samedi 25 février 2017

Bartleby le scribe - Melville

Courte critique pour cette nouvelle très rapide à lire. On y découvre la curieuse aventure d'un homme qui, ayant engagé un nouveau scribe dans son office, doit faire face à un homme mystérieux qui lui répond systématiquement "Je préférerais pas" lorsque qu'il lui demande d'effectuer une quelconque tâche.
J'avoue avoir été un peu déçue de la fin, de la chute. Le personnage du patron est pourtant intéressant à suivre, il ne cesse d'osciller entre plusieurs attitudes à l'égard de son employé mais ne se résout jamais à le brutaliser ou à le jeter dehors. Le style est également agréable. Mais, je le répète, la fin n'a pas été à la hauteur de mes espérances, car je m'attendais à une révélation énorme - peut être en est-ce une pour certains, mais je m'attendais à autre chose. Je ne suis peut être pas la bonne cible pour cette nouvelle : je n'aime pas en lire et il est fort rare qu'elles me touchent.

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vendredi 24 février 2017

Des générations

Il faut que j'abandonne toute volonté d'être comprise par les autres, du moins par les autres de mon âge. J'ai l'impression d'être un alien, en décalage permanent. Je suis lassée des moqueries lorsque je partage ma passion pour la littérature, lassée d'essayer de défendre mes auteurs préférés face à des gens qui les critiquent sans jamais avoir fait l'effort de les lire. Je ne veux plus les laisser abîmer ce que j'aime, je ne veux plus les laisser rentrer un tant soi peu dans mon monde.
Je regarde autour de moi, et ne vois qu'uniformité, conformisme et bêtise. Tout est si lisse, si semblable, si fade. Je veux continuer à pouvoir me retrancher dans mon refuge intellectuel, fait de poésie et de romantisme. M'envoler au dessus de tout, par le pouvoir des mots, des images et de la pensée. Ils ne comprennent pas, ils ne comprendront pas. Si je tente de leur expliquer, je parais pédante et condescendante. Rien que le mot "pédant" serait pédant pour eux, puisqu'ils en ignorent le sens. Tout est si bas, si grossier et simpliste. Je ne me reconnais pas dans cette génération, je refuse que l'on m'assimile à celle-ci, et plus encore, je refuse de tenter de la défendre. Je meurs de vivre dans une époque où l'on est un être marginal et bizarre lorsqu'on affirme aimer Zola, Baudelaire, Flaubert et tant d'autres. Cela me tue de m'exposer aux railleries à chaque fois que j'ai l'audace de vouloir parler d'art, de culture, de considérations un peu plus élevées.
Pourtant, je suis bien au courant de l'existence de quelques créatures aussi étranges que moi-même, quelques pauvres fous. Mais le plus triste, c'est que nous passons les uns à côté des autres sans remarquer que nous sommes du même bord, de la même patrie. La société actuelle nous pousse en effet à étouffer nos différences, à nous fondre dans le moule, à nous conformer au nivellement par le bas.
Tout cela me fait peur. J'ai peur de vivre dans ce monde, de n'y jamais trouver ma place. L'impression de n'être pas née à la bonne époque, parfois. Pourtant, je ne veux pas abdiquer. Je relis le début de ce texte et mon sang ne fait qu'un tour. Je dois être fière de ma différence, il serait lâche de renier qui je suis par confort. Je ne cesserai jamais de rechercher ceux qui me comprendront, sauront m'écouter et ne riront pas de moi. Alors, je vais faire mon possible pour porter haut les couleurs de la littérature, de la poésie, de l'art, de la réflexion, de la sensibilité. Parce que certains sont morts pour ces valeurs.

