vendredi 2 juin 2017

Blonde - Joyce Carol Oates

Ce livre retrace, de manière plus ou moins romancée, la vie de Marilyn Monroe. C'est une femme qui m'a toujours fascinée, et Joyce Carol Oates est définitivement l'une de mes auteurs préférés, donc j'avais très hâte de découvrir ce livre ! Comme je vous le disais, c'est assez romancé donc ne vous attendez pas à une biographie très précise et fidèle à la réalité. Les noms des personnes sont souvent modifiés, l'auteure utilise ce qui ne sont parfois que des rumeurs sur Monroe pour construire la trame de son roman. Il n'empêche, c'est fantastique.
Je suis définitivement séduite par le style d'écriture de cette romancière. Un style âpre, des mots parfois crus, mais c'est ce qui rend tout ses romans si crédibles. Par exemple, certaines scènes de sexe sont décrites assez explicitement. J'ai mis très longtemps à lire ce pavé - tout de même plus de 1000 pages - mais j'ai adoré de bout en bout. Le simple fait que ce soit Marilyn Monroe suffit à rendre le livre digne d'intérêt, tant sa vie fut captivante. Une femme rayonnante et solaire sur les photos, une beauté à couper le souffle mais une âme noire et une vie très dure. Une des plus grandes actrices que le monde ait connu, aussi.
Joyce Carol Oates développe incroyablement la psychologie de celle qu'elle nomme l'Actrice Blonde. Cette dernière apparaît comme très touchante. Par exemple, sa volonté de se cultiver, de lire des livres de psychologie, de s'interroger sur le monde alors que tout ce qu'on lui demande c'est de sourire en permanence. Elle est réduite à sa beauté, à son physique qui semble être une malédiction. On lui refuse souvent des personnages plus profonds, lui demandant simplement de se trémousser et de chanter. Les démons de cette femme sont nombreux, on les voit l'entraîner vers l'abîme tout au long du roman, et nous sommes impuissants. C'est une vraie grande artiste, qui emmène ses rôles toujours plus loin, creuse toujours plus ses personnages, jusqu'à l'épuisement. Un talent et un charisme hors norme.
 La déchéance de cette femme splendide est bouleversante : à la fin elle est droguée aux médicaments en permanence, incapable de se lever, n'est que l'ombre d'elle-même. Elle est brisée par la vie, contrôlée par ses névroses. Il m'est difficile d'ordonner mes pensées, de résumer un personnage aussi fouillé et profond en quelques lignes. Sa relation complexe avec sa mère malade mentale, avec les hommes, les dirigeants du Studio qui l'exploitent en permanence, sa liaison avec Kennedy... tout y est
C'est vraiment un livre puissant, et malgré le grand nombre de pages pas une n'est à retirer selon moi.

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samedi 22 avril 2017

Oblomov - Gontcharov

L'histoire d'un homme, Oblomov, véritable personnification de la paresse. Tous ses efforts pour se tirer de son lit, s'habiller et s'occuper enfin des affaires de son domaine demeurent vains, jusqu'à ce qu'il rencontre l'amour en la personne de la belle Olga...
Ce roman fait tout de même plus de 500 pages, et je n'ai pas l'habitude de lire les auteurs russes. Pendant la première moitié du récit, j'ai eu énormément de mal à accrocher. Je ne rentrai pas du tout dans l'histoire. Il faut dire que tout est très lent, étant donné qu'on nous raconte l'histoire d'un homme qui ne sort pas de son lit. Toute la description de la vie à l'Oblomovka, de l'enfance d'Oblomov m'a aussi beaucoup ennuyée, je l'ai trouvée trop longue.
Néanmoins, je suis vraiment rentrée dans le récit au moment où Oblomov rencontre Olga. Là, je me suis vraiment attachée à ce personnage qui doit sans cesse lutter contre sa paresse. Il est assez attendrissant car maladroit, ne sait pas comment s'y prendre. Mais d'un autre côté, il nous agace autant qu'il agace les autres personnages, de par sa mollesse qui le conduit à la ruine. En définitive, j'ai bien aimé ce roman, mais à partir de la moitié seulement. Au début, j'ai failli abandonner tant j'avais du mal à m'immerger dans l'histoire. 
Et puis, il y a toute cette réflexion sur la paresse. Les autres personnages s'efforcent de maintenir une image convenable d'eux-mêmes, ils vont au théâtre, sortent, lisent. Oblomov, lui, ne cherche pas à maintenir cette façade. Il assume sa fainéantise, et c'est pour cela qu'il est incompris de tous. Il représente une certaine attitude face à la vie et refuse de lutter. Peut-on l'en blâmer ? 

