mardi 28 juin 2016

L'échec

J'ai récemment été confrontée à l'un des plus gros échecs de ma vie. Les résultats d'un concours que je préparais depuis plus d'un an : pas admise. C'est suite à cette désillusion que j'ai rédigé l'article "Souffrance". Le sentiment que j'ai ressenti lorsque je cherchais en vain mon nom sur la liste est indescriptible. Incompréhension puis le monde qui semble s'écrouler. Je ne vais pas détailler cela, l'article Souffrance le résume parfaitement. Mais le lendemain matin, lorsque je me suis réveillée le monde tournait toujours. Les choses étaient encore à leur place, et moi j'étais vivante. J'étais capable de rire. Bob Marley disait : "Tu ne sais jamais à quel point tu es fort jusqu'au jour où être fort reste ta seule option" Cette citation a pris tout son sens récemment pour moi. Je n'aurais jamais cru que je surmonterais aussi aisément cet échec tant redouté. La chose qui m'a le plus surprise, c'est l'arrivée presque immédiate d'un sentiment qui a remplacé la Souffrance si présente la veille : l'espoir. J'ai depuis quelques temps la conviction que les moments de merde que nous vivons nous nourrissent, font de nous ce que nous sommes. Ils sont notre histoire. Pendant longtemps j'ai pensé que seuls les bons moments, les victoires méritaient leur place dans notre mémoire. Mais c'est faux : le rien, la souffrance, l'ennui, l'échec font partie intégrante de notre personnalité. L'espoir est la seule chose qui m'a fait avancer toute ma vie. La certitude que je méritais mieux, que je trouverais mieux. Que je réussirais à me prouver, à moi et à personne d'autre, que j'en étais capable. Que j'allais me rendre fière de moi. Mes échecs m'ont toujours montré que j'étais à même de me relever, que je n'avais besoin de personne qui croirait en moi à ma place. Parfois on vit des moments tellement intenses qu'ils nous font comprendre à quoi servent les instants de tristesse, de solitude : ils servent à nous faire apprécier encore mieux les bons moments. Alors je continuerai à me relever, à y croire, à rêver. Je revendiquerai toujours ce droit à rêver. Je peux même dire que je suis contente que rien n'eut jamais été facile pour moi. Si j'ai énormément de chance de vivre dans un quotidien confortable, d'être aimé, mes rêves ne se sont jamais laissés saisir facilement. Je resterai donc debout pour ceux qui ne le peuvent plus. Plus loin sur la route, je me retournerai avec émotion et satisfaction sur mon parcours, j'en suis sûre. L'avantage des échecs, c'est qu'ils nous apprennent à ne plus avoir peur des suivants.

jeudi 23 juin 2016

Un long dimanche de fiançailles - Sébastien Japrisot

Une jeune fille, Mathilde, continue inlassablement à chercher son fiancé soldat disparu durant la grande guerre.
J'avoue que j'avais l'esprit très occupé ces derniers jours, à tel point que j'avais du mal à retenir les noms des différents soldats et à me concentrer sur l'intrigue. Cela ne m'a pas empêchée de trouver la détermination et l'amour de Mathilde très touchants. Elle est prête à tout pour retrouver son fiancé, et remue ciel et terre. C'était une belle idée que de mettre en avant l'après-guerre, la détresse des femmes ayant perdu leur compagnon. Le personnage de Mathilde est très intéressant, elle n'est jamais bêtement éplorée ou geignarde, elle est très digne.
Je n'ai donc rien à reprocher de particulier à ce roman, qui est très bien fait du début à la fin. La fin est par ailleurs très émouvante, je l'ai énormément appréciée. Toutefois, ce livre ne m'a pas non plus totalement transportée, je ne saurais pas trop dire pourquoi. Ce n'est donc pas un coup de coeur monumental, bien que j'ai beaucoup apprécié ma lecture et que je le recommande à tous.

