois que l'envie s'en fait sentir. Ils sont incapables de se poser, incapable de mener une vie de famille normale. Ils ne vivent que pour bouger, travaillant seulement quand l'argent manque terriblement.
C'est un roman long à lire, ardu mais c'est le genre d'oeuvre qu'on emporte avec soi pour toute une vie. Elle nous rappelle que l'existence est faite de choix, de priorités et d'humain avant toute chose. De liberté.

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vendredi 4 mars 2016

La délicatesse - David Foenkinos

Que dire, que dire... Je l'ai lu d'une traite, lors d'un long trajet en avion. J'étais véritablement incapable de m'en détacher. J'ai trouvé ce roman évidemment très délicat, aussi léger qu'une plume. L'écriture est toujours aussi agréable, simple mais avec cette patte caractéristique de l'auteur. Les personnages sont profondément humains, très attachants, très normaux aussi (dans le bon sens du terme). Ils sont incroyablement touchant, avec leurs doutes, leurs peurs. L'amour, la perte, la douleur : ce livre raconte la vie. Une histoire en apparence toute simple, mais j'ai coutume de dire que les choses les plus simples sont les plus difficiles à réaliser. Une histoire d'êtres humains qui hésitent, qui s'aiment, ne se comprennent pas toujours. Une magnifique histoire d'amour. Tout est très tendre, très joliment raconté : très juste, surtout. Comment se reconstruire après la perte de l'être aimé, celui qui était tout ? De nombreux passages, de nombreuses citations m'ont marquée. De plus, je pense que ce livre sera pour moi indéfectiblement associé à ce souvenir des nuages qui défilent par le hublot, des maisons petites comme des maisons de poupées.
Je pense que c'est un roman qui donne de l'espoir, je le recommanderais à tout le monde (même si je pense que beaucoup l'ont lu, tant il est, à juste titre, populaire).
J'aime toujours autant ce que fait David Foenkinos.

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Les micro-humains - Bernard Werber

Je dois vous dire que j'étais un peu réticente à commencer ce livre : de la science-fiction, genre que je n'apprécie pas trop, française de surcroît (oui, méchant préjugé). J'ai donc été très agréablement surprise.
Dans un futur proche, une nouvelle génération d'humains a été créée. Ils mesurent 17 centimètres et sont de plus en plus utilisés pour diverses tâches : sauvetage de mineurs prisonniers sous terre, chirurgie, industrie... A l'origine de cette révolution, une entreprise française, PygméeProd. Cependant, les choses vont se compliquer : la société perd le monopole de création des MicroHumains (des modèles chinois bas de gamme de MicroHumains se développent), et un débat s'ouvre sur le statut de ceux-ci. Comme au temps de la controverse de Valladolid, on s'interroge : sont-ils des humains ? des animaux ? des choses ? D'autant que les Micro Humains commencent à vouloir s'émanciper des "Grands"...
Comme dit, j'ai vraiment apprécié cette histoire. J'ai trouvé l'idée de départ originale et bien menée. L'auteur a su construire un véritable univers qui pose de nouvelles problématiques. Les personnages sont plutôt attachants, ils sont vraiment construits avec leurs failles etc. Tout cela semble très proche de nous et invite à se poser des questions, sur la gestion des ressources, la science, l'avenir de notre espèce et de la planète. L'actualité, la géopolitique sont aussi très présentes ce que j'ai beaucoup aimé, le roman est définitivement ancré dans son temps. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman, j'avais vraiment envie à chaque fois de connaître la suite. Les trois générations d'humains sont très habilement mêlés, on en découvre un peu au fur et à mesure.
Je note toutefois que les extraits de l'Encyclopédie et des informations (ceux qui l'ont lu voient sans doute de quoi je parle) sont parfois de trop et rallongent inutilement le roman.
Apparemment c'est le deuxième tome d'une trilogie, cela ne m'a pas du tout dérangée dans ma lecture même si je lirais volontiers les deux autres.

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