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vendredi 14 avril 2017

Harry Potter et l'enfant maudit - J.K Rowling

Bon bon bon, j'ai enfin lu le dernier Harry Potter et accrochez-vous car j'ai des choses à en dire ! Tout d'abord, je tiens à préciser que je suis une vraie Potterhead, une pure et dure. Cette saga a eu une importance considérable pour moi, plus que la majorité des gens peuvent se l'imaginer. J'étais donc un peu nerveuse en ouvrant celui-ci (et j'avais raison)
Ma déception, car déception il y a, vient en grande partie du format pièce de théâtre. Je comprends bien que l'auteure ait voulu revenir avec quelque chose de différent mais à mon sens cela ne fonctionne pas. Les passages descriptifs, la plume de l'auteure m'ont manqué. A cause de ce format théâtral, les personnages manquent de profondeur, puisqu'ils sont saisis uniquement par les dialogues. Je n'ai pas reconnu les personnages que j'aime tant, qui ont bercé mon enfance : Harry en père autoritaire, Ron en pantouflard, Ginny seulement dépeinte en mère protectrice... Après ça va mieux, Harry retrouve de sa complexité à la fin, lorsqu'il s'interroge sur les rapports avec son fils. Drago est terne, également.
En ce qui concerne les nouveaux personnages : j'ai bien aimé le duo formé par Albus et Scorpius. Par contre, Delphi... Personnage totalement inintéressant, elle n'a a aucun moment suscité de vrais sentiments chez moi, elle m'a laissé totalement indifférente. Je trouve que l'on ne croit pas du tout à ce personnage.
Maintenant, parlons de l'intrigue en elle-même. Partir de la mort de Cedric... pourquoi pas, disons. Mais ces incessants voyages dans le passé m'ont complètement frustrée. Je m'attendais à avoir un vrai aperçu de la vie des personnages 20 ans après, voir comment ils ont tous évolué. Au lieu de ça, on est replongé dans des événements que l'on connaît bien, qui ont été bien mieux dépeints dans les autres tomes. Et l'auteure de nous proposer diverses versions possibles de l'Histoire... mouais. Ca sent un peu le réchauffé, et c'est surtout assez décousu. De plus, on nous remet certains scènes que l'on connaît déjà bien : la mort des parents de Harry, par exemple. Quel besoin ? Je voulais du nouveau, et pas revoir des scènes que je connais par coeur.
Ainsi, la plupart des défauts que je trouve à cette pièce viennent du format théâtral. Manque de complexité, personnages superficiels et peu attachants, histoire décousue... Je ne m'attendais certes pas à un ouvrage à la hauteur des précédents, mais il y avait tellement de possibilités de faire mieux... Les anciens personnages sont ternes et ne se ressemblent plus, uniquement cantonnés à leur rôle de parents inquiets.

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samedi 18 mars 2017

Extension du domaine de la lutte - Houellbecq

La morne vie d'un personnage nul et qui n'a rien pour plaire. Houellbecq nous montre la banalité affligeante de l'existence vue au travers d'un homme facilement oubliable mais sacrément névrosé. 
J'ai adoré ce livre, surtout le début, un peu moins la fin. La plume est excellente, le style est alerte. Surtout, c'est drôle, tellement drôle ! Je me suis surprise à éclater de rire plusieurs fois, ce qui ne m'arrive quasiment jamais. Il y a des pages fantastiques sur le sexe, sur l'amour, sur les relations de travail. Et puis tout sonne tellement vrai. Rien ne semble pouvoir surprendre ou ébranler ce personnage si blasé, si désabusé. 
Je suis conquise par ce premier Houellbecq et j'ai hâte de pouvoir en découvrir un deuxième. 