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Souffrance

Parfois, j'ai juste l'impression d'être un énorme gâchis. Un échec qui se promène. J'ai juste le sentiment que je n'appartiendrai jamais vraiment à ce monde, que je vais déambuler dans le noir à la recherche de la porte de sortie. Les gens vont évoluer, ils vont être heureux. Et moi je vais juste ramasser les quelques pauvres miettes qui me restent d'estime de moi et repartir vaillamment au combat. Mais je n'en ai plus la force. En fait, je suis épuisée. Tout ce qui m'entoure n'est que mirage. Je crois enfin trouver l'apaisement mais ce n'est qu'une trêve avant la rechute. Le sentiment que ça va mal finir. D'être allongée sur le trottoir la tête contre le bitume et les passants ne me regardent même pas, ils détournent la tête et continuent leur chemin. Les réussites, les grandes joies ce n'est pas pour moi, jamais. Parce qu'au final tout ce qu'il reste ce sont ces larmes qui coulent sur ce clavier, cette souffrance, ce goût d'inachevé. Je suis incapable d'abandonner cette petite vie médiocre qui ne me satisfait pas. J'ai l'impression d'être toute brisée à l'intérieur, depuis toujours, et ça me fait chaque jour un peu plus mal. Mais personne n'a le moyen de me réparer, à part moi, et j'ai perdu le mode d'emploi de ma vie. Pour toujours. J'ai peur de me perdre moi-même, j'ai peur de tout. Car je sais que le jour où je vais décider que toute cette existence est révolue, il n'y aura plus jamais de retour en arrière possible. Jamais plus. J'espère qu'un jour je trouverai la clé qui soulagera mes maux, mais à vrai dire je n'y crois pas vraiment. J'ai parfois le sentiment que je ne la trouverai que dans la destruction, dans l'anéantissement systématique de tout ce qui fut l'ancienne moi.

And I tread a troubled track
My odds are stacked
I'll go back to black

Amy Winehouse

lundi 13 juin 2016

La vérité sur l'affaire Harry Quebert - Joël Dicker

Bon, j'arrive après la bataille et il y a déjà 159858 critiques de ce livre, donc je ne vais pas en rajouter. J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Impossible de le lâcher, même en cette période tendue de révisions du Bac. Intrigue très bien ficelée, suspense à gogo et retournements de situation en veux-tu en voilà. Les personnages sont tous singuliers et attachants, très bien construits. L'auteur alterne les périodes temporelles, les points de vue... c'est original. Il y a aussi de l'humour, de l'amour surtout. Mais ce que j'ai préféré c'est la manière dont ce livre parle du métier d'écrivain, notamment à travers la relation entre Harry et Marcus. Les courts passages qui précèdent chaque chapitre sont en ce sens très inspirants, ils m'ont donné envie d'écrire un roman.
Point négatif ? Des répétitions, à certains moments l'auteur reprend des passages qu'on a lu précédemment. Ce n'était pas forcément nécessaire, cela rallonge le roman plus qu'autre chose à mon sens. Peut être un peu trop de retours en arrière aussi, certains moments l'auteur alterne beaucoup les périodes temporelles ce qui m'a un peu perdue. Ah oui, aussi : les dialogues entre Nola et Quebert... Beaucoup trop niais, pas du tout réalistes. Leur relation est d'ailleurs bien trop gnan-gnan à mon goût, la façon dont l'auteur la relate m'a déçue : c'est caricatural et on n'y croit pas.