samedi 11 février 2017

Hamlet - Shakespeare

Une pièce que je dois lire pour les cours, mais je m'y suis attelée avec grand plaisir puisqu'il me tenait à coeur de découvrir ce classique.
Je suis un peu mi-figue mi-raisin. D'une part, tout est là pour faire que j'apprécie cette oeuvre : contexte historique, personnages, intrigue. Le style est, je ne vous apprends rien, excellent : on alterne entre des monologues lyriques et poignants et des scènes à la limite du grotesque, très drôles. Ce mélange des genres propre à Shakespeare est vraiment quelque chose que j'adore, l'auteur ne s'enferme pas dans un carcan, cela rend l'oeuvre très vivante. L'intrigue est vraiment passionnante, entre luttes pour le pouvoir, amour et conflits familiaux. Les thèmes abordés sont extrêmement intéressants également : la vengeance, le pouvoir, la folie, et plus généralement l'existence humaine, la vie et la mort... Certains passages sont ainsi très métaphysiques, puisque Hamlet se laisse aller à la mélancolie et réfléchit beaucoup sur lui-même et sur l'existence. Cette pièce est incroyablement bien construite, il y a du rythme et on ne s'ennuie pas en la lisant.
Pourtant, malgré tous ces points positifs et la qualité indéniable de l'oeuvre (je ne vais pas remettre en cause l'aspect monumental de cet oeuvre !), je n'ai pas été vraiment touchée. Il n'y a pas eu cette chose en plus qui fait que je me sens, moi aussi, concernée par l'oeuvre. Je me suis sentie un peu extérieure à l'oeuvre, j'en ai admirée le style, les personnages et les ficelles mais elle ne m'a pas transcendée.
Je suis contente néanmoins de l'avoir lue, pour la qualité du style, la dextérité avec laquelle l'intrigue est mise en place et la réflexion sur la vengeance, la mort et l'existence humaine. Mais, je me dois d'être honnête : elle ne m'a bouleversée comme le font les tragédies raciniennes.

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mercredi 8 février 2017

Jane Eyre - Charlotte Brontë

Je ne vais pas rappeler l'intrigue de cette oeuvre si connue, et plutôt vous livrer mon avis. J'ai beaucoup de choses à dire de ce roman, toutes plus positives les unes que les autres !
En premier lieu, le personnage même de Jane Eyre m'a tant plu. C'est une femme forte, indépendante, qui s'est construite sans l'aide de personne. Elle n'est pas superficielle, travaille dur, ne se plaint jamais. La vie n'est pourtant pas tendre avec elle, mais elle se relève à chaque fois. Elle ne se satisfait pas d'une vie calme et monotone, elle rêve sans cesse d'ailleurs, d'aventures. Lorsqu'elle commence à végéter dans une situation - à Lowood, chez son frère le pasteur..- elle rassemble son courage et part. C'est là une héroïne vraiment intéressante et inspirante, très sage mais très humaine aussi. Elle est réellement touchante. Sa morale est inflexible, elle est dure envers elle-même et se rappelle tout de suite à l'ordre lorsqu'elle se laisse aller à des rêveries.
Bien sûr, ce qui m'a fait adorer ce roman, c'est l'histoire d'amour qu'il recèle. Elle sonne vraie, d'emblée. Rochester et Jane ne se trouvent beaux ni l'un ni l'autre - et ils ne le sont pas - et au début Rochester apparaît comme antipathique. Mais ce sont les obstacles qui s'opposent à leur amour qui le rendent si fort : la religion, le fossé entre leurs conditions sociales, le passé de Rochester. J'ai été happée par cette passion qui unit les deux personnages. Elle m'a fait désirer si ardemment de pouvoir aimer et être aimée, un jour, aussi fort. Rochester et Jane sont véritablement deux âmes soeurs. J'ai été sensible à la subtilité des gestes, des mots, des regards, qui en disent bien plus long que de grands discours ou des effusions. La fin est absolument sublime, elle m'a presque faite pleurer. Ces deux personnages méritent tellement d'être heureux, enfin. Vous l'aurez compris, j'ai été transportée par cet amour, tellement crédible, tellement beau et tellement grand. Ils sont drôles, intelligents et se taquinent énormément. Leur relation a ainsi beaucoup de piquant, ils y a une vraie complicité entre eux.
Ce livre nous montre que la vie est, certes, bien difficile parfois, qu'elle nous fait chuter à de nombreuses reprises, mais que ces embûches nous forgent et nous construisent. A la fin, l'amour triomphe, et des personnages qui ont connu de si grandes douleurs finissent enfin par être apaisés.
Je dois également noter que le décor anglais et ses grandes étendues contribuent pour beaucoup au récit. J'adore ce cadre de landes, de vieux manoirs et de petits villages. Le drame semble tellement plus intense au milieu de cette solitude.
Pour une fois, je vais être péremptoire : à lire ABSOLUMENT.

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