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Les saints vont en enfer - Gilbert Cesbron

C'est le deuxième Cesbron que je lis, et j'ai de plus en plus l'impression que cet auteur est le Zola des Trente Glorieuses. Comme Zola le faisait avec la révolution industrielle, Cesbron dépeint l'envers d'une période de croissance économique et de prospérité. D'ailleurs, je ne pense pas que cela soit un hasard si la rue où se déroule la majeure partie de l'action se nomme rue Zola ! Ici nous sommes dans une petite ville de la banlieue parisienne, Sagny. On suit Pierre, un prêtre-ouvrier qui aide au jour les jour ceux dont personne ne se soucie, les ouvriers, les pauvres, les petites gens.
Une fois de plus, j'adore le style de cet auteur. Cet ouvrage était très agréable à lire. Ensuite, ce roman m'a beaucoup touchée. J'ai mis du temps à vraiment accrocher, le début ne m'a pas happée. Pourtant, une fois familiarisée avec les personnages j'ai véritablement été prise d'intérêt pour leurs problèmes. Certains passages sont très émouvants, allant même jusqu'à m'arracher quelques larmes. Il y a une vraie dureté et beaucoup de réalisme bien sûr, mais surtout beaucoup d'humanité. J'ai aimé la dualité du livre : il y a une réflexion sur la religion, sur la façon de pratiquer sa foi d'une part et d'autre part une plongée dans la misère ouvrière et la lutte des classes.
Cesbron est un auteur très intéressant, je vous conseille d'y jeter un oeil si vous ne l'avez pas déjà fait.

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dimanche 12 mars 2017

Lâcher

Lâcher prise. Lâcher du lest. Larguer les amarres. Accepter les fêlures, accepter les erreurs. Accepter de tomber, et accepter d'avoir envie de rester au sol quelques temps. Etre abîmée à l'intérieur, et accepter que personne ne le comprenne jamais. Etre vulnérable. Sortir prendre l'air et se rendre compte qu'on ne veut voir aucun visage souriant, pas aujourd'hui, ni demain. Accepter la poussière, accepter le silence, accepter la gêne. Vouloir ne plus être, et savoir que ça ne durera pas. Baisser la garde, juste un instant. Ne plus repousser ces rêveries, ces chimères, ne plus se forcer à garder les pieds sur terre. S'envoler et puis surplomber sa vie et puis toucher les étoiles et puis se brûler les ailes la peau et tout et aimer ça. Vivre intensément la détresse, le rien, le vide. Etre avide de tout mais pleutre. S'allonger par terre pour sangloter, sentir la larme rouler le long de l'arête du nez et se sentir un peu comme cette larme, sur la corde raide. Voir la lune et avoir l'impression de tout comprendre, respirer l'air du soir et se demander si d'autres personnes ressentent la même chose au même moment. Vouloir rencontrer ces personnes-là. Non, plutôt rester seul, mais en vie. Se sentir marginal et se demander ce que c'est, la marge. Cet étrange phénomène physique qui fait qu'un sourire est toujours capable d'apparaître sur mon visage, alors que mon âme est en perdition. Savoir, finalement, qu'être là c'est être, être soi ça suffit, c'est déjà bien, c'est déjà beaucoup. Alors continuer à douter, à pleurer, à avoir mal, à écrire de stupides articles pleins de Spleen. Oui, tout ça.

dimanche 5 mars 2017

Antigone - Sophocle

Une pièce qu'on ne présente plus. Encore une fois, il me fallait la lire pour les cours. J'avais déjà lu plusieurs fois la version d’Anouilh, qui est à mon sens (et à celui de beaucoup d'autres) un chef-d'oeuvre absolu, mais jamais l'original, tristement !
Je n'avais pas de raison d'être déçue, et je ne l'ai pas été. Je suis fascinée par le mythe d'Antigone depuis bien longtemps, et il était temps de lire la pièce fondatrice et non l'une de ses réécritures. Tout est très intense. On assiste à une opposition entre la loi des dieux incarnée par Antigone et celle des humains, représentée par Créon. La jeune fille refuse de se plier aux lois de son oncle, et brave la sanction, sûre qu'elle est de respecter la volonté des dieux. Elle est forte, digne, insoumise, et c'est cela qui fait d'elle un personnage si intéressant.
Pas de surprise, j'ai beaucoup aimé mais je dois dire que la pièce d'Anouilh, même si elle est une réécriture, reste indétrônable pour moi. Mais bon, j'ai bien conscience qu'il est quelque peu stupide de comparer deux pièces que tant de siècles séparent, donc je vais me contenter de dire que l'Antigone de Sophocle devrait être lue par tous, c'est une pièce véritablement fondamentale et très riche.