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vendredi 10 juin 2016

Natacha et autres nouvelles - Vladimir Nabokov

Je n'aime pas les nouvelles, mais la curiosité m'a poussée à me plonger dans celles-ci.
 Je vais être brève, mon avis concernant l'ensemble est assez mitigé malgré la beauté indéniable du style, qui sait nous transporter. Le style, c'est là le point positif du recueil. Mais comme souvent, mon avis est assez partagé quant à ces cinq nouvelles : la première, la plus connue (Natacha) m'a plus ou moins laissée de marbre. Je n'ai pas du tout aimé Le Mot, que j'ai parcouru distraitement. J'ai beaucoup aimé Bruits, que j'ai trouvée très complète dans sa narration, j'ai vraiment pris plaisir à découvrir les personnages qui sont très bien construits malgré la brièveté du récit. La Vengeance m'a tout autant plu, histoire assez savoureuse et très plaisante à lire. La Bonté, récit qui clôt le roman est celui qui m'a le plus touchée : il ne s'y passe pas grand chose, mais tout y est finesse et simplicité. C'est mon coup de coeur de l'ouvrage.
Pour résumer, je suis passée à côté des deux premières nouvelles (dont Natacha !) mais j'ai beaucoup aimé le reste, je ne regrette donc pas ma lecture qui m'a permis de me familiariser avec le style de ce grand auteur russe.

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mercredi 8 juin 2016

L'Adversaire - Emmanuel Carrère

Mon deuxième Carrère, après Limonov que j'avais énormément apprécié. Ici l'écrivain raconte une histoire dramatique : celle de Jean-Claude Romand, qui a tué sa femme, ses deux enfants et ses parents avant de tenter de se suicider. Pourtant, il survit et l'écrivain décide de commencer une correspondance avec l'assassin. Après le meurtre, on découvre en fait que toute l'existence de Romand ne reposait que sur un énorme mensonge : pendant des années, il a berné tout son entourage en prétendant être un chercheur réputé à l'OMS. Au lieu de cela, l'homme passait ses journées dans sa voiture, sur des parkings...
J'ai retrouvé tout les éléments qui avaient fait que j'avais adoré Limonov. Le style d'abord, très vivant et agréable à lire. Et puis surtout, le talent de l'auteur pour raconter des histoires délicates de son propre point de vue, toujours avec justesse. Il n'en fait jamais trop, parvient toujours à trouver une place dans cette situation difficile : il ne dit jamais éprouver de la compassion pour la victime, mais il cherche à comprendre. Carrère nous dévoile le processus d'écriture : ses moments de doute, où il a failli tout arrêter, son malaise parfois : c'est que j'apprécie plus que tout, cette honnêteté. L'écrivain ne prétend jamais détenir la vérité, mais il se questionne en même temps que nous. On est véritablement plongé dans cette histoire terrible, je ne pouvais plus m'empêcher de lire tant c'est fascinant, ignoble, complexe...
Je suis ainsi bien décidée à poursuivre sur ma lancée et à découvrir d'autres ouvrages du même auteur, tant j'aime sa plume et son talent.

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lundi 6 juin 2016

Voyages en Autistan - Josef Schovanec

J'ai été surprise au fil de ma lecture puisque je m'attendais à un récit de la vie de l'auteur, comment il a géré son autisme... Or ce n'est pas du tout cela, l'auteur se raconte à travers ses nombreux voyages et autres anecdotes.
J'ai bien aimé cette forme assez différente de ce que à quoi l'on pourrait s'attendre. La façon dont l'écrivain aborde l'autisme est assez émouvante, toujours avec beaucoup d'autodérision, sans aucun misérabilisme. La culture qu'il semble posséder, son ouverture d'esprit sont impressionnantes. Le regard qu'il porte sur les autres et sur lui-même m'a beaucoup touchée, c'est là une belle leçon de vie.
Cependant, le livre m'a semblé un peu décousu par moment. On passe d'une anecdote à une autre : certaines m'ont vraiment beaucoup plu, d'autres un peu moins. Ma lecture fut donc assez inégale, entre des passages qui m'ont bouleversée et d'autres qui m'ont plus laissée sur ma faim. J'ai également eu un peu de mal avec le style, que je trouvais assez ampoulé au début même si je m'y suis habituée.
Dans tous les cas on ne peut que saluer le recul sur lui-même et l'humilité de l'homme, présents à chaque page. L'écrivain m'a vraiment semblé sympathique, profondément gentil et humain.