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samedi 4 mars 2017

Dans la solitude des champs de coton - Koltès

Je ne pensais honnêtement pas que ce livre allait me plaire, mais je dois dire que je suis bien contente d'avoir enfin lu du Koltès. Je crois que l'excellent cours de mon prof de français a bien aidé également, j'ai pu saisir toutes les subtilités et toute la profondeur de l'oeuvre.
La pièce est, comme l'on peut s'y attendre, dépouillée. Deux personnages, le Dealer et le Client, la nuit. On ne saura jamais ce qu'est le mystérieux objet du désir du client, mais c'est cela qui fait tout le mystère de la pièce. Je pense que la pièce est avant tout une métaphore des rapports humain, de la difficulté de se livrer, de communiquer, de se comprendre, de la violence qui est au coeur des interactions. Le désir est également, sans doute, l'un des thèmes majeurs de l'oeuvre : le désir devient une faiblesse, un moyen pour l'autre de pénétrer notre conscience. La richesse de cette courte pièce est surprenante : on peut y voir un jeu de séduction entre deux personnages en conflit avec eux-mêmes et avec le monde. Tout l'enjeu en est la reconnaissance par l'autre, qui devient une lutte à mort. L'autre est inquiétant, il est une menace, une violence larvée est toujours présente. Il y a donc un questionnement des rapports humains, qui reviennent toujours à un rapport entre débiteur et créancier : les humains sont endettés les uns par rapport aux autres.
J'ai trouvé l'architecture de la pièce très intéressante : il y a d'abord une humiliation, puis une demande d'amour qui se termine par une chute très brutale du désir. La place de la parole est fondamentale : le langage est puissance de vérité et puissance de falsification. Le langage est un révélateur qui doit être tenu en bride.
Enfin, de grandes problématiques se dessinent en filigrane : l'homosexualité, le SIDA...
Vous l'aurez compris, cette pièce, assez éloignée de mes lectures habituelles, a su me convaincre par son style (ce flot de paroles lourdes de sens lorsqu'on prend la peine de les lire attentivement) et par sa densité en terme de sens.

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samedi 25 février 2017

Bartleby le scribe - Melville

Courte critique pour cette nouvelle très rapide à lire. On y découvre la curieuse aventure d'un homme qui, ayant engagé un nouveau scribe dans son office, doit faire face à un homme mystérieux qui lui répond systématiquement "Je préférerais pas" lorsque qu'il lui demande d'effectuer une quelconque tâche.
J'avoue avoir été un peu déçue de la fin, de la chute. Le personnage du patron est pourtant intéressant à suivre, il ne cesse d'osciller entre plusieurs attitudes à l'égard de son employé mais ne se résout jamais à le brutaliser ou à le jeter dehors. Le style est également agréable. Mais, je le répète, la fin n'a pas été à la hauteur de mes espérances, car je m'attendais à une révélation énorme - peut être en est-ce une pour certains, mais je m'attendais à autre chose. Je ne suis peut être pas la bonne cible pour cette nouvelle : je n'aime pas en lire et il est fort rare qu'elles me touchent.

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vendredi 24 février 2017

Des générations

Il faut que j'abandonne toute volonté d'être comprise par les autres, du moins par les autres de mon âge. J'ai l'impression d'être un alien, en décalage permanent. Je suis lassée des moqueries lorsque je partage ma passion pour la littérature, lassée d'essayer de défendre mes auteurs préférés face à des gens qui les critiquent sans jamais avoir fait l'effort de les lire. Je ne veux plus les laisser abîmer ce que j'aime, je ne veux plus les laisser rentrer un tant soi peu dans mon monde.
Je regarde autour de moi, et ne vois qu'uniformité, conformisme et bêtise. Tout est si lisse, si semblable, si fade. Je veux continuer à pouvoir me retrancher dans mon refuge intellectuel, fait de poésie et de romantisme. M'envoler au dessus de tout, par le pouvoir des mots, des images et de la pensée. Ils ne comprennent pas, ils ne comprendront pas. Si je tente de leur expliquer, je parais pédante et condescendante. Rien que le mot "pédant" serait pédant pour eux, puisqu'ils en ignorent le sens. Tout est si bas, si grossier et simpliste. Je ne me reconnais pas dans cette génération, je refuse que l'on m'assimile à celle-ci, et plus encore, je refuse de tenter de la défendre. Je meurs de vivre dans une époque où l'on est un être marginal et bizarre lorsqu'on affirme aimer Zola, Baudelaire, Flaubert et tant d'autres. Cela me tue de m'exposer aux railleries à chaque fois que j'ai l'audace de vouloir parler d'art, de culture, de considérations un peu plus élevées.
Pourtant, je suis bien au courant de l'existence de quelques créatures aussi étranges que moi-même, quelques pauvres fous. Mais le plus triste, c'est que nous passons les uns à côté des autres sans remarquer que nous sommes du même bord, de la même patrie. La société actuelle nous pousse en effet à étouffer nos différences, à nous fondre dans le moule, à nous conformer au nivellement par le bas.
Tout cela me fait peur. J'ai peur de vivre dans ce monde, de n'y jamais trouver ma place. L'impression de n'être pas née à la bonne époque, parfois. Pourtant, je ne veux pas abdiquer. Je relis le début de ce texte et mon sang ne fait qu'un tour. Je dois être fière de ma différence, il serait lâche de renier qui je suis par confort. Je ne cesserai jamais de rechercher ceux qui me comprendront, sauront m'écouter et ne riront pas de moi. Alors, je vais faire mon possible pour porter haut les couleurs de la littérature, de la poésie, de l'art, de la réflexion, de la sensibilité. Parce que certains sont morts pour ces valeurs.

samedi 11 février 2017

Hamlet - Shakespeare

Une pièce que je dois lire pour les cours, mais je m'y suis attelée avec grand plaisir puisqu'il me tenait à coeur de découvrir ce classique.
Je suis un peu mi-figue mi-raisin. D'une part, tout est là pour faire que j'apprécie cette oeuvre : contexte historique, personnages, intrigue. Le style est, je ne vous apprends rien, excellent : on alterne entre des monologues lyriques et poignants et des scènes à la limite du grotesque, très drôles. Ce mélange des genres propre à Shakespeare est vraiment quelque chose que j'adore, l'auteur ne s'enferme pas dans un carcan, cela rend l'oeuvre très vivante. L'intrigue est vraiment passionnante, entre luttes pour le pouvoir, amour et conflits familiaux. Les thèmes abordés sont extrêmement intéressants également : la vengeance, le pouvoir, la folie, et plus généralement l'existence humaine, la vie et la mort... Certains passages sont ainsi très métaphysiques, puisque Hamlet se laisse aller à la mélancolie et réfléchit beaucoup sur lui-même et sur l'existence. Cette pièce est incroyablement bien construite, il y a du rythme et on ne s'ennuie pas en la lisant.
Pourtant, malgré tous ces points positifs et la qualité indéniable de l'oeuvre (je ne vais pas remettre en cause l'aspect monumental de cet oeuvre !), je n'ai pas été vraiment touchée. Il n'y a pas eu cette chose en plus qui fait que je me sens, moi aussi, concernée par l'oeuvre. Je me suis sentie un peu extérieure à l'oeuvre, j'en ai admirée le style, les personnages et les ficelles mais elle ne m'a pas transcendée.
Je suis contente néanmoins de l'avoir lue, pour la qualité du style, la dextérité avec laquelle l'intrigue est mise en place et la réflexion sur la vengeance, la mort et l'existence humaine. Mais, je me dois d'être honnête : elle ne m'a bouleversée comme le font les tragédies raciniennes.