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dimanche 5 juin 2016

Nuit solitaire

T'es juste assise là, à regarder les autres vivre. T'aimerais seulement que pour une fois les choses soient simples et faciles. Que le sort joue en ta faveur. Tout ce que tu voudrais, c'est arrêter de te sentir marginale, solitaire au milieu de la foule. Être capable, pour un instant, d'arrêter de réfléchir. Mettre pause. S'enfuir. Les relations se font, se défont et toi tu restes dans ton abîme de perplexité. Tu sais pas ce que l'avenir te réserve. Tu as peur de porter, dans quelques années, un regard amer et désillusionné sur ce que tu es en train de vivre. T'en as marre de faire partie de la foule, de ces ombres, de cette populace. T'as peur d'exploser, de faire souffrir les gens de la pire des manières. Tu te sens tout le temps trahie, marre de vivre dans un monde de rêve et d'illusions. Mais cette vie n'est pas faite pour les idéalistes, les rêveurs, les sensibles, les fragiles. Y a pas de place, de rôle pour eux ici-bas. Alors tu continues d'afficher ce sourire factice, de tenir debout. Tu attends l'élément déclencheur qui feras que tout ce que tu as maigrement construit jusqu'à lors parte en fumée. Même quand tout va bien, tu te sens mal. La moindre possibilité de bonheur te faire peur. Tu envies les gens, tu les hais profondément mais tout ce que tu voudrais c'est être capable d'agir comme eux, de penser comme eux.  Les prochaines années sont empreintes d'un tel mystère : seras-tu capable de continuer ton petit chemin, te couler un peu plus dans ce moule dans l'espoir d'être vraiment heureuse ? Ou vas-tu plutôt tout envoyer bouler, te détruire, détruire avec toi les gens qui t'aiment ?
Je pense qu'il faut que tu arrêtes de chercher un sens, un mode d'emploi à tout ça. Y en a pas, y en aura jamais parce que personne sait vraiment où il va, qui il est. Peut être que le Spleen qui coule dans tes veines te rendra plus forte, un shoot de courage et de différence. Ou peut être bien que c'est une injection létale, on verra. Qui vivra verra, qui vivra pas verra pas, qui verra vivra.

vendredi 3 juin 2016

Les conseils que je donne aux autres, et que j'aimerais être capable de m'appliquer

○Ne t'occupe pas du regard des autres.
○Laisse les choses se faire naturellement, laisse le temps faire son oeuvre, ne sois pas trop impatiente.
○Aie confiance en toi.
○Ose prendre des risques, sortir de ta zone de confort, te confronter à de nouveaux challenges.
○Affirme ton opinion.
○Arrête de penser que tu ne vaux rien, arrête de te comparer aux autres.
○Sois positive, vois les choses qui marchent dans ta vie et pas celles qui ne sont pas satisfaisantes.
○Arrête de te plaindre, rappelle toi de toutes les choses qui font que tu as de la chance.
○N'aie pas peur de te tromper, d'être jeune. Sois insouciante et spontanée.
○Ne laisse pas les gens te faire du mal, même par mégarde. Raye de ta vie ces personnes à qui tu donnes beaucoup mais qui ne te rendent jamais rien.
○Ne te mets pas autant de pression, arrête de stresser pour des choses qui n'en valent pas la peine.
○ARRÊTE de réfléchir parfois, arrête de te prendre la tête !
○La souffrance, le mal-être sont utiles. Ils permettent d'apprécier encore plus fort les bons moments.
○Certaines choses qui te paraissent fondamentales aujourd'hui ne sont en fait que des détails dont tu ne te rappelleras plus dans quelques années.
○Parfois tu vis des moments tellement magiques, tellement intenses qu'ils effacent toutes les merdes que tu as pu traverser.
○A 17 ans, tu es à l'aube de ta vie. Tous les possibles restent ouverts, alors fonce.
○Certaines choses sont graves et méritent qu'on y accorde du temps, de l'énergie, mais ce n'est pas le cas des trois quarts de tes problèmes.
○Ne crains pas de rire à en pleurer, de pleurer toutes les larmes de ton corps, d'en vouloir aux autres. Tu es un être humain, tu as le droit d'avoir des sentiments.
○Tu as le droit de faire des erreurs, de ne pas être parfaite, de te tromper.