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mercredi 8 février 2017

Jane Eyre - Charlotte Brontë

Je ne vais pas rappeler l'intrigue de cette oeuvre si connue, et plutôt vous livrer mon avis. J'ai beaucoup de choses à dire de ce roman, toutes plus positives les unes que les autres !
En premier lieu, le personnage même de Jane Eyre m'a tant plu. C'est une femme forte, indépendante, qui s'est construite sans l'aide de personne. Elle n'est pas superficielle, travaille dur, ne se plaint jamais. La vie n'est pourtant pas tendre avec elle, mais elle se relève à chaque fois. Elle ne se satisfait pas d'une vie calme et monotone, elle rêve sans cesse d'ailleurs, d'aventures. Lorsqu'elle commence à végéter dans une situation - à Lowood, chez son frère le pasteur..- elle rassemble son courage et part. C'est là une héroïne vraiment intéressante et inspirante, très sage mais très humaine aussi. Elle est réellement touchante. Sa morale est inflexible, elle est dure envers elle-même et se rappelle tout de suite à l'ordre lorsqu'elle se laisse aller à des rêveries.
Bien sûr, ce qui m'a fait adorer ce roman, c'est l'histoire d'amour qu'il recèle. Elle sonne vraie, d'emblée. Rochester et Jane ne se trouvent beaux ni l'un ni l'autre - et ils ne le sont pas - et au début Rochester apparaît comme antipathique. Mais ce sont les obstacles qui s'opposent à leur amour qui le rendent si fort : la religion, le fossé entre leurs conditions sociales, le passé de Rochester. J'ai été happée par cette passion qui unit les deux personnages. Elle m'a fait désirer si ardemment de pouvoir aimer et être aimée, un jour, aussi fort. Rochester et Jane sont véritablement deux âmes soeurs. J'ai été sensible à la subtilité des gestes, des mots, des regards, qui en disent bien plus long que de grands discours ou des effusions. La fin est absolument sublime, elle m'a presque faite pleurer. Ces deux personnages méritent tellement d'être heureux, enfin. Vous l'aurez compris, j'ai été transportée par cet amour, tellement crédible, tellement beau et tellement grand. Ils sont drôles, intelligents et se taquinent énormément. Leur relation a ainsi beaucoup de piquant, ils y a une vraie complicité entre eux.
Ce livre nous montre que la vie est, certes, bien difficile parfois, qu'elle nous fait chuter à de nombreuses reprises, mais que ces embûches nous forgent et nous construisent. A la fin, l'amour triomphe, et des personnages qui ont connu de si grandes douleurs finissent enfin par être apaisés.
Je dois également noter que le décor anglais et ses grandes étendues contribuent pour beaucoup au récit. J'adore ce cadre de landes, de vieux manoirs et de petits villages. Le drame semble tellement plus intense au milieu de cette solitude.
Pour une fois, je vais être péremptoire : à lire ABSOLUMENT.

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lundi 9 janvier 2017

Emmène-moi au bout du monde - Blaise Cendrars

Premier roman de Blaise Cendrars que je lis, après avoir découvert sa poésie il y a quelques temps de cela. L'histoire d'une comédienne âgée, Terera Espinosa, qui fait les quatre cents coups et marque de son empreinte le théâtre parisien.
J'ai eu du ma à rentrer dans cette œuvre, mais j'ai fini par en saisir l'intérêt et par vraiment l'apprécier. Dès les premières pages, j'ai été frappée par le caractère irrévérencieux des propos de l'auteur. La première scène est en effet une scène de sexe au cours de laquelle Terera perd son dentier et réclame à son amant de la frapper encore plus fort pour qu'elle ait un bel œil au beurre noir ! Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, mais j'ai trouvé ça franchement génial de présenter une femme âgée mais qui ne s'empêche pas pour autant de vivre intensément, d'avoir des amants, de rire à gorge déployée. J'ai trouvé ce livre incroyablement féministe tant il casse les représentations classiques de la femme et de la comédienne. La grande actrice est crue, vulgaire, gouailleuse. C'est une merveilleuse héroïne, rafraichissante, tellement forte et attachante. On a l'impression de l'avoir devant les yeux, Cendrars la dépeignant de manière si vivante.
Ce roman est très rock and roll, il part un peu dans tout les sens. Je l'ai trouvé avant tout empreint de liberté, d'audace, d'originalité. Je l'ai vu comme une ode à l'iconoclasme, un pied de nez au politiquement correct.
Blaise Cendrars est ainsi, décidément, un auteur qu'il me faudra continuer à lire.

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